LA PRIERE DE SAINT CLEMENT
a dieux, remets-nous nos fautes, nos injustices, nos « chutes, nos trangressions ; ne compte pas les péchés (( de tes serviteurs et de tes servantes, mais puritîe- « nous par ta vérité et dirige nos pas, pour que nous (( marchions dans la sainteté du cœur et que nous fas- « sions ce qui est bon et agréable à tes yeux et aux « yeux de nos princes. Oui, Seigneur, fais luire sur nous « ton visage, pour notre bien et notre paix, pour nous « protéger de ta forte main et nous délivrer de tout péché « par ton bras puissant, pour nous sauver de ceux qui « nous haïssent injustement. Donne la concorde et la c( paix à nous et à tous les habitants de la terre, comme « tu las donnée à nos pères lorsqu'ils t'invoquaient avec (c foi et sincérité, soumis à la toute-puissance et à la « vertu suprême de ton nom.
« A nos princes, à ceux qui gouvernent sur la terre, « c'est toi. Seigneur, qui as donné le pouvoir de la « royauté par la vertu magnitlque et inénarrable de ta « puissance, afin que, connaissant la gloire et l'hon- « neur que tu leur as départis, nous leur soyons soumis « et nous ne nous opposions pas à ta volonté. Accorde- « leur. Seigneur, la santé, la paix, la concorde, la sta- (( bilité, pour qu'ils exercent sans obstacle lautorité « que tu leur as confiée. Car c'est toi. Maître Céleste, « Roi des siècles, qui donnes aux fils des hommes la « gloire, l'honneur, la puissance sur les choses de la « terre. Dirige, Seigneur, Ixîurs conseils suivant le bien, (f suivant ce qui est agréable à tes yeux, afin que, (.( exerçant paisiblement et avec douceur le pouvoir
« que lu leur as donné, ils le Irouvonl propice. Toi seul « as la puissance de faire cela et de nous accorder « encore de plus grands bienfaits ; nous le proclamons « par le grand prêtre et le chef de nos âmes, Jésus- « Christ, par qui soit à toi gloire et grandeur, maintece nant, dans toutes les générations, dans tous les siè- (c clés des siècles. Amen. »
Cette belle et sereine prière est l'œuvre du plus illu.stre des successeurs immédiats de saintPierre, d un de ses disciples, du reste, du chef de l'église romaine à la fin du premier siècle, saint Clément. « L'espril de coterie que saint Paul a si sévèrement condamné venait de se réveiller à Corinthe. Quelques fidèles se révoltaient contre le pouvoir spirituel ; des membres du collège presbyléral avaient été déposés ; la communauté était en proie au plus affreux désordre et les païens s'en autorisaient pour calomnier le nom chrétien. L'église romaine, instruite de ce qui se passe, juge de son devoir d'intervenir. Elle envoie à Corinlhe" deux de ses membres, Claudius Ephebus et Valerius Vito, avec un certain Fortunatus; comme Tite autrefois, ils s'efforcent d'apaiser les esprits et de restaurer la paix. La lettre qu'ils portent n'est qu'une longue exhortation à la concorde. On ^ y décrit d abord les
* Diichesne .• Origines du culte, oO-ol, Origines chrétiennes, 178, auquel j'emprunte la traduction citée plus haut de la lettre de Clément.
Saint Clément, dit Irénée [lll. 3, 3. — P. G., T, 849]. « avait connu saint Pierre et saint Paul et s'était entretenu avec eux .. Est-ce le collaborateur de saint Paul [Phil. 4. 3. — Origène : in Jo., 6, 36] ? ou plutôt se rattache-t-il par quelque lien aux