‹ Le christianisme primitifChapitre 17 sur 77 · LA LOI · texte numérisé non relu

LA LOI

loppe sa doctrine en visant tour à tour les Gentils elles Juifs. Mais s il s'occupe de ceux-là, parce qu'il veut donner à son exposé une valeur générale et n'en pas faire un simple écrit polémique, parce qu'il veut dépasser, en un mot, le point de vue de lÉpitre aux Galates, il est clair que toute sa pensée est orientée et comme tendue vers le Mosaïsme et contre lui. Il a tôt fait de prouver lav.euglement des Païens par la (( sottise )) de leur croyance aux idoles, et l'infamie de leurs ignobles débauches (1, 18-32.). 11 se retourne contre les Juifs et s'attarde à leur montrer qu'ils ne sont pas plus assurés du salut que ces Gentils qu'ils dédaignent; ils oublient que Dieu ne fait pas acception de personnes, que Dieu juge les hommes, quels qu ils soient, seulement par le bien qu'ils font. Pour être juste devant Dieu, il ne suffit pas de savoir ses volontés, il faut les observer (2, 9-13); or, « loi qui portes le « norh de Juif et qui te reposes sur la Loi..., toi qui « prêches qu il ne faut pas dérober, tu dérobes ; toi (' qui dis qu'il ne faut pas commettre d'adultère, tu ce commets l'adultère; tui qui te glorities dans la Loi, (( tu déshonores Dieu par la violation de la Loi ; et tu (( es cause, comme dit l'Écriture, que le nom de Dieu (( est blasphémé parmi les nations. » (2, 17-24. y

Bien plus, à leurs iniquités, les Juifs joignent la présomption et la complaisance en eux-mêmes : ils croient qu'il dépend d'eux de se rendre justes et ils se flattent de l'être par le seul fait de l'accomplissement extérieur des prescriptions légales. La circoncision

est cliose vaine pour qui viole la Loi ; qui l'observe acquiert par cela seul la circoncision (2, 25j ; qui l'observe jugera et condamnera le Juif circoncis, bien qu'il soit lui-même un païen (27). Le vrai Juif n'est pas celui qui paraît tel, celui qui a été circoncis dans sa chair; le vrai Juif l'est au fond de lame, il a été circoncis dans l'àme, selon l'esprit et non selon la lettre ; les éloges qu'il reçoit ne viennent pas des hommes, mais de Dieu (2, 25-29). C'est que, comme dit l'Écriture, nul homme n'est juste (3, 9), pas plus le Juif circoncis que le païen incirconcis. Les Juifs avaient un avantage sur les autres : les oracles de Dieu leur avaient été confiés (3, 2-9). Mais cet avantage ne fait pas qu'ils soient au-dessus des Grecs : nous avons convaincu les Juifs d être tous sous le péché, aussi bien que les Grecs. Tous les hommes, Juifs compris, sont également pécheurs. Il n'est pas de juste, il n'en est pas un qui comprenne, pas un qui cherche Dieu ; ils ont tous dévié du droit chemin ; il n'en est point qui fasse le bien ; il n'y en a pas même un seul. Leur gosier est un sépulcre ouvert ; leurs langues ont tendu des embûches ; le venin des aspics est sur leurs lèvres ; leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; leurs pieds sont rapides dès qu'il s'agit de répandre le sang; la ruine et le malheur sont dans leurs voies et le chemin de la paix ne leur est pas connu. La crainte de Dieu n'est pas présente à leurs yeux. (3, 9-18.) Tous leurs crimes ont été commis en violation de la Loi. Aussi, comme « nulle

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