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LA HIERARCHIE PRIMITIVE

(( ment », le mystère damoiir se consomme et produit l'unité. Nulle personmalité de l'tlglise, nulle vie distincte, nulle action, nulle parole autre que Jésus revivant en clic et par elle K

* Fouard, II, 95 sq. Le terme i7./).r,a(a désignait à Athènes rassemblée du peuple : dans les Septante il traduit l'hébreu qahal et s'applique au peuple choisi par lahvé en tant que sa chose. Pour Paul, il désigne d'abord une communauté locale chrétienne [I Thess., 1, 1-2: voir II Thess. et Gai., I et II Cor.] ; bientôt il signifie l'assemblée universelle des croyants [Rom. ; Eph.]. — Comme il y a deu.x sens du mot Eglise, il y aura deu.x; sortes de fonctions ecclésiastiques. Les unes sont de nature proprement spirituelle, celles des apôtres, des prophètes et des didascales fvoir tome II, p. 221-222 n.]; elles n'ont aucun caractère local; elles sont essentiellement des dons du Christ ou de l'Esprit. Les autres ont un caractère local, une valeur administrative, celles des diacres et des presbytres (ou épiscopes).

Le mot diacre est le plus souvent pris par Paul dans un sens extrêmement général [= ministre, I Thess., 3,2; Colos., 1.7, etc.]; il est employé parfois dans un sens technique [Phil., 1.1:1 Tim., 3, S-13] et désigne sans doute le titulaire d'un emploi inférieur analogue aux diacres de Jérusalem [tome II, p. 211] [Rom.. 16, 1 et I Tim., 3. 11, attestent l'existence de diaconesses; en rapprocher les veuves de I Ji//?., 5, 3-16]. — Le mot épiscope[P/ijZ., 1,1 : Actes,20,iS; Tile, 1,7: 1 Tim., 3, 1-7] est employé équivalemment avec le mot presbytre [Tite, l,u; 1 Tim., 5, 17: Actes, 14. 23] : les presbytres-épi'scopes forment un collège d'anciens, presbyterium: leur autorité est grande. Certains historiens ]J. Réville : Orif/ines de iépiscopaf, 1894, 299-302] pensent, à tort semble-t-il, que, dès le temps des Pastorales, les termes d'épiscope et de presbvtre ne sont pas synonymes : contra, voir Didachè, 15, 1 ; S. Clément Rom., XLII.'i-o : XLIV, 5 ; XLVIL 6].

Remarquer deux faits. On croit apercevoir, jusqu'à présent, que les ministres de Jésus se répartissent en deux groupes : 1° les ministres itine'rants. apôtres, prophètes et didascales ;2'>les ministres à poste fixe, diacres et presbytres (parfois appelés épiscopes, surveillants'. Les uns et les autres reconnaissent l'autorité des Douze et de Pierre. Voir infra. Or il semble, d'après les Pastorales, que ces deux groupes « ecclésiastiques » "tendent à se confondre : les Pastorales ne soufflent mot des

Saint Paul ne se contente pas de marquer le besoin (.runité qui travaille les cliréticnlés, ni que l'essence de lEglise la prépare à répondre à ce besoin. 11 indique avec quelque précision comment le Christ ressuscité qu'elle perpétue calmera cette souffrance diffuse : il montre quels organes créera celte fonction (^ unifiante » qui semble être la sienne.

Lorsqu'il écrit la première épîtrc aux Corinthiens, il insiste seulement sur la solidarité des divers membres du Christ, sur leur dignité relative, mais réelle : il compte sur l'amour fraternel des chrétiens pour maintenir entre les divers «ministères» la paix et l'harmonie.

Mais, lorsqu'il écrit aux Ephésiens, la solidarité essentielle des chrétiens et leur mutuelle charité ne lui parait plus une suffisante garantie d'unité et de paix. Le temps est venu de concentrer l'autorité spirituelle ; s'il ne donne pas encore à la hiérarchie la forme déterminée où elle se présente à nous dans les lettres à Timothée et à ïite', du moins restreint-il

apôtres, des prophètes ou des didascales. mais c'est à l'épiscope qu'elles s'adressent, « pour qu'il soit capable d'exhorter aussi dans la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs » [Tite, 1, 9j ; on envisage la doctrine comme un « dépôt à garder » [1 Tim., 6, 20] : on le confie aux épiscopes-presbytres ; on semble vouloir leur transférer les fonctions enseignantes et pré. dicantes des apôtres et des prophètes .- les « faux apôtres », les « didascales de mensonge») commencent à pulluler [Z>/V/rtc/iè]. — Dès l'origine, les églises reconnaissent une autorité [Ga^; Ephès.: ICor., 5, 1-5: 1 Tim., 1. 19 ; 5, 19-20; 6.3-5: THe, 3. 10-11; II, Thn., 2, 16-191. Pour plus de détails, voir Jean Réville : op. laiicl., Hûltzmann, Prat., Bovon, Lemonnyer. * « On donne le nom de Pas/ora^e* aux trois lettres à Timothée

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