III
Tocéan. La vie de Dieu, la vie dans le monde restent mystérieuses pour nous ; la science parfaite n'est pas pour nous. Répétons donc avec saint Paul : « Scientia in/lat, charitas autem œdificat. «
Mais, s'il y a une face du monde créé tout entière tournée vers Dieu, il s'y trouve pourtant des choses qui tombent dans le domaine de notre science. Il est même certaines parties du monde céleste auxquelles nous avons accès : grâce à la bonté de Dieu, l'honune apprend peu à peu du Verbe ce qua disposé le Créateur. Et, si Irénée ne s'occupe pas de la science du monde créé, et ne construit pas une théorie philosophique de la connaissance, il montre du moins comment la science humaine des choses divines peut se fonder sur l'Écriture. L'Écriture rapporte les propres paroles du Verbe et de l'Esprit de Dieu S elle contient certaines choses claires à côté de beaucoup d'obscurités. Parmi les récits qu'elle nous fait, il en est qui sont des paraboles et des allégories et qu'il est donc possible d'interpréter de diverses manières. C'est pourquoi une 'autorité est nécessaire qui choisisse parmi ces interprétations différentes ; d'autant que, les paraboles mises à part, il y a des passages dont il n'est pas facile de discerner le sens. L'É-
* Il cite comme Ecriture Baruch sous le nom de Jérémie, la Sagesse et Daniel : il admettait en outre le canon hébreu. Il admet les Quatre Evangiles, les Actes des Apôtres, les treize Epîtres de saint Paul (rEpître à Philémon seule n'est pas expressément citée), la première Epitre de Pierre, les trois Epitres de Jean, l'Apocalypse. — Noter qu'il rejette complètement l'Epitre aux Hébreux et qu'il admet le Pasteur d'Hermas.