‹ Le christianisme primitifChapitre 38 sur 77 · POLEMIQUES TOUCHANT JE-LS · texte numérisé non relu

POLEMIQUES TOUCHANT JE-LS

habita en lui jusqu'à la passion, mais l'abandonna à ses bourreaux. La Loi garde donc toute sa valeur : il faut maintenir la circoncision, le sabbat, les observances ritveUcs.

Ces croyances communes se prolongent de diverses manières, diversement modelées par les âmes individuelles. Les uns admettent la résurrection de Jésus; les autres pensent que Jésus, délaissé par lesprit de Dieu, ne ressuscitera qu'avec les autres justes, au jour du grand jugement. Quelques-uns vont plus loin encore : la vie de Jésus n"a pas plus de réalité que sa résurrection, Jésus n'est pas réellement né, il na pas réellement bu, mangé, souffert. Jésus n'a jamais eu que V apparence de la chair '.

Les chefs des églises opposent à ces doctrines la doctrine de saint Paul. Apollos — ou l'auteur, quel qu'il soit, de lépître aux Hébreux - — exhorte avec

* Sur ce docétisme dualiste, voir aussi supra p. 08-99. n. — Le Nicolaisme semble avoir été un mouvement populaire parallèle a ce double mouvement doctrinal : les Mcolaïles rejetaient la Loi et pratiquaient la fornication.

- On doit voir en Vépitre aiu: Hébreux, plutôt qu'une lettre, un discours exhortatoire ^13, 22 : 6. 18: 12, 51 destiné à prouver la supériorité de la nouvelle alliance sur l'ancienne. Ce discours se divise en trois parties. On montre d'abord, 1-4, 13. la supériorité personnelle du Fils de Dieu dernier interprète de Dieu, reflet de sa gloire, qui remporte infiniment sur les Anges et sur Moïse : c'est pourquoi il faut s'attacher à ce qu'on a entendu, ne pas endurcir son cœur, ne pas se détacher du Dieu vivant. — On montre ensuite, 4. 14-10, 18, la supériorité sacerdotale du Fils de Dieu : Jésus est le grand prêtre parfait, selon l'ordre de Melchisédech, parce que le sacerdoce de Melchisédech est supérieur au sacerdoce lévitique, et parce que l'œuvre du Christ est supé-

éloquence les âmes troublées : quelles tiennent à la Nouvelle Alliance avec confiance et avec foi ; elle est

rieure à l'œuvre du grand prêtre lévilique [son sanctuaire est céleste, son alliance supérieure, la purification qu'il procure est parfaite : le sacrifice de sa mort nous a sauvés, tandis que la Loi était impuissante à nous sanctifier]. — Enfin, 10, 19-13, 23, on résume et on condense toutes les exhortations mêlées aux développements précédents : « Ayant donc, frères, l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire dans le sang de Jésus, accès qu'il nous a ouvert comme une voie nouvelle et vivante à travers le voile, c'est-à-dire à travers sa chair, ayant pour nous un grand prêtre établi sur la maison de Dieu, approchons-nous d'un cœur vrai dans la pleine persuasion de la foi, le cœur purifié de mauvaise conscience et le corps lavé d'une eau pure. Retenons d'une manière inébranlable la confession de l'espérance — car il est fidèle celui qui a fait la promesse... Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il... subsiste une attente effrayante du jugement et un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles...; c'est une chose terrible de tomber dans les mains du Dieu vivant » ; donc, persévérance, courage et vigilance.

La langue de ce texte prouve qu'il n'a pas été écrit par saint Paul. On y relève 292 mots que n'a jamais employés Paul [130 surtout sont très significatifs]; les conjonctions ou prépopositions familières à saint Paul ne s'y lisent jamais y'-.i, £■' t-.;], ou quasi jamais [iiv. -îh;, el [xr,, e\ xal] ; oOsv, Hv-cO, /.a'j'oTov qui se lisent dans Heb., 6 fois, 3 fois, 3 fois, ne se rencontrent jamais dans saint Paul; etc.. Quant au style de Heb., il diffère autant qu'il est possible du style de Paul : l'épître aux Hébreux est un morceau de rhétorique grecque raffiné « en ce qui regarde la composition des mots et des sentences » [Blass : Gramm. des neiit. Griech.^ Gôttingen, 1896, 274. — Jacquier, I, 466]. « Paul, au contraire, ne prend pas la peine qui est requise pour un style aussi soigné; aussi, malgré toute son éloquence, les périodes artistiques ne se rencontrent pas dans ses écrits... L'épitre aux Hébreux est le seul écrit du N. T. qui, dans la structure des sentences et du style, montre le soin et l'habileté d'un écrivain artiste, et le seul où soient évités les hiatus qui n'étaient pas admis dans la bonne prose classique. » Ainsi on a, 12, 7, 7:a'.o£j£'. T.y.'r'^p, sans l'article »... Etudier à ce point de vue 1, 14; 2, 2-4, 14-18 et surtout 11-12, 3. — Cette conclusion est du reste conforme à l'attitude hésitante de la tradition chré-

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