‹ Le Christianisme expliqué, ou, le véritable esprit de ce culte méconnu jusqu'a ce jourChapitre 11 sur 13 · LE CHRISTIANISME EXPLIQUA · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME EXPLIQUA

tout, sur des cerfs comme sur des hommes, et que, de ce premier degré, elle peut bien s'élever jusqu'à, cette colère despotique dont il parle , et dont, quoi qu'il en dise , on n'a eu que trop d'exemples dans les états chrétiens. Que si Montesquieu remarquait que tous ne les ont pa3 donnés, ces exceptions prouveraient çoiàï*e iui^ puisque la religion doit avoir une iuflu^ace uniforme ; et il faudrait alors attribuer ces différences à des cirof^stances qui lui sontétrapgères, circonstances qui font que la France, par exemple, ne ressemble point, sous le rapport en question , k Fltalie où les epcçès des papes ont surpassé ceux des empereurs romains, ni à l'Espagne et au Por«^ tugal où on les fait revivre de nos jours. Les rois.sont, à peu.de chose près, ce que les nar tions les font. On conçoit qu'il serait impossible dans le moment actuel, qu'il s'élevât un tyran aux États-Unis ou dans les cantons libres de la Suisse, et voilà pourquoi, depuis un certain tempa, les rois de France n'ont point eu de colère des'^ potique ; mais c'est aussi parce que la France n'a point été tout ce qu'elle pouvait être, qu'aucun d'eux n'a été animé d'un véritable esprit évaur gélique. Celui qui est le plus renommé poujr sa bonté , et dont le nom est dans toutes les bouches, s'est livré plus d'une fois à des actes de sévérité que peut approuver une politique vul-

gaire , mais qu une politique plus élevée , d'accord avec la morale de l'Évangile , aurait rejetée , car tout devrait être fécond dans la main des rois, lors même qu'ils sont obligés de punir. Quand Edmond Burke , il y aura bientôt quarante ans, présenta aux Français la série de ces actes, dans l'intention, à ce qu'il parait, de donner des conseils indirects au malheureux Louis XVI, plus chrétien que Henri IV, parce qu'il était plus humain, on fut dans un grand étOdneraent; des réclamations s'élevèrent de toute part; mais il fallut céder à l'évidence.

Montesquieu continue ainsi : « C'est la religion «chrétienne qui, malgré la grandeur de l'era* « pire et le vice du climat, a empêché le despo- « tisme de s'établir en Ethiopie , et a porté au « milieu de l'Afrique les mœurs de l'Europe et « ses lois. »

C'est bien fâcheux pour Montesquieu qu'il ait été obligé d'aller prendre ses autorités si loin. J'ajouterai que l'exemple ne pouvait être plus mal choisi. Il ignorait sans doute qu'il y a plus de trois siècles que les Éthiopiens ont abandonné le christianisme pour le culte de Mahomet, et ce n'est point de l'époque de ce changement que date leur servitude. Quoiqu'ils fussent soumis aux lois du christianisme , ils n'eu recevaient pas moins celles d'un tyran , maître absolu de leurs vies et de leurs biens.

MMiM

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