LA FOI
« chair n'est justifiée par les œuvres de cette Loi et « que cette Loi donne seulement la connaissance « du péché », les Juifs ne peuvent sen prévaloir en rien : ils se trouvent dans une situation aussi misérable que les païens (3, 19-2Ûj. Le privilège juif est donc aboli.
La Loi est rejetée. C'est la foi qui nous assure le bienfait d'être jugés justes ("3, 21), c'est-à-dire qu'elle nous procure cette justice de Dieu dont nous parlaient, sans nous la donner, la Loi et les Prophètes ; est jugé juste par Dieu, quiconque croit en Jésus-Christ. Il n'y a pas de distinction à établir entre les hommes : tous ont péché, tous ont besoin de la grâce de Dieu, tous sont justifiés gratuitement par sa grâce en vertu de la rédemption qui est dans le Christ Jésus. Dieu a fait de Jésus la victime expiatoire de ceux qui croient en la vertu de son sang. Dieu apaise sa justice en effaçant parle sacrifice du Messie les péchés commis autrefois par les hommes. 11 veut à la fois montrer aujourd'hui et qu'il sait satisfaire sa justice et qu'il sait justifier et sauver ceux qui ont foi en Jésus ^ (3, 21-27).
* Et voilà comment, selon saint Paul, la Foi accomplit ce que la Loi ne pouvait faire : voilà comment, après avoir ruiné la Loi. il e.xalte la Foi. Mais ici. avant de poursuivre plus avant et de préciser davantage sa pensée, emporté par son désir de confondre ses ennemis, il se retourne brutalement contre les Juifs (27-30i : « T'enorgueillir et t'élever au-dessus des Païens, comment le peux-tu ? La Loi qui sauve, c'est la Loi de la Foi. Dieu n'est pas seulement le Dieu des Juifs, c'est aussi le Dieu des Gentils : car il n'y a qu'un seul Dieu qui justifie les circoncis pai la Foi, et îes incirconcis par la Foi encore, par la Foi toujours. »
El cette doctrine de la Foi ne renverse pas la Loi : c'est de celle-ci que celle-là procède. Car c'est dans la Loi que nous lisons : Abraliam crut en Dieu et ce lui fut réputé à justice... Ayant espéré contre l'espérance, il crut qu'il deviendrait le père de beaucoup de nations. Sa foi ne faiblit point et il ne considéra point qu'ayant alors plus de cent ans, son corps était comme mort et que la force de concevoir était éteinte dans celui de Sarah. Il n'hésita point, il ne se défia point de la promesse de Dieu; mais il tira sa force de sa foi, rendant gloire à Dieu, pleinement assuré que Dieu avait le pouvoir de faire ce qu'il avait promis. C'est pour tout cela que sa foi lui fut réputée à justice. Mais ce n'est pas lui seul que vise l'Kcriture : notre foi nous sera imputée de même, à nous aussi, si nous croyons en Celui f{iii a ressuscité des morts, Jésus Notre Seigneur, lequel a été livré pour nos péchés et qui a été ressuscité pour notre justification (3, 31, et 4, l-2o). Et celte justification par la P'oi nest pas le privilège des circoncis; elle est proposée également aux incirconcis. La preuve en est que la foi a été imputée à justice à Abraham avant qiiil eût reçu la circoncision ., de sorte que la rirconcision est, au vrai, comme le sceau de la justice par la Foi. La preuve en est encore que la promesse de Dieu à Abraham est chronologiquement antérieure à la promulgation de la Loi, de sorte que les enfants d'Abraham peuvent tous s'appuyer fermement sur la promesse, ceu.\ qui se rattachent à lui par la Foi, comme ceux qui sont liés par laj .gj^Abraham est notre père à