‹ Le christianisme primitifChapitre 34 sur 77 · LE CULTE CHRETIEN EN SYRIE · texte numérisé non relu

LE CULTE CHRETIEN EN SYRIE

« baptisez au nom du Porc et du Fils et du Saint-Esprit, « dans l'eau courante ; si tu n'as pas d'eau vive, baptise

fraction da pain est qualifiée à trois reprises de sacrifice, 6j7'a » ; elle est conçue comme un sacrifice « réel, non simplement mystique », encore quil doive être pur par les dispositions morales des chrétiens. — Mais que faut-il voir dans les prières, 9-10? Est-ce une description des repas à demi-religieux que les chrétiens ont empruntés aux Juifs [voir tome II, p. I89-19U n. la note sur les Kiddush et sur les agapes] 1 Et, comme les agapes chrétiennes précédaient souvent la fraction du pain il Coi\, 11, 17-34], si même il s'agit ici des agapes, les prières ne sont-elles pas néanmoins des prières eucharistiques ? Les mots « la sainte vigne de David » désignent sans doute, plus précisément que le Christ, le sang du Christ [Clément Al. : Quis clives salvetur, 29 : Origène : llom. in Jud., VI, 2; — Funk] : les mots « nourriture spirituelle » s'appliqueraient bien à leucharistie ; l'absence de toute allusion à la mort du Seigneur et à la dernière Cène s'explique sans doute parce que nous n'avons pas une description complète du rite suivi. Le rite complet comprenait : «i la fraction du pain; h\ une action de grâces: nous aurions ici un thème de la prière d'action de grâces (analogue à celui de Clément qu'on a cité', non la prière qui accompagne la fraction du pain. — D'après une conjecture de Batiffol : Éludes d'hisloire el de Ihe'olofjie posilives, II, 114, et de von d. Goitz : Das Gebet in der ûlleslen Chrislenheil, lOOI, Leipzig. 211, ces prières offriraient deux thèmes parallèles que l'auteur de la Doclrine aurait maladroitement cousus l'un à l'autre, et remaniés. — J'ajoute que, d'après Andersen, Spitta et quelques autres, ces prières nous ont conservé la vraie physionomie de l'Eucharistie primitive, telle que l'avait instituée Jésus, et telle qu'elle subsistait dans les églises où n'avait pas encore pénétré la doctrine de Paul. [Voir tome II, p. 179-180 n. Andersen .Das Abendmahl in den zwei ersfen Jafirhunderlen nach Chrislus, 1904 : v. der GoItz : Tischfjehele und Abendmahlsrjebele in der altchrisllichen und in der griechischen Kirche, Leipzig, 1905 ; Scheiwiler : Die Elemente der Eucharislie in den erslen drei Jahrhunderlen. Mainz, 1903: Struckmann : Die Ger/enwarl Chrisfi in der heiligen Eucharislie. Wien, 1905: Goetz : Die Abendmalilsfraqe in ihrer gescliichtlichen Entœicklung. Leipzig, 1904: Spitta : Zur Geschichte und Litleralur des Urchristenlums, I ii893).

L'enseignement est distribué par les apôtres, les prophètes,

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dans une autre eau; et si tu ne peux te servir d'eau froide, prends de leau chaude... — Pour ce qui est de l'eucharistie, vous rendrez grâces ainsi. D'abord pour le calice : Nous te rendons grâces, ô notre Père, pour la sainte vigne de David ton serviteur. A toi la gloire dans tous les siècles! — Et pour la fraction (du pain) : Nous te rendons grâces, ù notre Père, pour la vie et la science que tu nous as fait connaître par Jésus ton serviteur ; à Toi la gloire dans tous les siècles î — De même que ce pciin rompu était dispersé sur les collines et qu'il est devenu par le soin de ceu.x qui l'ont recueilli un seul morceau, qu'ainsi

les docteurs d Cor., 12, 28] : cesont e.xactement les catégories de saint Paul. Prédicateurs itinérants, ils ne remplissent aucune fonction de gouvernement : ils sont accrédités par leurs seuls charismes. L"apôfre authentique est celui qui ne contredit jamais la Doctrine des douze Apôtres ill, i-2) : c'est Tidée de tradition qui se développe [voir, le depositwn custodi, des Pastorales, p. 69 n., et le crédit croissant des Douze : Barnabe, 8, 3 ; o't '-o'-O'. i-ô'j-o/sj'.]. L'apôtre authentique est toujours pauvre. — Les prophètes sont plus nombreux; ministres de l'Esprit, ils édifient les églises plut(M qu'ils ne les fondent. Mais, plus encore que des faux apôtres, il faut se méfier des faux prophètes : leur fausse doctrine, leurs mœurs équivoques, leur cupidité les dénoncent. — Les docteurs ou didascales enseignent, comme les prophètes, mais ne connaissent pas lextase.

A côté de cette hiérarchie itinérante, il y a toujours ivoir supra p. 67, n. li une hiérarchie sédentaire, dont les dignitaires sont élus par l'église locale [Ignace : P/ulad., x, 1, Sm>jrn., xi, 2 ; Polyc, VII, 2]: ce sont les épiscopes [pas un mot des presbytres] et les diacres. Episcopes et diacres semblent les subordonnés et les substituts locaux des « ministres de la parole ».

La confession des péchés [4, 14 ; 14, IJ est une confession individuelle faite dans l'assemblée : « c'est une condition nécessaire de la bonne conscience et de la bonne prière » [voir lac. 5, 16]. On ne peut rien dire d'autre.

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« soit rassemblée Ion Église des extrémités de la terre « dans ton royaume; car à Toi est la gloire et la puisce sance, par Jésus-Christ, dans tous les siècles. — Que (( personne ne mange ni ne boive de votre Eucharistie, « si ce n'est ceux qui ont été baptisés au nom du Sei- (( gneur, car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit : Ne (( donnez pas aux chiens ce qui est saint ^ »

Le (' Catéchisme apostolique » ajoute entin de pressantes recommandations sur la discipline à observer. Il met soigneusement les fidèles en garde contre les faux prophètes, preuve qu'il en existe encore et qu'on sent leur rôle fini. 11 les invite par contre à ordonner c( des évêques et des diacres dignes du Seigneur », et

* « Dès que vous êtes rassassiés, rendez grâces ainsi : Nous « te rendons grâces, ô Père saint! pour ton saint nom que lu ( as fait habiter dans nos cœurs, et pour la connaissance, la foi « et limmortalité que tu nous as révélées par Jésus ton servi- <( teur : à Toi la gloire dans tous les siècles ! — C'est toi, ô Maître « tout-puissant, qui as créé l'univers à cause de ton nom. Tu as « donné le manger et le boire aux hommes pour qu'ils le ren- « dent grâces ; mais à nous, tu as daigné accorder la nourri- « ture et le breuvage spirituels et la vie éternelle par ton servi- (' teur. Avant tout, nous te rendons grâces, parce que tu es « puissant : à Toi la gloire dans tous les siècles ! — Souviens- « toi, Seigneur, de ton t-glise pour la délivrer de tout mal et « pour la perfectionner dans ton amour, et réunis-la des quatre « vents, pour la sanctifier, dans ton royaume que tu as préparé (( pour elle ; car à Toi est la puissance et la gloire dans tous les a siècles! — Vienne la grâce et que ce monde passe ! Hosanna

au Dieu de David ! Si quelqu'un est saint, qu'il vienne ; si . quelqu'un ne l'est pas, qu'il se repente. Maran atha de Sei- « gneur vient;. Amen! — Voir supra p. 93 n.) l'hypothèse de « Batiffol et v. d. Goltz.

rt Pour les prophètes, vous les laisserez rendre grâces aussi « longtemps qu'ils voudront ».

il insiste sur ce que, « eux aussi, accomplissant les (( cérémonies liturgiques des prophètes et des doc- « teurs », ils sont notables au même titre queux. On tend à accroître le rôle de ceux-là comme à diminuer le rôle de ceux-ci.

Ces caractères de la Doctrine des Douze nous reportent bien à l'époque qui a suivi la mort des Apôtres, au pays qu'ils ont d abord évangélisé ilaferveur exaltée que respire la prière eucharistique et qui contraste si nettement avec la sérénité majestueuse de ll^pître aux Corinthiens convient à merveille à cette époque et à ce pays ; elle ne convient pas moins à l'église de saint Ignace.

Saint Ignace^ avait remplacé à Antioche Evodius, le

' Nous avons conservé sept lettres de saint Ignace : elles sont adressées aux Èphésiens, aux Marjnésievs, aux Tralliotes, aux Ro7nains, aux Philadelphiens, aux S7nyrniotes, à Pobjcarpe ; on les lit dans le Mediceo-Laurenlianus, LYII, 7, du xp siècle et le Parisinus gr. 1451, du même siècle. Elles ont été traduites en arménien, en syriaque et en copte, mais non pas, semble-t-il, en latin, du moins' à l'époque ancienne ; saint Polycarpe et Eusèbe, III, 36, attestent leur crédit. — Les divers textes qui prétendent raconter le martyre de saint Ignace sont tous sans valeur ; mais la réalité du martyre parait certaine : il date sans doute de Trajan (98-117).

Pour saint Ignace, comme pour saint Paul, comme pour saint Jean, la christologie est le support de la doctrine. Le Dieu un et triple [Magn., viii, 2 ; xiii, 1, Eph., ix, 1] s'est manifesté par son Verbe [Magn., viii, 2], c'est-à-dire Jésus-Christ. Jésus est vraiment Dieu [Ti-all, vu, 1]; il est vraiment Fils de Dieu [Eph., xx, 2], parce que engendré par l'Esprit-Saint ; mais en même temps il est vraiment homme, il est vraiment fils de David, parce que né de Marie [Eph., vu, 2] : la virginité de Marie est aussi énergiquement affirmée que sa maternité [Eph., vu, 2; xviii, 2J. L'effort d'Ignace vise surtout une « hétérodoxie » dualiste [Magn., viii, 1],

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successeur de saint Pierre. Il rappelle saint Paul par la fougue qui l'anime et lamour qui le brûle;

selon laquelle riuimanitê de Jésus n'est qu'une apparence, -Jj r^oY.tr^ [Smijrn., ii] : on l'appelle pour cetfe raison le docétisme.

L"œuvre de Jésus, manifestation humaine de Dieu Œph., xix. 3i]. consiste en une révélation de ce qu'est Dieu 'oj 0£Oj-;"/tuj'.:c, Eph., XVII, 2^, parce que Jésus est la pensée du Père, t, -^nxi'.xr^ TOj TraToô;. Mais, parce que Jésus est « l'unique médecin », cl; '.a-pô;, son œuvre consiste aussi et surtout en ce qu'il détruit la mort et donne la vie à l'humanité tout entière [Magn., ix, x ; Ephés., xviiij : voilà l'œuvre qu'accomplit « le Christianisme » [Magn.., x, 3] par « l'Ér/lise catholique » [Sinyrn., viii, 2]. L'Église catholicpie, qui continue Jésus-Christ, est essentiellement une, comme l'humanité qu'elle vivifie ; cette unité doit être maintenue par l'obéissance des fidèles aux chefs de l'église locale, c'est-àdire aux diacres, puis à leurs supérieurs, les prêtres, puis au supérieur des prêtres, des diacres et des fidèles, c'est-à-dire à l'évéque. L'évéque est le centre de l'église locale [Stntjrn., viii, 2 ; XI, 1 ; Volyc, iv, 1 ; vi, 1 ; Ephés., ii, 2 ; v, 3 ; xx, 2 : c'est lui, en particulier, qui est le garant de la doctrine, parce qu'il est dans la pensée du Christ, comme le Christ est la pensée du Père, et c'est lui qui est le garant de la légitimité de l'Eucharistie et du baptême (Ephés.. m, 2 ; iv, l : Smyni., viii, 1-2;. Et l'unité de l'Église catholique est maintenue, en second lieu, par la (' présidence » de l'église qui est établie à Rome et qui esta la tête de la grande fraternité chrétienne iff,''-^ '^•^'- ~yjy~i^r-7.: h -Ar.cj ■/ojp'O'j 'Pco;jLaîa)v..., -vOxaf)T,;i.ivT, -J^^ i-^x-r,q. Par là, la foi et l'amour sont vivants dans les âmes, cest-à-dire « le principe et la fin » de la vie divine à laquelle participe réellement et indéfectiblement chaque membre de l'Église [f/j/iés., m, 2; ix,2; xiv, 1] dès ce monde : à laquelle il participera complètement après l'épreuve, après la mort.

Les deux parties de la doctrine d'Ignace se détachent en pleine lumière. On en discerne aisément les indécisions ou les lacunes : la génération temporelle du Verbe, le rapport des deux natures en Jésus, le fondement précis de l'œuvre rédemptrice qu'il a accomplie et que procure l'Eglise catholique. On devine les polémiques qu'a suscitées la vigueur de ses affirmations touchant l'existence et l'importance de la hiérarchie. Le sens des expressions qu il emploie touchant la primauté romaine est fortement garanti par Torientation générale de sa pensée. — Sa

il ne s'embarrasse pas de pénétrer la théologie savante de l'Apôtre des Gentils, il lui prend ses formules, il lui prend surtout la flamme damour qui le dévore. C'est bien le chef qu'il faut à ces âmes ardentes et droites, telles quelles se peignent dans la Doctrine des Douze. Arrêté dans des circonstances inconnues, désigné pour être conduit à Rome et livré aux bêtes, Ignace ne rêve que le martyre, sur que « sous a le tranchant du fer comme au milieu des animaux « féroces, il sera toujours près de Dieu ». Si, comme saint Paul, il voit dans la mort <( un gain w, comme

théorie de répiscopat est plus claire et s'exprime plus clairement encore : révèque autoritaire qu'il vise toujours est le chef de ce collège dont les membres, au temps de saint Paul, s'appelaient indifféremment épiscopes ou presbytres : le second de ces noms est demeuré à ses membres, le premier a passé à leur chef. L'évolution s'explique parla persistance et le développement de cet esprit schismalique que combattent les épîtres aux Corinthiens et surtout les Pastorales. — Une seconde évolution, parallèle à la première, a affermi l'autorité de l'évéque, chef officiel du presbyterium : la disparition, ou du moins l'éclipsé très nette de la triple hiérarchie itinérante et universelle qu'atteste saint Paul et que formaient les apiMres, les prophètes les docteurs (didascales) ; cette seconde évolution semble poindre dans l'épitre laux Ephésiens et dans les Pastorales [voir supra p. 67-68 n.], elle est très aisément discernable dans la doctrine des douze Apôtres, elle est manifeste dans les textes ignatiens. On en aperçoit la raison : le péril schismatique s'accompagnait très souvent d'un péril « hétérodoxe », ou hérétique : la science des missionnaires errants n'égalait pas toujours leur zèle.

Je rappelle que l'authencité des textes ignatiens, incontestée aujourd'hui, a été longtemps combattue. On connaissait un recueil où nos sept lettres présentaient un texte différent du nôtre et qui les mélangeait à six épîtres nouvelles [Marie de Gastabala à Ignace, Ignace à Marie. Tarsiotes, Philippiens, Antiochiens, Héron]. Ces six épîtres et les remaniements constatés (dans les sept épîtres authentiques) sont certainement le fait d'un

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saint Paul aussi, il porte dans son cœur «la sollicitude « de toutes les églises » i à celle d'Antioche, qu'il laisse veuve de sa présence, il garde surtout un tendre et fidèle souvenir, lui envoie sans cesse des consolations et des conseils, sollicite de toutes parts des prières pour elle. Il prêche comme Paul, usant de la demiliberté quon lui laisse, dans toutes les chrétientés oii il passe, recommande l'obéissance et l'union, apaise les discussions, aiïcrmit la paix. « Ayez à cœur de tout « faire en union avec Dieu, Èvôaovo-.iBîoC; car l'évéque « préside à la place de Dieu, les prêtres forment autour

interpolateur, identique au com]ulateur de nos Constilulions Apostoliques, travaillant à la fin du iv« ou au début du v-^ siècle, partisan du semi-arianisme ou de l'apollinarisme.

Voir les ouvrages généraux et les encyclopédies. Funk : Die Echtheit dev ignafianischen Briefe. Tubingen, 1883 : Kirchenq. Ahhand., II. 347,: Harnack : Die Zeit des Ifjnatius. 1878, Leipzig: Zahn : Ignalius von Aniiochien. Gotha. 1873: Lightfoot : Tke apostolic fathers. 188'J-'J0. 3 \ol. ; Jean Réville : Élude sur les origines de l'épiscopal, Paris, 1891 ; von der Gollz ; Ignalius ton Aniiochien aïs Christ und Theologe. Leipzig. 1894 : Bruston : Ignace d'Anlioche, ses épîlres, sa vie. sa théologie, Paris. 1897 : Stahl : Pahistische i'nlersuchungen, Leipzig, 1901; Briill : Der Episkopat und die ignalianischen Briefe [Theol. Quart., 61, 1879] ; Hœnsbrœch : Die Ueberschrift des ignalianischen Bornerbrie fes [Ztft. f. Kath. Theol.. 13. 1889, 576^ : Harnack : Das Zeugnis des I. liber das Ansehen der rOmischen Gemeinde [Sitzber. der K. preus. Akad. der Wiss. zu Berlin, 1896. UIJ: Chapman : Saint Ignace d'Anlioche et Véglise romaine [Rev. bénédictine, XIII, 1896. 385]; Tixeront : Histoire des dogmes, 1, 134. 1905; Bardenhewer. op. laud., 1, 190i% p. 119. et H. Bruder : Die Verfassung der Kirche von den erslen Jahrzehnten der apostolischer ^yirksamkeit bis zum Jahre 175. Mayence, 1905.

Lire le texte dans Migne, P. G. (édition d'Hefele, 1847), dans les éditions des Pères Apostoliques de Gebhardt-Harnack-Zahn, fasc. II, 1876: — de Funk. I, 1S87: — de Lightfoot, II, 15S5-

(( de lui un autre sénat apostolique ; aux diacres... est (( confié le service de Jésus-Christ. Révérez les diacres « comme Jésus-Christ; révérez pareillement l'évêque a qui est l'image du Père et les prêtres qui sont le sénat « de Dieu et le collège des Apôtres. Sans eux il nV a « pas d'Kglise ^ » Lobéissance à l'évêque est pour lui à la base de la vie chrétienne; il « crie avec la voix « de Dieu : Tenez-vous à lévèque, au collège presby- « téral et aux diacres -. »

Parti d'Antioche et conduit jusqu'à lAsie proconsulaire, il passe par Philadelphie, vient à Sardes, puis à Smyrne où le rejoignent les délégués de plusieurs églises : d'Kphèse, lévèque Onésime, le diacre Burrhus, trois autres chrétiens. Crocus, Euplus, et Fronton; de Magnésie, l'évêque Damas, les prêtres Bassus et Apollonius, le diacre Totion; de Traites, l'évêque Polybe. Son séjour se prolonge à Smyrne : il entre en relations avec l'évêque Polycarpe, avec la pieuse Alcé, l'incomparable Daphnus, Attale, « son bien-aimé », l'épouse d'Epitrope, ses enfants et toute sa maison. De Smyrne, on mène Ignace, comme autrefois Paul, jusqu'à Troas où il s'embarque pour l'Europe, avec le diacre Burrhus : il aborde à Neapolis de Macédoine, passe par Philippes où les chrétiens le reçoivent avec allégresse et sachemine lentement vers Rome avec Zosime et Rufus qui mourront avec lui. C'est à ce moment qu'il écrit à

* TralL, m, 1.

* Philad.. VII, 4.

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