LE MOYEN AGE LA THÉOLOGIE ET L'ÉGLISE
I. Pourquoi nous nous attachons désormais à l'Eglise occidentale.
— Cristallisation de l'Eglise orientale. — Séparation des deux Eglises : ses conséquences.
II. — Saint Augustin : fin de l'antiquité et commencement du Moyen Age. — Etendue et profondeur de son influence. — Il affermit le principe de l'autorité de l'Eglise. — Nécessité de ce principe pour les simples, qui y voient la garantie de leur foi. — Réalité du mouvement et de la vie dans ce cadre réputé immobile.
III. Ce que sont les fidèles au début du S''- siècle. — Le paganisme fondamental sous l'apparence chrétienne. — Entrée des Barbares dans la foi; caractères de leur christianisme. — Servitude et puissance de l'Eglise aux vr- et vn« siècles. — Ce qu'est vraiment la religion du Haut Moyen Age. — Culte des saints et des reliques. — Survivances païennes diverses. — La dogmatique passe au second plan. — Rapport de cette religion avec les mœurs et la culture du temps.
1. Bibliographie dans G. Ficker et H.Hermelink. Das Mittelaller {2" volume du Ilandbuch der Kirchengeschichte de G. Kriiger). Tubingen, 1912.
8 LE CIiniSTIANISME MÉDIÉVAL ET MODERNE
IV. Effort de relèvement : les moines cl les grands chefs de peuples. — Charlemagne; Alfred le Grand ; les Othons. — Sens et portée de la renaissance carolingienne. — L'exception et l'anticipation marquée par Scot Erigène. — Distinction entre la religion des docteurs et celle du peuple : inconvénient présent et danger pour l'avenir. — Action de la foi des simples dans le même temps.
V. La décadence carolingienne et le désordre féodal. — Retentissement sur la religion, la vie chrétienne et l'Eglise. — La vie du clergé. — La foi et la pratique des fidèles. — Réaction de l'Eglise contre l'anarchie féodale. — Le mouvement monastique; Cluny. — Son action sur la vie ecclésiastique et sur la constitution du pouvoir du pape.
C'est désormais l'Eglise occidentale, uniquement, que nous allons considérer. L'Eglise orientale a son histoire propre, qui tient à l'esprit particulier qui l'anime, à la langue qu'elle parle, aux circonstances parmi lesquelles se développe son existence; et son influence sur la vie religieuse de l'Occident, depuis le début du Moyen Age, se réduit à assez peu de chose.
Les Orientaux, aux premiers siècles de l'ère chrétienne, possédaient le génie de la spéculation religieuse, le goût et le sens delà discussion théologique, à laquelle, d'ailleurs, se prêtait fort bien leur langue souple et nuancée. Ils furent les fondateurs et les pères de la dogmatique, qui, après tant de débats acharnés, se trouvait fixée dans ses grandes lignes au début du v® siècle. Mais ils finirent par s'enliser dans leur propre subtilité; et surtout, en condamnant Origène, ses écrits et ses méthodes (au début du v® siècle), ils se fermèrent, sans y prendre garde, la plus large voie que leur spéculation pût suivre, celle même qu'elle suivait depuis plus d'un siècle. Ils éparpillèrent leur pensée sur des détails et l'usèrent dans des querelles misérables, si bien qu'elle ne tarda pas à se rapetisser à la mesure de leurs préoccupations ordinaires. Jean Damascène, en qui semble revivre, au