‹ Le christianisme primitifChapitre 31 sur 77 · SAINT CLEMENT · texte numérisé non relu

SAINT CLEMENT

inconvénients de la discorde : puis on recommande Ihumilité et l'obéissance à la volonté de Dieu, on montre la grandeur des récompenses promises aux âmes

Flavii Clémentes ? Peut-être est-ce un affranchi juif de cette grande famille (Lightfoot : Theapost. FathersA, 1, il890) ; Nestlé: Zeitschr. neut. Wiss., I (1900), 178\ Il n"y a rien à tirer de sa légende. Sa mort survint vers la fin du premier siècle.

D'après Irénée. loco c«7rt/o, Eusèbe, H.E., III, 15, [Grapin, 1, 278]. Jérôme : De viris, 15 et Épiphane : Haeres, 27, 6, Clément est le successeur d'Anaclet. qui succéda à Lin. lequel remplaça saint Pierre. Cette donnée, bien que combattue par certains textes, est de beaucoup la plus sûre [Duchesne : Le Liber Poniificalis, i, p. lxxi].

La lettre aux Corinthiens tomba de bonne heure dans l'oubli, au moins en Occident. Retrouvée au xvif siècle dans un fameux ms. de la Bible. YAlexandvinus, elle fut éditée à Oxford, en 1633, par Young JuniuS). Un second ms., complet celui-ci, a été trouvé en 1875 parle métropolitain Philothée Bryennios. Une bonne version syriaque, contenue dans un ms. de Cambridge (add. 1700). a été publiée en 1809 par Robert Kennett : The epistles of S, Clément to the Corlnthians in syriac. Cambridge. Enfin, d. Germain Morin a retrouvé dans un ms. du séminaire de Namur une très vieille version latine (ui* ou ii« s.) de notre texte. Rien que la lettre ne porte pas le nom de Clément, mais soit adressée au nom de l'église de Rome, les historiens s'accordent pour voir en elle la lettre de saint Clément [Harnack : Chronologie, I, 251 ; Bardenhewer . Gesch. der altkirchl. Lit. I, 102].

Clément n'a aucune visée formellement théologique ; pourtant, sa lettre est un précieux témoin de la pensée autant que de la vie chrétiennes à ce moment. C'est à l'Ancien Testament qu'il puise, beaucoup plus qu'au Nouveau. Le Dieu qu'il adore est un Père miséricordieux en même temps qu'un maître tout-puissant (19, 23, 29, 35) : il récompensera les saints, et, notamment, ressuscitera les corps : la fin du monde n'est pas éloignée. — Ce Dieu tout-puissant et tout bon est à la fois un et triple : « Dieu vit, et le Seigneur Jésus-Christ, et le Saint-Esprit aussi ». C'est dire que Jésus est Dieu en même temps qu'homme [2, 26, 40 ; 35. 4 et 32-2], Jésus dont le libre sacrifice a racheté tous les hommes. — La foi, génératrice d'œuvres [32, 33, 35], justifie l'homme; mais elle repose sur la grâce de Dieu [8, 26, 36, 32. 33], elle est assurée par l'Église les évêques-prètres et les diacres. —Lire le

justes et la nécessité de Tordre qui doit régner dans lliglise : des exemples empruntés à la discipline des armées romaines, à l'harmonie des parties du corps humain, à la hiérarchie sacerdotale de lAncien Testament, viennent à lappui de cette dernière pensée. Passant ensuite à lalliance nouvelle, saint Clément continue d'entretenir ses lecteurs d'organisation religieuse et de hiérarchie spirituelle : il montre que le ministère ecclésiastique vient des Apôtres et de Jésus-Christ, que son autorité est légitime et doit être obéie. Il engage les Corinthiens à se repentir, à rentrer dans Tordre et la paix, à accepter une correction salutaire ; si même la présence de certaines personnes est une cause de troubles, qu'ils ne reculent pas devant l'exil. Quant à l'Eglise, elle doit prier pour les séditieux » ; Clément luimême en donne l'exemple : c'est ici que se trouve la prière solennelle que nous avons rapportée plus haut. On voit comment, les Apôtres disparus, le besoin se faisait sentir d'une autorité qui tînt leur place : le maintien de Tunité de l'Église l'exigeait impérieusement. Ce que Clément veut mettre en lumière, c'est donc l'importance souveraine de la hiérarchie : elle est, dit-il, d'institution divine. « Les Apôtres nous ont annoncé (< l'Evangile de la part de Notre Seigneur Jésus-Christ « et Jésus-Christ de la pari de Dieu; ainsi Jésus-Christ a (( été envoyé par Dieu, et les Apôtres par Jésus-Christ )) ;

texte dans R. Knopf, Leipzig, 1899 {Texte und L'nt.. N. F., v, d]. Voir Tixeront : Histoire des doqines. I. 1905, 118; Bardenhewer : I, 1902, 98; Harnack : Die Chronologie der altchristlichen Lifteratur. I, 1897. 251.

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