‹ Le christianisme libéralChapitre 4 sur 11 · Nous nous proposions d'examiner encore une · texte numérisé non relu

Nous nous proposions d'examiner encore une

autre objection qu'on fait contre nos idées : à savoir, qu'elles n'offrent aucune consolation dans la maladie et la mort. Mais nous n'avons que le temps, d'exprimer Tétonnement que nous cause une pareille accusation. Quoi ! un système qui insiste avec une force toute particulière sur la clémence d'un Dieu miséricordieux, sur son amour universel et paternel, et sur la doctrine de la résurrection et de l'immortalité, un pareil système serait incapable de soutenir l'homme 1 11 ouvre des sources infimes de joie et de consolation, et il donne à celui qui l'admet et le pratique, un espoir vivant, immense, indicible. Le pouvoir qu'il a de soutenir Ttoe au moment de la mort a été souvent éprouvé ; et si nous croyions que les mourants fussent inspirés, ou que le calme et l'espérance montrés aux derniers moments fussent le sceau divin de la vérité des doctrines, nous pourrions une fois pour toutes mettre fin à la controverse relative à l'Unitarisme. Un exemple frappant de la puissance qu'a ce système de désarmer la mort, nous a été dernièrement offert par un jeune ministre d'une ville voisine, qu'ont connu beaucoup de nos lecteurs, et que ses vertus chrétiennes avaient rendu très cher à ses amis { 1 ). Il fut surpris par la maladie au milieu d'une vie utile et heureuse, et descendit lentement au tombeau. Sa religion, et c'était celle qu'on vient de défendre, avait donné à son âme un calme inaltérable, et répandu un doux sourire sur son pâle visage. Il conserva ses facultés jusqu'au dernier moment ; et lorsque la mort vint, après avoir donné de pieux con-

(1) Le Rév. John E. A))l>ot de Salem. — Le présent écrit a été premièrement publié en 1819, dans le Chistian Disciple,

seils aux pliis Jepnes membres de sa fkmille et exprimé sa reconnaissance à ses parents, il rendit le dernier soupir en prononçant les paroles de Jésus: cr Mon Père, je remets mon esprit entre les mains (!)• » Telle fut la fin d'un homme qui eut une foi inébranlable dans les grands principes que nous venons d'exposer ; et cependant, on prétend que notre doctrine n'a pas de consolations pour la maladie et la mort !

Nous venons d'essayer de répondre aux objections qu'on oppose ordinairement à nos idées religieuses; et nous l'avons fait, non pour nous créer un parti, mais pour répandre sur le Christianisme des idées qui nous semblent particulièrement propres à fortifier la foi des hommes dans cette religion, et à la rendre féconde en bonnes œuvres et en saintes vies. La vertu chrétienne, la sainteté chrétienne, l'amour de Dieu et de l'homme, ce sont là les seules choses qui nous paraissent dignes qu'on lutte pour elles; et nous les croyons intimement liées au système que nous soutenons en ce moment. Si nous nous trompons, puisse Dieu faire connaître notre erreur et stériliser nos efforts. Nous ne demandons pas d'autre succès que celui qu'il pourra approuver, d'autres prosélytes que ceux qui deviendront meilleurs, , plus purs et plus heureux par l'adoption de nos idées.

(1) Luc, xxiii, 46 (Trad.)

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