‹ Le christianisme primitifChapitre 15 sur 77 · L EPITRE AUX GALATE · texte numérisé non relu

L EPITRE AUX GALATE

« aux églises de Galatie, grâce et paix à vous, de la « part de Dieu le Père et de Notre Seigneur Jésus-Christ « qui s'est livré lui-même pour nos péchés, afin de

30 ; 12, 25]. D'Antioche il entreprend alors sa première mission [en Galatie du sud : — Actes, 13-14 : durant 46-47] ; quand il y revient, il entre en conflit avec saint Pierre que les judaisants ont entraîné; les missionnaires judaisants îjjilancent sur les églises de Paul. C'est pour leur répondre que Paul, d'Antioche, vers 48-4'J, lance son épitre aux Galates, puis se dirige vers Jérusalem où il confère avec les Douze au sujet des observances légales ; il obtient définitivement gain de cause [Actes, 15]. On fait valoir que. si l'épître a\ait été écrite après le concile apostolique de Jérusalem, Paul aurait parlé de ce concile dans son épitre, il aurait dit que sa théorie de la justification par la foi seule avait obtenu l'approbation des douze apôtres réunis tout exprès pour étudier le problème lor. il ne parle que de Pierre, Jacques et Jean). On ajoute que les ressemblances que l'on constate entre lépltrc et le discours de Paul à Anlioche de Pisidie se comprennent bien si quelques semaines seulement se sont écoulées entre le discours et la' lettre. On note enfin que le zT/ioi; de Gai., 1, 6, s'explique très bien dans Ihypothèse. Et l'on demande aux adversaires de celle-ci comment ils rendent compte du silence que garde Paul dans l'épître aux Galates touchant la collecte : dans la première aux Corinthiens. 16, 1, il déclare qu'il a demandé aux églises de Galatie d'y prendre part ; le silence de Gai. à cet égard ne prouve-t-il pas que Gai. est antérieur à 1 Cor.?

Les deux théories de la Galatie méridionale et de l'ante'riorité de Gai. par rapport au concile de Jérusalem sont extrêmement séduisantes, chacune prise à part ; et elles s'appuient mutuellement; elles ne heurtent, enfin, aucun fait acquis. On hésite encore à les accepter parce que les deux voyages de Gai., 2, 1-10, et d'Actes, 15, se ressemblent fort: et parce que l'épître aux Galates et lépître aux Romains ont de singuliers traits de ressemblance, et donc, datent sans doute du même temps : Gai. semble bien être une première esquisse de Rom. [voir Prat., I, 222, note 1]. Voir aussi les point de contact de Gai. avec II Cor. Rien de tout cela n'est décisif : mais il se pourrait que la théorie Ramsay-Weber-Douglass-Round fût la vraie.

[Pour Jacquier, I, 190, Gai. a été écrit entre I et II Cor., à Éphèse, vers 37-58; pour Cornély, Hausrath, Pfleiderer, peu

(( nous relirer delà corruption du siècle présent, selon (( la volonté de notre Dieu et Père auquel soit la gloire « dans tous les siècles des siècles î Amen.

i( Je métonne que, si vite, abandonnant celui qui « vous a appelés en la grâce du Christ, vous passiez « à un autre Évangile : non certes qu'il y en ait un « autre, mais il y a des gens qui vous troublent et qui « veulent pervertir lÉvangile du Christ. Si ja^iais « quelqu'un, fût-ce moi-même, fût-ce un ange du ciel, « vous évangélisait autrement que nous l'avons fait, «^ qu'il soit anathèmc ! Je vous 1 ai déjà dit, je vous le « dis encore une fois. Si quelqu'un vous annonce un « Évangile diflérent de celui que vous avez reçu, qu'il « soit anathème ! Or, je vous déclare, frères, que « l'Evangile que je vous ai prêché n'a rien de l'homme. « Je ne l'ai reçu ni appris d'aucun homme, mais par (( la révélation de Jésus-Christ. Vous savez de quelle « manière j'ai vécu dans le Judaïsme, comment j'ai (( persécuté à outrance l'Église de Dieu ; je la ravageais, « surpassant ceux de mon âge et de ma nation dans « mon zèle pour les traditions de nos pères. Mais, « quand il plut à Celui qui ma choisi dès le sein de

après le concile apostolique: pour Holtzmann, Reuss, au cours du troisième voyage : à Corinthe, après le séjour de trois ans à Ephèse. pour Lightfoot]. [Jacquier, L 186.]

Voir Gornély : Comm. in ep. ad Gai.. Paris, 1892: Belser : Die Selbslverlheldigung desheil. Paulus im Galaterbrief., 1896, Freiburg: Lightfoot : Ep. to the Galal., 1865, London; Sieffcrt : Der Brie fan die Galater. 1899, Gôttingen : Ramsay, Weber. Round : Steinmann : Die Abfassungszeit des Galaterbriefes. 1906, Munster;

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« ma mère et qui m'a appelé par sa grâce, de me révéler « son Fils afin que je lannonçasse parmi les Gentils, « sur-le-champ, sans prendre conseil de la chair et c( du sang, sans monter à Jérusalem vers ceux qui « étaient apôtres avant moi, je m'en suis allé en c( Arabie, puis je retournai à Damas. Trois ans plus c( tard, je montai à Jérusalem pour visiter Céphas, et « je restai quinze jours auprès de lui ; mais je ne vis « aucun autre des Apôtres, sinon Jacques, le frère du (c Seigneur. En tout ce que je vous écris ici, je le jure « devant Dieu, je ne mens point. J'allai ensuite dans (( les pays de Syrie et de Cilicie. Quatorze ans après, « je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabe et <■( je pris aussi Tite avec moi. Jy montai sur une revécu lation et je leur communiquai lEvangile que je « prêche parmi les Gentils ; je l'exposai en particulier « à ceux qui paraissaient les plus considérables, de « peur que mes courses n'aient été ou ne fussent vaines. « Or, on nobligea même pas Tite, que j'avais mené « avec moi et qui était Grec, à se faire circoncire. Nous « neùmes aucun égard pour les faux frères qui s'étaient « glissés furtivement parmi nous, s'msinuant afin ce d'épier la liberté que nous avons dans le Christ Jésus « et de nous réduire en servitude ; nous ne leur avons « rien cédé, môme pour un moment, afin que la vérité « de l'Évangile demeurât parmi vous. Quant à ceux « qui paraissaient les plus considérables Tpeu mim- (c porte ce qu'ils ont été autrefois, Dieu n'a pas é.srard « à la qualité des personnes}, ceux, dis-je, qui parais-

« saient les plus considérables ne m'ont rien appris (( de nouveau.

« Au contraire, ayant reconnu que Tl^vangile de « rincirconcision m'a été confié, comme à Pierre celui « de la circoncision, (car celui qui a opéré en Pierre « pour laposlolat de la circoncision a opéré en moi « aussi pour lapostolat des Gentils), ayant reconnu la a grâce qui m'a été donnée, Jacques, Céphas et Jean, (f qui semblaient les colonnes de lEglise, nous douce nèrent la main, à Barnabe et à moi, en marque « d'union : ils accordèrent que nous prêcherions les « Gentils, eux la circoncision ; ils nous recommen- « dèrent seulement de nous souvenir des pauvres (de « Jérusalem), ce que j'ai eu un grand soin de faire.

« Ensuite, Céphas étant venu à Anlioche, je lui « résistai en face, parce qu'il était répréhensible. En « effet, avant que quelques-uns vinssent d'auprès de (( Jacques, il mangeait avec les Gentils ; mais, après (c leur arrivée, il se retira et se sépara deux par crainte « des circoncis. Les autres Juifs usèrent comme lui de (( cette dissimulation, de sorte que Barnabe lui-même (( s'y laissa entraîner. Pour moi, voyant qu'ils ne mar- « chaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis « à Céphas devant tout le monde : Si toi qui es Juif, tu (c vis comme les païens et non pas comme les Juifs, « comment peux-tu forcer les Gentils à judaïser ?Xous « autres, nous sommes juifs par nature, et non du (( nombre des Gentils qui sont des pécheurs; et cepen- « dant, sachant que l'homme est justifié, non par les

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« œuvres de la Loi, mais par la foi en Jésus-Christ, « nous avons nous-même cru au Christ Jésus, afin d'être (( justifiés par la foi que nous aurions en lui et non par a les œuvres de la Loi ; parce que nul homme ne sera

(( justifié par les a^uvres de la Loi Quant à moi, c"est

(( parla Loi même que je suis mort à la Loi, afin de ne « vivre que pour Dieu. Je suis crucifié avec le Christ; « je ne vis plus, c'est le Christ qui vit en moi; et, ce (( que j'ai de vie maintenant dans la chair, je le vis « dans la foi, la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est « livré pour moi. Je ne veux point réduire à néant la « gTàcc de Diou : or, si la justice s'acquiert par la Loi, « le Christ est mort pour rien. Galates insensés, qui « donc vous a fascinés pour vous rendre ainsi rebelles {( à la vérité, vous à qui j'ai fait voir Jésus-Christ si (( vivement, qui l'ai dépeint devant vous et comme « crucifié à vos yeux ? ... Dans le Christ Jésus, lacir- « concision n'est rien ni lincirconcision, mais l être « nouveau que Dieu crée en nous. »

La lettre aux Galates était un coup d'éclat; jamais Paul n'avait d'une façon aussi absolue rejeté le Mosaïsme ; plus de sabbat ni de circoncision, plus de fêtes ni d'observances juives; la liberté pour tous dans le Christ. C'en est fait de la Loi et de son rôle de pédagogue : l'enfance est passée, le pédagogue reçoit congé. Pour paraître juste aux yeux de Dieu, nul besoin des œuvres légales ; chacun doit croire en Jésus, s'unir à lui, le ressusciter en soi ; le chrétien doit être, il est un autre Christ ; il n'y a plus de Loi pour lui ; il est libre en III. 3

Dieu. Voilà la maîtresse pensée qui illumine chaque jour davantage l'Apôtre et engendre peu à peu sa doctrine; et chaque tentative des judaïsants pour emmaillotter l'Évangile dans les langes de la Loi, ligotter le croyant dans les observances juives, le lance plus résolu et plus alerte dans la voie de la liberté et de l'amour. Confondre ces âmes obscures qui méconnaissaient le don de Dieu lui est facile, partout où il peut saisir leur œuvre injurieuse ; mais que de chrétientés où il ignore leurs intrigues ! A ce péril, Paul ne voit qu'un remède : exposer sa doctrine dans un écrit qui passera d'église en église, et appuiera sur 1 Écriture elle-même les idées que les judaïsants combattent et qu'il défend. Paul travaille à cet écrit dans la demeure amie de Gaïus ; et, désireux de donner à son témoignage plus de prestige et de portée, inquiet peut-être des intrigues judaïsantes à Rome, il adresse cette épitre solennelle à l'église romaine.

« Paul, esclave de Jésus-Christ, appelé à l'apostolat <( de lÉvangile de Dieu promis par les Prophètes dans « les Écritures, Évangile relatif à son Fils, né de la race (( de David selon la chair et démontré Fils de Dieu, « selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre « les morts, Jésus le Messie Notre Seigneur — c'est de (( lui que nous avons reçu la grâce et l'apostolat pour « soumettre à la foi tous les peuples en son nom î — Paul, « appelé à l'apostolat de l'Évangile du Fils de Dieu (( Jésus-Christ, à tous ceux qui sont à Rome, les aimés « de Dieu, les appelés, les saints; grâce et paix de la

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