LES PASTORALES
déjà à certains offices le droit de parler au nom du Sauveur. Il est très remarquable que la liste des dons spirituels qu'il énumère soit plus courte dans sa circulaire aux églises d'Asie que dans son message à
etàTite qui figurent dans le recueil des épilres canoniques de saint Paul ». En voici l'analyse. Dans la première à Timol/iée, Paul s'occupe de combattre les faux docteurs et de réorganiser la communauté dÉphése par l'intermédiaire de Timolhée. Qu'il interdise à certains d'enseigner une doctrine étrangère, des mythes et des généalogies interminables qui défigurent la Loi (mosaïque) : llymenaios et Alexandre qui avaient cette audace ont été livrés à Satan par Paul [1. 3-2o]. Tous ces docteurs de mensonge qui interdisent le mariage et certains aliments ont été prédits par l'Esprit [4, 1-10] : ils sont aveuglés par leurs disputes de mots et leur avarice [6, 3-10]. — Timothée fera prier pour les hommes, que Dieu veut tous sauver; les hommes prieront, en levant des mains saintes, les femmes dans une tenue décente : les femmes n'enseigneront ni ne domineront à cause de la faute d'Lve ; elles seront sauvées en enfantant ; l'épiscope sera sobre, sage, digne, et aussi le diacre. Ei c'est ainsi qu'il conduira l'Église du Dieu \ivant, colonne et fondement de la vérité, c'est-à-dire du mystère de la piété (l'œuvre de Jésus) [2-3, 16]. Que lui-même devienne le modèle des croyants; qu'il honore les veuves et ne les admette pas toutes j)armi celles que l'bglise assiste : qu'il honore les presbytres qui prêchent et enseignent, reprenne ceu.x qui pèchent, exige deux ou trois témoins quand ils sont accusés; qu'il prêche la soumission aux esclaves [5-6, -2] et la bonté aux riches [6, 17-19]: et surtout qu'il persévère et garde le commandement sans tache jusqu'à la manifestation de N.-S. J.-C. [6, 11-16] et garde le dépôt en évitant les oppositions de la prétendue science [6. 20-21, àv:'.6i7£'.; -f,;
L'épitre à Tile, qui est en Crète, donne à celui-ci les conseils opportuns afin qu'il puisse organiser les églises. 11 choisira des presbytres, ou épiscopes, parmi les chrétiens sans reproche. ' — il luttera contre les docteurs qui enseignent, par cupidité, des mythes judaïques et prohibent certains aliments. — Il dira ce qui convient à la saine doctrine, le devoir des vieillards, des femmes, des jeunes gens, des esclaves; il sera lui-même un modèle et répandra le salut de Dieu. Il exigera qu'on le respecte.
70 SAINT l'ALL
Corinllie; elle ne com|)ren(l ])lus au-dessous de l'apostolat, centre et source de loul pouvoir, que les emplois propres à maintenir dans l'Eglise la purelé de renseignement et Tordre de la discipline : « Les prophètes,
pixVhcra la soumission aux aulorifés, la douceur ; car le Sauveur Dieu a sauvé les hommes dans sa miséricorde, par un bain de régénération.
La seconde à Timothée prie ce dernier de revenir auprès de saint Paul, qui voit venir la mort; cpiil ne rougisse pas de l'Évangile et supporte les épreuves avec force, non comme IMiygaelos et llermogéne qui ont abandonné l'Apotre, mais comme Onésiphore. Quil se fortifie dans la grAce et se souvienne de J.-C. ressuscité des morts (1-2. 13J. —Qu'il lutte contre les docteurs impies qui, comme llymenaios et Philétos, assurent que la résurrection s'est déjà produite, qui recherchent l'argent, qui s'attachent à des femmelettes chargées de fautes: et qu'il reste ferme dans la doctrine de Paul et dans les saintes lettres apprises dans lenfance. « Prêche, reprends, corrige..., fais œuvre d'évangéliste » [2. 14-4. o]. — « Car, pour moi..., le moment de mon départ est arrivé... : j'ai achevé ma course... Hàte-toi de me rejoindre... Luc est seul avec moi ». Apporte le manteau que j'ai laissé à Troas chez Carpos ; apporte aussi les livres, surtout les rouleaux de parchemin. Garde-toi d'Alexandre le forgeron : il m'a fait beaucoup de mal. Lors de ma première comparution, tous m'ont abandonné ; mais le Seigneur m'a sauvé : il me sauvera (à jamais) dans son royaume céleste, lui à qui soit la gloire dans les siècles des siècles ! Amen. Ilàte-toi de venir avant l'hiver |4. 6-22].
li est certain que ces troix textes sont étroitement apparentés l'un avec l'autre. — On a contesté leur authenticité en faisant valoir que leur théologie combat leGnosticisme et que leur ccclésiologie suppose l'épiscopat unitaire, une hiérarchie très nette, une règle de foi ecclésiastique. Ces deux objections parallèles reposent sur des théories inexactes dans leur précision : et peut-être a-t-on exagéré et le caractère gnostique des « doctrines de mensonge », et le caractère ecclésiastique de la croyance et de l'organisation.
Beaucoup plus grave est l'objection tirée de la langue et du style. Sur les 897 mots que contiennent les Pastorales. 28o [304, dit von Soden] sont étrangers aux autres épitres de Paul. Les