‹ Le christianisme primitifChapitre 67 sur 77 · LE CANON BIBLIQUE · texte numérisé non relu

LE CANON BIBLIQUE

leur apparition comme l'œuvre du Saint-Esprit ; jamais on ne les a traités comme des écrits ordinaires. Puis, à mesure que, pour ainsi parler, l'impression actuelle de leur publication s'efface et que le prestige de leur origine apostolique demeure seul pour les recommander, l'égalité entre les sources anciennes et récentes de la Révélation s'introduit dans le langage comme elle s'est établie d'abord dans la pratique ; la tendance naturelle et irréfléchie qui induisait les premiers chrétiens à réserver aux plus anciennes des témoignages particuliers de vénération s'atténue au point de ne laisser bientôt aucune trace dans la tradition postérieure : saint Irénée attribue explicitement aux livres du Nouveau Testament la même autorité qu'à ceux de l'Ancien. La tentative de Marc ion afin de briser le lien qui rattache les deux Alliances a conduit l'Église à prendre une conscience plus claire du rapport étroit qui unit les deux parties de la Bible : Tertullien attribue le nom dÉcritures, Écritures divines. Écritures saintes aux Évangiles canoniques et aux Epîtres de saint Paul. La Bible est désormais pour les chrétiens un tout homogène, concordant et infaillible, dans ses différentes parties, parce qu'elle est l'œuvre d'un seul et môme Esprit. Quand on en veut distinguer et décrire les deux grandes sections, on met la Loi et les Prophètes en regard du Christ et des Apôtres (Irénée et Tertullien), ou bien encore on oppose les Prophètes aux Apôtres ou la Loi à l'Évangile; l'usage du mot Testament commence même à prévaloir au temps

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de Terlullioli ^ cl à désigner les deux parties du Livre sacré-.

Le développement de la vie chrétienne se marque encore d'autre manière : on s'occupe de divers côtés à lui tracer des règles. En Egypte, au début du m* siècle, on remanie la Doctrine des Douze : on y ajoute une seconde partie contenant des décisions de droit; les pouvoirs des ecclésiastiques sont soigneusement définis. Ces prescriptions sont placées sous rautorité des Apôtres auxquels elles prétendent remonter; elles s'intitulent les Canons ecclésiastiques des saints Apôtres \

* Terlullien le regrelte. Il préfère le mot Inslrumenlum.

* Le contenu du Nouveau Testament n'est pas déterminé dans toute son étendue : certaines églises ne reçoivent pas lÉpître aux Hébreux, la seconde Épitre de Pierre^ l'Epitre de Jude, lÉpltre de Jacques, l'ÉpHre de Barnabe, lEpitre de Clément, la Doctrine des douze apôtres, le Pasteur dllermas. — Toutes les églises reçoivent les Quatre Évangiles et les Actes, les 13 Épltres de Paul, les Kpilres de Jean et probablement l'Apocalypse. Voir Loisy : Histoire du canon du X. T., Paris, 1891 ; Leipoldt : Geschichte des neut. Kanoiis, I, 1907, Leipzig ; les ouvrages cités de Gregorv et de Zahn : Revue Biblique, 1902, 136, 317; 1903, 5, 226 ; Exposilor, 1908, 127 et the Interpréter, 1908, 138.

On appelle canon de Muratori une description du N. T., découverte et publiée par Muratori en 1740 [Antiquit. italicae, III]: le texte est malheureusement mutilé. Il range le Pasteur parmi les écrits canoniques; il a été rédigé au temps de la crise montaniste et des polémiques sur lApocalypse, vers 180-200. Sa patrie est sans doute Rome. [Voir le texte dans Preuschen : Analecta, 1803, p. 129 ; Zahn : Gesch. neut. Kanons, II; Kuhn : Der muratorische Frarjment, 1892, Zurich.]

^ Le titre complet dans notre unique ms. grec est A'^ o'.a-ava'. ao'.à KÀ-/;!jLîv:o; v,7.\ y.avôvE; sxy.).T,7'.aT":'xo' twv àv-wv à-ocTTÔÀcov [Vindob. hist. grœc, 42]. Le texte, divisé en 30 chapitres, se

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