‹ Le christianisme primitifChapitre 33 sur 77 · LA DOCTRINE DES DOUZE APOTRES · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE DES DOUZE APOTRES

tations morales certaines prescriptions de détail sur les actes religieux du chrétien, le baptême, le jeune, lEu-

G. Ogcr, A. Laurent. Paris, Picard, 1907, in-12]. Je résume ici cette substantielle étude.

La Doctrine des douze Apôtres se divise en trois parties : — L Une catéchèse morale (l-6l, qui décrit : a) la voie de la vie, cest-à-dire Tamour de Dieu et du prochain, la fuite du mal, la pratique des devoirs (envers nous-mêmes, envers la communauté, envers les pauvres, envers la famille) ; 6) la voie de la mort, c'est-à-dire toutes les œuvres mauvaises. Il faut viser à la perfection, ou du moins « tenir essentiellement à labstinence de viande immolée». — 2. Une instruction liturgique (7-10), qui détermine : a) les modalités du baptême : 6 du jeune ; o de la prière réciter l'oraison dominicale trois fois par jour) : d) de l'eucharistie. — 3. Une ordonnance disciplinaire dl-loi, qui règle : a) la conduite à tenir envers les apôtres, les prophètes, les docteurs (et les voyageurs') ; /ji le gouvernement intérieur de l'Église (réunion eucharistique du dimanche; confession des péchési. — Un épilogue exhorte à la vigilance : les derniers jours voient fleurir les faux prophètes et l'Antéchrist.

Ce texte a joui d'une très grande popularité jusqu'à la chute de Tempire romain [llastings : Extra vol. 441 ; Herzog-Hauck, I, 715-717 et 723 (article de llarnack)] ; il a été incorporé dans la Constitution Apostolique Égyptienne (vers 300) et dans les Constitutions Apostoliques vers 400) [voir Funk : Didascalia et Constitutiones Apostolorum, Paderborn, 190(5] ; il a été traduit en latin (au moins deux fois) et en arabe. Perdu, à moitié reconstitué par Krawutzcky [Theolog. Quartalsdirift, 1882, 3.o'J], le texte a été retrouvé par Philothée Bryennios dans le même ms. du Saint Sépulcre de Constantinople (transporté depuis à Jérusalem) où il avait découvert la lettre de saint Clément : Bryennios a publié le texte à la fin de 18S3. Depuis nombreuses éditions et études? par Harnack, 1884 [Texte und Unt., II, 1-2]: Sabatier, 1885; Jacquier, 1891 : Minasi. 1801, Roma.

On s'accorde généralement à penser que notre texte n'est pas homogène. La première partie a existé d'abord à l'état isolé : elle portait le titre de Les deux Voies; elle se retrouve seule dans notre version latine : elle a seule été connue des compilateurs postérieurs ; par le style et la langue, elle se distingue, du reste, des deux autres. Pour Harnack et quelques autres, Les deux Voies étaient un livre juif, destiné aux prosélytes [Harnack : Die

charislie. « Pour le baplômc, baptisez de la façon sui- « vante : après avoir enseigné tout ce qui précède,

Aposlellehre und die jiidischen zn-ei Wer/e, 2* éd.. 189.Ï, Leipzig; — Schermann : Eine Elfapostelmoral oder die X-Iiecension der beiden Wege, Miinchen, l'.JOS, pense que les six premiers chapitres seraient un remaniement dun original jiiifj. — A celte première partie, un chrétien a cousu les deux autres en retouchant très légèrement la première.

La patrie de la Doctrine peut être rKgypte, où elle a été le plus employée. Plus vraisemblablement. cestlaSvrieet Antiochc: certains détails ra|)pellent les habitudes rurales [13, 2] ou la ferveur de cette dernière église. Ilarnack croit à tort que la Doc- Irine dépend de l'épltre de Barnabe. On saccorde le plus souvent pour la dater des environs de l'an SO[Funk : Uie Didache, dans Kirchenfjes. Abhandl., II, 1U8 ; Zahn : Forsc/iungen ziiv Gesch, III, 310].

Lauteur utilise très peu l'Ancien Testament. Il lit noire texte du i)remier évangile; peut-être connaît-il Luc; il ignore Jean: il semble ignorer l'aul. — Mêmes traces de très haute antiquité dans le tableau qu'il fait des institutions chrétiennes.

Le baptême — auquel prépare directement la première partie de la Doctrine — est conféré « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » [7, 1], parfois au nom de Jésus [9, o). La matière employée est l'eau ; rien ne dit qu'on Tait d'abord consacrée [de même Justin. — Contra : Tertullien : de bapt., 4; Clément Alex. : Ejcerpt., 82]. On procède en général par immersion ; si l'eau courante manque, on recourt à une triple effusion d'eau sur la tête du baptisé [voir Cabrol : article baptême].

Le jeune prépare au baptême : il a une valeur d'intercession, et il dispose l'àme à la prière. C'est une pratique héritée des Juifs [Luc, 18. 12. — Linsenmayr : Enlwicklunrj der Kirchl. Fastendisciplin bis zum Konzil von Xicda, 1877J. — La prière aussi est un usage juif: sans doute y a-t-il, ici et là, adaptation chrétienne.

Les textes eucharistiques ont donné lieu à beaucoup de controverses [9-10; 14-15]. Les chapitres 14-15 montrent clairement que, pour lauteurde la Doctrine, la réunion du dimanche s'ouvre par la confession des péchés et qu" « elle a pour objet propre de célébrer la fraction du pain, en rendant grâces: elle est présidée par des évêques et des diacres dont la fonction propre semble être de pratiquer eux-mêmes la fraction du pain ». « La

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