‹ Le christianisme primitifChapitre 57 sur 77 · SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

SES OUVRAGES

nue des églises serait plus efficace que les dialogues de Platon sur les âmes qu'il faut conquérir. — Tout concourt donc à faire sortir de la foi une science nouvelle ; au point que le grand œuvre fut peut-être tenté de plusieurs côtés à la fois au temps de Marc-Aurèle : qui sait si Apollinaire de Hiérapolis ou Méliton de Sardes n'ont pas directement frayé la route à Irénée ? Irénée \ du moins, est un de leurs compatriotes. Né

un contemporain d'Irénée. Sur Hermias, voir d. Pauli ; Die Irrisio des H. 1907, Paderborn.

' Irénée a dû naître vers 123 [lettre à Florinus, Eusèbe, V, 20: et III, 3, 4, P. G., 7, 852] : il a connu Polycarpe h tt, TtpùJTr, Y,aà>v -fjX'.xia ; et V, 30, 3, P. G., 7, 1207 : il place sa naissance vers le temps où parait l'Apocalypse de Jean. — Irénée n'a été jjroprement, semble-t-il, le disciple de personne : mais il a fré- (|uenté saint Polycarpe, le propre disciple de saint Jean lapôtre, P. G., 7, 1228 ; il a fréquenté encore un presbytre anti-gnoslique dont il nous tait le nom, IV, 27-32; il a fréquenté encore d'autres presbytres non moins inconnus. I, 13, 3 ; III. 17, 4 : IIL 23, 3, etc.. ; il a beaucoup lu le livre de Papias, II. 22, 5 : V, 5, 1; V, 30, 1, etc., qui consignait fidèlement les traditions des presbytres. souvent bien cocasses [voir supra p. 180 n.]. Il a inOniment lu les Ecritures, mais surtout saint Matthieu, saint Paul et saint Jean. Il connaît les auteurs grecs, peut-être par un manuel; il connaît les philosophes grecs, mais il s'en méfie grandement: la philosophie lui paraît solidaire de la Gnose [voir notre histoire de saint Ire'née Paris, Lecoffre, p. 62 et 119]. Certains historiens semblent croire que ce grand docteur est un imbécile « gobant » toutes les bourdes : ceux qui l'ont lu, et qui mesurent l'étendue de son influence sur Hippolyte, sur TerluUien, sur les Gnostiques ne « goberont » pas cette plaisanterie. L'âme d'Irénée est beaucoup moins connue que son esprit : sans doute a-t-il mérité son nom pacifique (voir les épisodes connus de son histoire) ; c'est lui qui disait un jour cette parole exquise et profonde : « il n'y a |)as de Dieu sans bonté. Deus non est cui bonitas desit » [III, 23, 3].

Des nombreux livres de théologie écrits par Irénée, deux seulement ont survécu. Lun a été découvert en décembre 1904, à Sainte-Marie d'Erivan, par l'archimandrite Karapet : c'est

comme eux en Asie, à Smyrne ou dans les environs, il est formé par ces évoques qui ont été instruits par les disciples immédiats des Apôtres, et parfois par les Apôtres eux-mêmes. Cette éducation particulière dlrénée, dans un milieu où pullulent les souvenirs de la génération des Anciens, l'induira naturellement à accorder une valeur de premier ordre à la tradition consignée dans ces souvenirs ; d'autant que Papias n'usait pas d'autre méthode et s'attachait surtout à recueillir ce que les Anciens avaient dit. Mais Irénée, en s'initiant à l'histoire chrétienne, ne négligea pas la science grecque ; il se familiarisa avec les poètes et les philosophes d'Athènes; TerlulHen le qualifiait un jour

V'E-lov.;:; -zo-j àTtojtoÀ'.xoù XT,pjY!Jta-:o^LEiisèbe, V, 26] adressée à un certain Marcianos ; le texte retrouvé n'est pas, du reste, le texte original, c'est une version arménienne, qu'on vient de traduire en allemand. Voici le titre de l'édition et traduction princeps : Des heiligen Irenâùs Schrift zum Evweise der apostolischen Verkundigung £i; è-'!o£:'.;'.v toj à-ojToÀ-.xoù xr^pjvtxa-o; in armenischer Version entdeckt, herausgegeben und in deutsche iibersetzt von Lie. Dr. Karapet Ter-Mckerttschian und Lie. Dr. Erwand Ter-Minassiantz mit einem Nachwort und Anmerckungen von Adolf Harnack, Leipzig, Hinrichs, 1907. Irénée se propose de raffermir la foi de son ami Marcien en lui montrant « tous les membres du corps de la vérité ». D'abord il faut garder intacte la règle de foi telle que l'ont livrée les Anciens, disciples des Apôtres, telle qu'elle nous montre le Père, unique Dieu, créateur des choses, et son Verbe, le Christ .îésus N.-S. qui s'e^t incarné pour unir intimement l'homme à Dieu, et l'Esprit-Saint qui a jadis inspiré les Prophètes et qui maintenant a renouvelé l'humanité : l'Esprit révèle le Verbe comme le Verbe conduit au Père ; le Verbe glorifie le Père, l'Esprit rend sept espèces d'hommages au Verbe. Voilà le Dieu suprême qu'entourent les anges (les sept cieux [voir les sept Eons des Gnostiques] et qui est le Dieu Unique, le Dieu de tous.— L'homme a été créé à l'image de Dieu parce qu'il a été créé roi du monde, et réciproquement:

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