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sèment le contraire si le christianisme était réellement ce qu'il se montre à nos yeux. Non seulement Moïse, ainsi qu'il l'a été déjà remarqué, a borné le nombre des victimes, mais il a, en outre, établi une foule de règlements en faveur des animaux; il ne veut poilit que l'on attelle le fort avec le faible, que l'on emmuselle le bœuf qui foule le grain ; il exprime enfin ces maximes qui tienneut à des idées d'un ordre supérieur : « Tu ne tueras point le petit sous ce les yeux de sa mèi^é ; tu n'enlèveras point à la / « mère le petit qu'elle allaite ; tu ne tueras point « Taniinal qui s*est réfugié dans ta maison ; si tu ce trouves un uid d'oiseau, tù ne prendras point ce la mère avec les petits, tu laisseras échapper c( la mère » (i) : maximes ou lois qui toutes doi-
(i) Ce que Moïse ajoute sur i*aiiiour du prochain équivaut, quoique exprimé en d'autres termes, à ce que dit Jésus sur le même sujet :
« Si tu rencontres le bœuf de ton ennemi, ou son âne « égaré , tu ne manqueras pas de le lui ramener.
« Si tu vois râne de celui qui te hait abattu sous sa « charge, tu t'arrêteras pour le secourir, et tu ne manqueras « pas de l'aider. » Exode, ch. xxiii, v. 4 et 5.
Remarquons en passant que, par cette ordonnance, Moïse inspirant de la pitié pour ranfmal en même temps que de la charité pour l'homme, c'était rendre celle-ci plirs
assurée.
ÀO LR CHRISTIA.M1SME EXPLIQUÉ.
veut exercer une grande influence sur le moral (les hommes, et que Jésus, qui ne l'ignorait pas, aurait toutes maintenues, on n'en peut \ douter, si ces observances partielles n'avaient ^
Nous sommes accoutumés à considérer les Juifs comme ';
extrêmement cruels, et ce n'est point sans raison : leur i haine pour tout ce qai n'avait point leur croyance , et les \' guerres d'extermination qui en étaient la suite, guerres qui '-} ont souvent servi de modèle à celles des chrétiens, en étaient-''. une des causes. 11 faut y joindre les sacrifices, qui leur étaient | À la vérité communs avec les autres peuples , mais qui n'a- ' vaient point chez eux les mêmes correctifs. Ainsi donc ces flots de sang qui inondaient le temple, cette graisse enflammée dont l'odeur, matin et soir, en remplissait l'espace, odeur qui , pour le dire en passant, a été la première cause des repas meurtriers de l'homme, à qui la viande crue inspire partout de l'horreur, ce cadavre livide que l'Israélite emportait chez lui, où il le dép<*çait pour l'usage de sa famille, achevaient d^éteindre dans ces hommes, dont une règle in* variable bornait d'ailleurs les mouvements, tout sentiment de pitié. Mais les Juifs modernes, qui ne font point la guerre et n^offrcDt plus de sacrifices, pourquoi, dira-t-on, ont-ils également ce caractère de cruauté qui se décèle par les mêmes actes, lorsqu'il n'est point contenu, témoin de nos jours '* cette retraite de Russie^ où tant de mains viles se sont
baignées à plaisir dans un sang généreux? Je conviendrai du fait, et j 'en dirai en partie la raison : c'est parce qu'ils sont encore sacrificateurs, quoique sans sacrifices. C'est, en un mot, parce qu'ils tuent eux-mêmes les animaux dont ils se nourrissent. J'ai toujours regardé comme un très - grand
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point été comprises dans la grande observance. C'était eltè en effet qui devait être le fondement de ses instructions, quoiqu'il ne l'ait donnée que la dernière. Sans elle il eût énoncé en vain
. ..bonheur que les femmes exerçassent en Europe, dans Tinv' térieur des maisons, ces terribles fonctions; si elles ravaient ;- «té par les hommes , la terre serait depuis long- temps inha- : bîuble.
Ce qui a donné l'idée de l'opposition que l'on a cru re- V' marquer entre le judaïsme et la religion chrétienne se trouve dans ces paroles de Jésus : « Vous savez qu'il vous a été dit « œti pour œil, dent pour dent ; et moi je vous dis, Ne résistez « point à celui qui vous fait du mal , etc. m (On pourrait en citer de plus concluantes encore, telles que celles-ci : a Vous « avez appris qu'il a été dit , vous aimerez votre prochain et « vous haïrez votre ennemi, etc. » Mais ces expressions sont mal-à-propos attribuées à Moïse, puisqu'elles ne se trouvent point dans l'ancien Testament.) Mais comment n'a-t-on point vu que dans le verset où Moïse dit, « onl pour œil, dent pour denty » il n'est question que d'une lai pénale , et point du tout d'une maxime relative à la vie commune? On observera sans doute que Jésus ne pouvait ignorer quelque chose d'aussi clair; je le pense aussi. Que faut-il donc en conclure? Onqe peut en conclure autre chose, si ce n'est que le christianisme s'oppose à la peine de mort, à la flétrissure, à la torture, à la mutilation, et à tous les supplices du même genre, qui, d'ailleurs, par cela seul qu'ils outragent l'humanité, produisent des effets contraires à leur but. Si cette remarque pouvait être prise en considération , combien je me réjouirais de l'avoir présentée, même incideulellemont, à la méditation des chrétiens.
^'2 LE CHRISTIA.JNISMI£ EXPL1RQ£.
la grande maxîrae d'aimer le prochain comme soi-même^ et on aurait pu lui faire la juste application de son propre apologue du blé qui , tom^ bant sur les pierres, y prend naissance, mais ne peut y venir à bien. Or je deras^nde si les chrétiens, tels que nous les connaissons, ont la moindre idée de ces pratiques, que la simple humanité inspire, et que la religion doit fortifier, puisque son but est de soutenir ou plutôt d'accroître ses forces. Non , il n'est rien à cet égard qu'ils respectent, çt, par une exception honteuse, ils sont les seuls entre tous lés hommes devant qui aucun être animé n'ait trouvé grâce! Us. ont fait main basse, sans pitié, sur toute la nature. Les mahométans ont la colombe en vénération, en mémoire de celle qui becquetait à l'oreille de Mahomet; la colombe et l'agneau semblent être les dettx figures de la religion chrétienne; la troisième personne de" Dieu a même revêtu les formes du premier de ces animaux; la seconde personne a été comparée mille fois à l'agneau , à l'agneau ' qu'elle a soustrait à la inort : eh bien , ce sont précisément les animaux dont les chrétiens, à l'exception de ceux du rit grec, convoitent avec le plus d'ardeur la chair et le sang (i). Le christianisme , direz-vous
(i) Par lin hasard singulier, ros symboles viv.nnts du
-MÉMHtfaiMMMWM
LU CHRISTIAJfISMfi EXPLIQUE. ^3
encore, n'est point dans les choses extérieures; mais alors il n'est nulle part. Jugez l'arbre par ses fruits.
On parle sans cesse de la hauteur du christia-
christianisme semblent se réunir exprès autotir des lieux où se rassemblent les faux chrétiens, comme pour leur reprocher leur crime. J'ai vu fréquemment des volées de pigeons roucouler où s'ébattre sur le faîte des églises y. tandis qu'un agneau seul, ou conduit par un enfant doux comme lui, broutait les herbes battues des vents qui croissaient autour dé leurs murailles : c'était bien là l'image du christianisme; mais si je pénétrais dans l'intérieur de la basilique , c'était tout différent. Les figures sinistres de ceux qui chantaient, avec d'horribles contorsions, les louanges de Jésus, me représentaient ses bourreaux; et, en effet, ils en font l'office; c'est par eux que Jésus est détruit.
Ce caractère se montrait autrefois d'une manière encore plus prononcée. 1/ennemi de la colombe , le faucon ne quit* tait jamais ces chrétiens; il semblail' -être leur aa^ qui se manifestait au dehors. Les prédicateurs même le plaçaient sur leurs chaires , et il paraît qirtls «n reçurent souvent des inspirations utiles à cet animal .sanguinaire. Liil âirétiens aujourd'hui ne portent plus le faucon sur le poing, mais il vit dans leur cœur, où il condiitie à dévorer la colombe de FÉvangile. , ,..
J'ai rappelé dans le texte que la troisième personne de Dieu avait paru sur la terre sous les formes de la colombe. On sait que le démon s'y est montré sous celles du serpent. Voilà les caractères de Dieu et de son adversaire parfaitement tracés. La colombe vit de grain , le serpent vit de proie : il faut choisir.
24 i^K chaistia'nism£ explique.
iiisme. Toute hauteur suppose une base, et c'est faute de cette base que les hauteurs du christianisme n'ont pu être atteintes.
Le christianisme n'est point une apparition brusque; on reconnaît qu'il a étéia suite d*événements avec lesquels il était lié. Il a été annoncé par les prophètes : voyons avec quelles couleurs. Commençons par Iç portrait du Messie ; il ne doit vivre dans son enfance que de lait et de miel. Ainsi Jupiter, au même âge, fut nourri par les abeilles du mont Ida et par le lait de la chèvre Amalthée. Il serait en effet insensé d'admettre un caractère de destruction dans le dieu de la nature^ à l'exception de ce qui est nuisible,
(Les chrétiens croient à Dieu et à $atan; ils pensent que c'est avec un de ces deux êtres qu*ils doivent finir par demeurer éternellement > or je leur demande à eux-mêmes, vers lequel de ces deux êtres leurs actions de tous les jours doivent les conduire, et si ces coups, ce sang versé, ces membres meurtris et déchirés , ces cris de douleur qui témoignent contre le meurtrier, n'annoncent pas une oenTre diaboKque.
Beaucoup de gens qui ne comprendront jamais le christianisme ont demandé ce que c'était que ce règne de Dieu, si souvent annoncé ou invoqué par Jésus , et qui n'est point encore venu. Questionneurs aveugles! ce règne est précisément l'état de douceur dont je parle. Que ton règne vienne, disent chaque jour les chrétiens; il dépend d'eux que ce spMhait s'accomplisse.)
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et qui par conséquent s'est éloigné de ses volontés. J'ai déjà retracé d'après Ésaïe la p^^inture de 1^' lai terre au moment où le Messie devait la visî- ^r-^., ter; c'est le tableau de la paix universelle. Or . j. puisque cette paix a été si souvent troublée,, puisque le christianisme lui-inéme a été déchiré par ses propre* enfants, et qu'il semble n'avoir fait qu'ajouter aux malheurs du monde, il faut en conclure qu'il a été fort mal entendu. Les Juifs en tirent une autre conclusion ; c'est que le Messie annoncé n'a point encore paru.
Continuons les preuves. L'histoire religieuse des chrétiens se divise en deux parties : la première est Adam qui perd sa postérité par sa désobéissance; la seconde est le Christ qui remet Adam dans son état primitif d'innocence. Voudrait-on que l'acte du Christ ne fût pas entièrement réparateur? c'est ce qu'on ne peut supposer : les forces de Dieu ne s'épuisent pas; s'il juge à propos de revenir sur uil ouvrage, iP^st pour le rendre plus accompli , et c'est c^ que témoigne la grandeur même du sacrifice: ce n'est pas pour peu de chose qu'un dieu est mis à mort.
Saint Jérôme , une des plus grandes lumières du christianisme, soutenait que les chrétiens ne pouvaient point manger de viande, par la raison qu'Adam n'en mangeait point avant sa désobéissance, et il fortifiait son opinion par son exem-
pie. Je vais mettre cette proposition dans la bouche même de Jésus, afin de la rendre à mes lecteurs plus claire que le jour. Je me servirai de ses propres paroles, dont je ferai seulement une autre application :
« Puis Jésus étant parti de là , il vint sur les a confins de la Judée au-delà du Jourdain, et les a troupes s'étant encore assemblées auprès de ce lui , il les enseignait comme il avait accoutumé.
«Alors des Pharisiens vinrent à lui et lui dia rent : £st-il permis de manger la chair des ania maux? Les Ësséniens, quoique Juifs, n'en mante gent pas, et soutiennent que c'est un crime ad en manger.
« Il répondit et leur dit : Qu'est-ce que Moïse « ypus a commandé?
xc Ils dirent : Moïse a défendu de manger la «chair de certains aninaaux, mais il a permis «l'usage des autres.
« Et Jésus leur répondant, leur dit : Il vous a « donné cette permission à cause de la dureté de « votre cœur.
« Car ce n^ était pas ainsi au commencement.
« Au commencement. Dieu fit un homme et une « femme ,- il les plaça daiis le paradis terrestre « pour qu'ils se nourrissent de tous les fi^uits que « les arbres portaient , à l'exception d'un seul que a Dieu se réserva. L'homme désobéit, il fut chassé