‹ Le Christianisme expliqué, ou, le véritable esprit de ce culte méconnu jusqu'a ce jourChapitre 6 sur 13 · LE CHRIST! AIÏISME EXPLIQUÉ · texte numérisé non relu

LE CHRIST! AIÏISME EXPLIQUÉ

deux types sacrés, en ne les considérant, même que comme des enveloppes de ta Divinité. Il ne pourrait exister aucune espèce de doute à cet égard , en prenant cet acte dans le sens que les protestants Tentendent. En un mot, le pain et le vin remplacent dans l'un et l'autre cas la matière du sacrifice , et représentent la seule nourriture que les chrétiens puissent se permettre. La crainte de ne pas être suffisamment compris me force à émettre mon propre sentiment, au sujet des paroles sacramentelles de Jésus. Or, lorsqu'il dit, prenez.^ mangez^ ceci est ma chair; buvez y ceci est mon sang (i), le sang de la nouvelle alliance ; c'est comme s'il eût dit : a Vous n'égcîrgerez plus l'agneau. C'«t moi qui (c suis la seule victime, la victime qui satisfait à a tout ; et comme je ne puis vous servir de nourrice ture, et cependant que vous ne pouvez vivre que a de ce qui est offert à Dieu, et queDie.u accepte, « vous mangerez ce pain à la place de mon corps, te et vous boirez ce vin'à la place de mon sang; a et toutes les fois que vous mangerez et que «vous boirez, que ce soit en mémoire de moi.

a C'est là le sceau de la nouvelle alliance que je

(i) Il faut sous-ei^ndre de toute nécessité dans ces paroles un adverbe de comparaison, puisque Jésus était encore vivant lorsqu*il les proféra.

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« viens de contracter avec vous, y* Cette commémoration est dbnc de tous les joiît's, c'est-à-dire de tous les repas (r); et ces repas, je le répète, ne peuvent être composés que de pain et de vin, ou de substances analogues (2), attendu que^ si elles étaient d'une autre nature, elles ne seraient point reçues par la Divinité et ne seraient jalôrs pour les hommes qu'une fausse nourriture, c'est-à-dire une nourriture criminelle.

Tout le cliristianisme est là; c'est là sa grande pensée, sur laquelle je ne saurais trop arrêter là méditation des lecteurs. Pour en faire mieux ressortir la vérité, prenons-la dans un sens inverse; supposons que le pain et le vin du sacrifice ne sont que pour servir d'image à cause de la ressemblance de l'un avec la chair , et de la ressemblance de l'autre avec le sang, ce qui, dépouillé

(i) Cette cérémonie était tellement considérée comme iun repas , que les premiers chrétiens la célébraient en trempant le paii? dans le vin. Il serait inutile de nier ce fait, puisqu'il existe à cet égard une défense du pape Jules I®', laquelle date du milieu du quatrième siècle.

(a) Jésus savait bien que la Judée était, du côté de TOrient, la limite de la vigne, et qu'il n'y avait ni pain ni vin en Amérique. Assurément le P. Hennepin n'entendait pas le christia^iisme, lorsqu'on le voit passer nfeuf mois dans ce dernier pays saus dire la messe, faute, dit-il, des objets du sacrifice, quoiqu'il eût sous la main des gâteaux de maïs et du vin de palmier.

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