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CHAPITRE VIII L'humanisme

I. Les origines de l'humanisme. — Evénements qui hâtent son épa-

nouissement : la prise de Constantinople; l'imprimerie; les découvertes maritimes. — L'expérience retrouve son autorité et la culture se laïcise.

II. Premières réactions de l'humanisme sur la religion; leurs effets divers. — Le scepticisme italien. — Laurent Valla et les paganisaots. — Renaissance de la philosophie antique. — Kabbale et théosophie. — Danger des systèmes antiques pour l'orthodoxie.

IIL Véritable portée de ce mouvement intellectuel. — Sa part d'insincérilé et d'illusions. — Son esprit moderniste. — Les humanistes chrétiens d'intention : Marsile Ficin ; Pic de la Mirandole. — Surprenante attitude de certains Papes à l'égard de l'humanisme. — L'Académie de Poraponio Leto. — Les ennemis de l'humanisme dans l'Eglise ; les moines. — La tentative de Savonarole. — Son caractère médiéval. — Pourquoi la théologie officielle demeure impuissante contre l'humanisme ; la stérilité du nominalisme occamien.

1. Burckhardt, Die Kultur der Renaissance in Italien. Leipzig, 1908 ; Geiger, Renaissance und Humanismus in Italien und Deutachland. Berlin, 1882.

IV. L'humanisme hors d'Italie. — En France ; il y reste chrétien, mais il se modernise. — En Allemagne et aux Pays-Bas. — Sa timidité première et les hardiesses qui la suivent. — Ulrich de Hûtten, Reuchlin, Erasme. — Leurs réticences et leurs hésitations. — Ils ne sont ni des libres penseurs ni des agnostiques; ils élargissent le christianisme.

V. Renaissance de l'esprit scientifique. — Transformation de la géographie et de la cosmographie; Copernic. — Attitude de la théologie. — En quoi elle voit juste; exemple de Léonard de Vinci.

Dès le milieu du xiv* siècle, les marques d'un changement grave dans les esprits devenaient visibles en Italie : on s'éloignait de l'abstraction, de la spéculation en l'air; on revenait à la nature et au rationalisme antique. C'est là le début de ce qu'on nomme la Renaissance, ou du moins, de sa manifestation proprement intellectuelle, l'humanisme, Vinstitutio in bonus artes, l'application aux études qui, selon l'opinion des Anciens, font véritablement l'homme.

Trois événements, dans la seconde moitié du xv* siècle, précipitèrent le mouvement et retendirent à toute l'Europe occidentale : Constantinople fut prise par les Turcs; ses érudits et ses manuscrits émigrèrent en Italie et ils y firent aux hommes instruits, bien préparés à les recevoir, une culture et une âme antiques. En second lieu l'invention de l'imprimerie permit de répandre partout les livres et les idées, si bien qu'en tous lieux des savants naquirent comme par enchantement, qui, soulevés d'une sorte d'enthousiasme sacré, s'appliquèrent avec une ardeur jamais attiédie à l'exploration du monde qui se rouvrait devant eux. Enfin les découvertes maritimes, en élargissant brusquement Thorizon des hommes et en modifiant leur représentation de la terre, les inclinèrent à juger bien étroites les conceptions religieuses du Moyen Age, adaptées à un monde tout petit.

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