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prières ; le riche assistera le pauvre de son argent. Comme la vigne s'appuie sur l'ormeau , échappe grâce à lui à la pourriture et à la sécheresse et produit des fruits savoureux, ainsi doivent s'associer par la volonté du Seigneur celui qui est pauvre à son égard et celui qui est pauvre au regard du monde. La communauté des agapes et des cimetières, la commune accession de tous aux ministères , au baptême , à l'Eucharistie, expriment et raffermissent la solidarité, l'égalité et la fraternité que la volonté du Père a établies parmi ses enfants.
C'est toujours le baptême qui leur confère, c'est toujours l'Eucharistie qui entretient en eux la vie divine. Le baptême consiste dans une infusion ou une immersion; les fêtes baptismales qui durent huit jours mettent linàune période préparatoire d'instruction et dépreuve*;
' Rogers : Studia biblica et ecclesiastica, V, 4. 1903. Oxford, et article Baptême, dans Cabrol, t. II. Le baptême est indispensable à qui veut être sauvé [Simil., IX, 16, 3-7] et ressusciter à la vie : il imprime dans l'àme le sceau du Fils de Dieu, jcppa-;"';, qu'il faut conserver intact [ici.: II Clém., Cor. y 7, 6]. Normalement, c'est 1 evêque qui confère le baptême, au jour de Pâques : en cas de nécessité, un laïc même peut baptiser imais non la femme, pense Tertullien) . L'usage s'établit, malgré certains[Tertullien], de baptiser les enfants; mais, normalement, le futur baptisé est examiné par l'évêque, confesse la foi, renonce publiquement à Satan, avoue les trois Personnes de la Trinité, reçoit la triple immersion (ou infusion) , mange du lait et du miel. [Canons d'Hippolyte, 29, 102, 108, 122, 144. — d'Alès: Théologie de Tertullien, 335].
On faisait apprendre par cœur le credo aux chrétiens. Il est certain que le Credo n'a pas été formulé par les Apôtres, bien que Rufin l'assure [Co?72???e;î^ in syrnb. app., P. L., 21, 337]: saint Ignace et l'auteur de la Doctrine des Douze l'ignorent. Mais il est certain qu'il existe dans la seconde moitié du second siècle :
ceux qui veulent se faire initier doivent, en effet, commencer par se faire instruire des vérités du salut. — L'Eucharistie se sépare de l'agape; elle n'est donnée qu'aux fidèles qui conforment leur vie aux enseignements du Christ. L'assemblée des frères se réunit le plus souvent dans la matinée du dimanche. « Le jour a qu'on appelle le jour du soleil, dit saint Justin, tous c( ceux qui habitent les villes ou les champs se réunis- « sent en un même lieu. On lit, autant que le temps le « permet, les mémoires des Apôtres et les écrits des
Irénée l'atteste; peut-être même [Biirn] a-t-il été rédigé à Rome vers 100-123. Toute modification à la lettre du texte était difficile, non impossible : à la fin du second siècle, on supprime le mot unum devant Deiim, en raison des monarchiens ; du iii^ au vii« siècle, les variantes se multiplieront et donneront naissance au texte actuel, sans modifier toutefois le nombre des articles primitifs. Le credo romain primitif était sans doute un bref développement de la formule baptismale de Mt. [Burn, 20-25] 18, 19, c'est-à-dire qu'il confessait la Trinité [voir Actes, 19. ? et 8, 37] . On a restitué ainsi le credo romain du second siècle :
-la-eju) zli; £va OîÔv rav-oxpa-opa xai cU 'It^joùv ypi^s-zh^t tÔv "jIÔv a-j-oO tÔv xjpto/ r^uLwv, -:ôv YîvvT,6iv:a èx zapOivo'j, tÔvIt:' novT'O'jIT'.ÂiTO'j TTa'jpwOivTa.Tf, -rp'-rri "^.iJLip? àvaj-:avTa £x vîxptôv, àvaîîavTa tX:, "Zo-j^ oupavojç, xaOr^iasvov £v ôsHtà 'où r.cfzpo^ , oBev 'ip/t'a: xpTvat ^wv-a; xa: vîxpoù^, xal tU 'o '/TvEÙjjia aviov.
Voir Hahn : Bibliothek der Symbole und Glauhensregeln der alten Kirche, 2» éd., 1897, Breslau ; Kattenbusch : Dos apostolischeSymboL, 2 vol., 1894-1900; Burn : At^ introduction to the creeds and to the te Deum, London, 1899: Caspari : Ungedruckte, unbeachiete und wenig beachtete Quellen zur Geschichte des Taufsymbols und der Glaubensregel, 3 vol., 1866-1875, Christiania; Alte und neue Qellen zur..., Christiania. 1879 ; Harnack dans Herzog-Hauck (article Apostolisches Symbol) ; Batiffol dans Vacant-Mangenot (art. [Symbole des] Apôtresi; Yacandard: Etudes de critique et d'histoire religieuse, 1905. p. 1.
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« Prophètes. Puis le lecteur s'arrête et le président (( prend la parole pour faire une exhortation et inviter c( à suivre les beaux exemples qui viennent d'être cités. (( Tous se lèvent et nous prions ensemble à haute « voix. Enfin, comme nous lavons décrit, la prière étant (( terminée, on apporte du pain, du vin et de l'eau; le (( président prie et rend grâces aussi longtemps qu'il {( peut; le peuple répond par l'acclamation Amen. On « distribue à chacun sa part des aliments consacrés et « l'on envoie la leur aux absents par le ministère des c( diacres ^ « Parfois l'homélie est suivie du chant des
' Première apologie, 67. 3-5. Pauligny, p. 142. — Un peu avant, saint Justin décrit un baptême. « Après avoir lavé celui qui croit et s'est adjoint à nous, nous le conduisons dans le lieu où sont assemblés ceux que nous appelons nos frères. Nous faisons avec ferveur des prières communes pour nous, pour l'illuminé, pour tous les autres, en quelque lieu qu'ils soient, afin d'obtenir, avec la connaissance de la vérité, la grâce de pratiquer la vertu et de garder les commandements et de mériter ainsi le salut éternel. Quand les prières sont terminées, nous nous donnons le baiser de paix. Ensuite on apporte à celui qui préside l'assemblée des frères du pain et une coupe deauet devin trempé... Nous appelons cet Rlimeni Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s'il ne croit à la vérité de notre doctrine, s'il n'a reçu le bain pour la rémission des péchés et la régénération, et s'il ne vit selon les préceptes du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain commun et une boisson commune. De même que par la vertu du Verbe de Dieu. Jésus- Christ notre sauveur a pris chair et sang pour notre salut, ainsi l'aliment consacré par la prière formée des paroles du Christ, cet aliment qui doit nourrir par assimilation notre sang et nos chairs, est la chair et le sang de Jésus incarné : telle est notre doctrine. Les apôtres, dans leurs Mémoires, qu'on appelle évangiles, nous rapportent que Jésus leur fit ces recommandations : il prit du pain, et ayant rendu grâces, il leur dit : a Faites ceci en mémoire de moi : ceci est mon corps. » Il prit de même le
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psaumes; parfois aussi, après la prière et avant lEucharistie, les frères se donnent le baiser de paix. —
calice, et ayant rendu grâces, il leur dit : « Ceci est mon sang. » Et il les leur donna à eux seuls. Les mauvais démons ont imité celte institution dans les mystères de Mithra... Après cela, dans la suite, nous renouvelons le souvenir de ces choses entre nous [I Apol., 65-66. — Pautigny, 139-143].
Le réalisme de la croyance eucharistique, tel qu'il apparaît dans ce passage do saint Justin, est très commun au second siècle : partout on croit à la réalité de la chair et du sang du Christ dans le pain et dans le vin : partout on admet que cette réalité a pour cause finale le salut des hommes, pour cause efficiente la parole de Dieu. [On rapproche ce miracle de cet autre miracle qu'est la conception virginale de Jésus: maison ne spécule pas sur le comment du miracle]. — Il faut ajouter que l'eucharistie est considérée comme un sacrifice, un sacrifice parfait, qui semble apparaître tantôt comme un sacrifice d'expiation (saint Justin), tantôt comme un sacrifice d'oblation (saint Irénée).
Voir Batiffol : Etudes d'histoire et de théolotjie positive. II. 1905, 137-178 ; d'Alès : Théolofjie de Tet tullien, '\Wo, 3oo-370 et 308-314 : Berning : Die Einsetzaiif/ der heil. Eucharistie in ihren ursprUglichen Form. 1901. Munster: Renz : Geschichte des Messopfer-Beyriffs. Freising. -1 vol. 1901-1902; Hoffmann. Das Abendmahl im l'rchristentum. Berhn. 1903: Gœtz : Die Abendmahlsfrage in ihrer geschichtlichen Entwick'ung. Leipzig. 1904 (voir tome II, p. 188-191 n.).
Quels sont au second siècle, indépendamment du baptême et de l'eucharistie (et de la pénitence, sur laquelle infra'^ les rites employés par les chrétiens?
L'initiation que reçoit le fidèle au baptême, est complétée par l'imposition des mains ila confirmation d'aujourdhuii. qui confère lEsprit-Saint [Actes 2, 38 . 8. 14, 19, Tertullien : De bapt. 7 ; De resurr. carn. 8].
Le mariage — dont l'Église, et Tertullien même, maintiennent la licéité et la sainteté, à rencontre de l'ascétisme dualiste des gnostiques, à la suite de Jésus [Me. 10,2-12; Mt. 19. IJ et de Paul[I. Cor. 7] —paraît solidaire de rites ecclésiastiques (Tertullien : Ad uxorem, 2. 9; De monog. 11].
Le sacerdoce hiérarchique, dont nous avons vu l'origine p. 61-73 [et dont saint Clément affirme l'origine divine 42, 4], est attaqué