‹ Le Christianisme, médiéval et moderneChapitre 25 sur 45 · Ilist. du dogme de la divinité de Jésus-Christ, p · texte numérisé non relu

Ilist. du dogme de la divinité de Jésus-Christ, p

2. Esquisse d'une philosophie de la religion d'après la psychologie et l'histoire. Paris, 1897, p. 218.

d'ailleurs, précaire, puisque c^emain le dépassera. Et c'est pourquoi il disait encore : « Non seulement le christianisme n'a jamais été mieux compris que de nos jours, mais jamais la civilisation ou l'âme de Vhumanité, prises dans leur ensemble n'ont été plus foncièrement chrétiennes. » Sans doute, mais à la condition que l'on consente à identifier les vues de la théologie libérale avec Vessence du christianisme de l'histoire et c'est là une confusion scientifiquement impossible, ainsi que Loisy l'a victorieusement établi dans son livre, célèbre L'Evangile et l'Eglise, contre Harnack et son Essence du christianisme.

Ce n'est donc pas au christianisme apostolique que nous ramène l'évolution des Eglises réformées sur le terrain de la doctrine et de l'esprit; c'est à une religion personnelle, qui s'inspire des nécessités intellectuelles et morales d'aujourd'hui et qui organise ses interprétations des vieux textes, de tous les faits du passé chrétien, en fonction de ces tendances, désormais libérées de la contrainte de l'autorité. Rien n'est plus difficile, souvent, que de déterminer au juste ce que croit un protestant, et la même communauté peut enclore toutes les nuances, depuis une foi très voisine de celle d'un catholique intelligent, jusqu'au laxisme, qui ne se distingue guère de l'agnosticisme que par de bien faibles nuances. Le plus ordinairement, le protestant que ne rétrécit pas les fâcheux préjugés d'une culture médiocre ne voit plus dans le Christ que le Maître, divinement inspiré, de la morale parfaite et de la religion de l'Esprit; l'Homme de qui procède légitimement, vers un idéal providentiel, une humanité meilleure que la païenne et qui se perfectionne elle-même d'un constant elïort, dans les voies que le Seigneur a ouvertes. Maintenant comment définir au juste la source de l'inspiration de ce Maître incomparable? Qu'est-ce que Dieu et dans quel rapport convient-il de le placer avec le lahwé de la Bible? Quelle idée faut-il se faire de sa personnalité? Est-il seulement très sûr qu'il en ait une? Autant de questions, entre beaucoup

Page 1