VIII INTRODUCTION
intérieures ; on pourrait lui donner pour devise ce mot hardi, dont on a voulu lui faire un crime : ail y a plus de plaisir à courir le lièvre qu^à le prendre ».
Ce n'est pas le mattre que révent les natures paresseuses^ les hommes d'autorité^ ceux qui veulent se reposer dans un dogme tout fait : mais il sera recherché par tous ceux qui sont jaloux d'apprendre à penser /S'il est vrai que « la pente de notre génie national a toujours été de préférer à la marche pesante des démonstrations rigoureuses^ l'allure vive et légère de la satire qui instruit en amusant » ; personne n'a mérité plus que lui d'être un 4çs nôtres. Il excite la curiosité^ il révèle les difficultés des questions et les côtés faibles des théories ofBcielles; il nous délivre de tout ce bagage de notions, de conventions et de préjugés'^ qui embarrassent et alourdissent un jeune esprit et l'empêchent de poursuivre la vérité; en un mot^ il vous émancipe ; et quand on sort de son école^ on laisse là béquilles et lisières; on se tient debout sur ses pieds, on sait marcher.
En littérature, comme en théologie, il a nettoyé les écuries d'Âugias; il a ouvert des voies nouvelles, inspiré des travaux originaux, réveillé l'enthousiasme et il est le père (le la critique moderne. Macaulay l'appelle le premier critique européen sans contestations; Goethe lui a rendu le titre d'homme de génie que dans sa modestie il avait repoussé ; et Schiller a inscrit dans ses Xénies la plus brillante épitaphe, qu'oa devrait graver sur son tombeau :
Vivant, on t'honorait comme un des dieux ; Jlort| ton esprit règne sur tous les esprits! »
LE
MODERNE