CHAPITRE V
Saint Paul disparaissait de la scène au même moment que saint Pierre et les Apôtres, sous le règne de Néron. A cette époque Jérusalem se révoltait, massacrait la o'arnison romaine, mais, linalement, succombait après une longue et horrible guerre : la ville était détruite de fond en comble et la legio A Fretensis s'installait sur ses ruines -
' Voir R. Knopf : Das nachapostolische Zeilalter. Geschichleder Ckristlichen Gemeinden vom Beginn dev Flavierdyna.ytie bis zum Ende Hadrians, 1905, Tiibingen.
- La cause de la guerre est à chercher dans la foi religieuse des Juifs, provoquée aujourd'hui par Rome comme elle l'était hier par les Séleucides [voir tome II, p. 68, sq.J. Depuis les violences de Caliguîa [tome II. :219; pour plus de détails, voirSchiirer. P-*, o(J3J. un parti nouveau s'est formé, le parti des Zéloles, qu'enflamme le patriotisme des Macchabées, et qui prétend à la fois chasser les Romains et renverser les Sadducéens leurs amis. La révolution qui depuis longtemps menace, éclate tout d'un coup, en mai 66. lorsque le procurateur impérial Florus s'avise de prélever dix- sept talents dans le trésor du Temple : il s'était contenté jusque-là de piller les riches. Après une émeute. Florus est obligé de se replier sur Césarée. VA c'est en vain qu'Agrippa II et Bérénice essayent d'apaiser la révolte : elle progresse très rapidement dans le bas peuple; elle contraint Agrippa à fuir; son partisan, l'ancien grand-prêtre Ananias, est battu dans Jérusalem par le clief des Zélotes, le fils de Judas le Gaulonite. Mnnahem : Eléazar rivalise avec lui de sainte énergie. Les palais d'.A grippa et des Sadducéens sont brûlés, la tour Anto-
La mort des Apôtres et la chute de Jérusalem conditionnent le développement de la conscience chrétienne jusqu'aux premières années du second siècle, dans cette obscure période que domine la puissante et mystérieuse figure de saint Jean. Le progrès naturel de la vie chrétienne développe l'organisation ecclésiastique, et, dans TefTondrement du Judaïsme Palestinien, c'est en sopposant au syncrétisme judéo-grec que progresse la doctrine du Christ.
La disparition des Apôtres ne fut nulle part plus cruellement sentie qu'à Rome : aucun d'entre eux
nia cmporlée. A Cësarée, à Alexandrie, à Pella, à Sébasle, à Ascalon, à Gaza, à Acre, à Tyr, les Juifs sagitent,se révoltent : les massacres répondent aux massacres. Malheureusement pour Israël, Menahem et Eleazar ne s'entendent pas; les exaltés, dont Menahem est le chef, remportent bientôt et noient .Jérusalem dans le sang : les Princes, les Sadducéens, plus de 12.00U suspects sont exécutés. Mais les divisions intestines renaissent : Simon ben Giora, Jean de Gischala, Eleazar ben 8imon luttent avec acharnement l'un contre l'autre. — Et c'est à ce moment que Vespasien > chargé de la guerre après l'échec de Gestius Gallus) concentre ses efforts après avoir méthodiquement occupé toute la Palestine : s'il part pour lltalie, Titus prend Jérusalem, o juillet-8 septembre "ïO. Un grand nombre de captifs juifs sont mis à mort à Panéas et à Béryte; plus de 100.000 sont vendus comme esclaves. En 71, Simon ben Giora est mis à mort, les dernières forteresses juives tombent, et Vespasien décide que désormais les Juifs paieront à Jupiter Gapitolin les. deux drachmes qu'ils payaient jusque-là au temple de]Jérusalem. On voit encore à Rome l'arc de triomphe élevé en souvenir de cette guerre. — Voir Schijrer : V-* 600 sq."
Pendant la crise, la chrétienté de Jérusalem, conduite par saint Siméon, a émigré à Pella. Eusèbe : H. E. III, 5.