‹ Le christianisme primitifChapitre 44 sur 77 · ET LE JUDAÏSME · texte numérisé non relu

ET LE JUDAÏSME

gloritiés parmi les justes ^ Du moment que la vie religieuse absorbait la vie nationale des Juifs, l'ennemi de lahvé se transformait en méchant et en impie : l'opposition se dessinait peu à peu entre le monde, le vainqueur d'aujourd'hui, et Dieu, le vainqueur de demain. Toutes ces idées sont sous-jacentes dans le quatrième Kvangile : la lumière luit dans le monde, le monde lui résiste, mais tinalement le monde est vaincu. Ces idées se développent magnifiquement dans ï Apocalypse rédigée par Jean à Patmos au moment où Domitien renouvelle les fureurs de Néron ^ Saint Jean raconte les visions qu'il a eues alin de ranimer le courage de ses frères par la description des espérances chrétiennes : elles ont naturellement pris forme dans les symboles avec lesquels la connaissance des anciens Prophètes et de la tradition apocalyptique l'a familiarisé dans sa jeunesse ; peut-être même a-t-il sous les yeux un texte antérieur, rédigé peu après les massacres de 64. S'il parle en prophète chrétien, entièrement détaché du Judaïsme par l'amour de Jésus, on voit à tout instant qu'il est né dans le Judaïsme et versé dans la science juive \

* Cf. tome II, p. 88 et tome I, p. 249.

- Cf. supra p. 80-90.

^ « Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée, pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt, et qu'il a signifiée, par l'envoi de son ange, à son serviteur Jean, lequel atteste, comme la parole de Dieu et le témoignage de Jésus- Christ, tout ce qu'il a vu » : ainsi débute une des dernières apocalypses, l'Apocalypse de Jean. Elle est dédiée aux sept églises

Jean connaît les traditions « haggadiques » ; à plus forte raison connaît-il la Bible. On distingue sans peine

(lASie, Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sarcles, Philadelphie, Laodicée. Un dimanche, à Patmos. Jean fut ravi en esprit : une voix lui dit d'écrire : se retournant, il vit « sept chandeliers d'or, et, au milieu des chandeliers, comme un fils d homme, vêtu d'une tunique et la poitrine entourée d'une ceinture d'or: sa tète et ses cheveux étaient blancs comme de la laine..., ses yeux comme une flamme de feu, ses pieds comme d'orichalque embrasé dans une fournaise et sa voix comme un bruit de grandes eaux : il avait dans sa main droite sept étoiles, de sa bouche sortait une épée aiguë à double tranchant et sa face était comme le soleil lorsqu'il apparaît dans sa force. Quand je le \is, je tombai mort à ses pieds »: mais il me rassura et me dit d'écrire ce que je verrais : les sept étoiles sont les anges des sept églises, les sept chandeliers sont les sept églises. Cinq parties : — I. Les sept lettres [2-3] aux sept églises : fermeté contre la persécution, à l'exemple du martyr Antipas de Pergame: vigilance contre l'hérésie (nicolaïsme). II. Les sept sceaux [4-7]. Dieu est adoré sur son trône par '2i vieillards et 4 animaux fantastiques (lion, veau, homme, aiglei; le livre qu'il tient est fermé de sept sceaux que fait sauter un Agneau divin, dont la cour céleste chante la gloire : chaque sceau qui s'ouvre déclanche une vision : visions de guerre et de famine, vision des martyrs qui crient vengeance et désordre de luni\ers annonrant la colère de Dieu; désignation des 144.000 élus par un ange tandis que menacent les vents destructeurs. III. Les sept trompettes '8-9]. Tandis que s'ouvre le septième sceau, et qu'un surprenant silence s'établit, et qu'un ange jette à terre un encensoir d'or, sept anges reçoivent des trompettes : chaque sonnerie est suivie d'un fléau qui ravage la terre, la mer, les fleuves, le firmament, les hommes eu.x-mémes isauterelles, cavaliers). IV. Le triomphe du Christ '10-14J. Après la sixième sonnerie et le sixième fléau. Jean entre en scène : Dieu lui fait a\ aler le Uvre qu'ouvrait l'Agneau: Dieu lui prédit le ravage de la viUe sainte par les nations pendant quarante-deux mois, et le martyre de ses deux prophètes par la Bête qui monte de labime. Mais ils ressuscitent. L'enfant qu'une femme met au monde est sauvé du Dragon par Michel et ses anges. Si un monstre à sept tètes et dix cornes, si un Agneau impie blasphèment Dieu, tuent ses saints, s'attirent les adorations des hommes, voici venir leur vainqueur : sur la montagne de Sion, apparaît

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