‹ Le Cid, d'après de nouveaux documentsChapitre 13 sur 24 · XLV1II · texte numérisé non relu

XLV1II

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l'action inconsidérée d Ahmed ibn-Solaimdn ibn-JIoud, quand il chercha à tuer son frère par trahison. Abou-Merwân ibn-Haiyân dit: Dans le mois de Kamadhân de l’année 450 (novembre 1058), nous fûmes informés (à Cordoue) de cet événement. Les deux frères étaient convenus d’avoir une entrevue pour tâcher de faire cesser la guerre. Arrivés tous les deux à l’endroit indiqué, ils se témoignèrent beaucoup d’estime et s’approchèrent l’un de l’autre sans suite et sans armes , comme cela avait été arrêté entre eux pour leur sûreté réciproque. Ils parlèrent de l’objet de leur entrevue ; mais au moment où Yousof y songeait le moins, un cavalier qui venait du côté du camp de son frère, fondit sur lui; il était armé de pied en cap, et la pointe de sa lance jetait des éclairs. Le fait était qu’Ahmed avait intimé l’ordre à un des chevaliers chrétiens et navarrais qu’il avait à son service et auxquels il ee fiait , d’assassiner son frère. Ce chevalier fondit donc sur Yousof au moment où celui-ci parlait avec son frère, et tandis qu’Ahmed poussait des cris, il porta à Yousof trois coups de lance. Mais Yousof avait sous sa tunique une bonne cotte de mailles, que par prudence il portait toujours sous ses habits. Cette armure repoussa la pointe de la lance , et Yousof cria aux siens: — Je suis trahi! — Ils se précipitèrent vers lui et le mirent en sûreté , ses blessures l’empêchant de marcher. Ahmed était retourné en toute hâte vers son camp. Les soldats des deux armées se dirent les plus graves injures, et peu s’en fallut qu’ils n’en vinssent aux mains; mais Ahmed apaisa ceux de son frère en niant à l’instant même toute complicité avec le chrétien; après quoi, l’ayant fait décapiter, il fit porter sa tête au bout d’une lance,

tandis qu’un héraut proclamait son crime. Alors le tumulte cessa, et des deux côtés l’on rentra dans ses foyers; mais les deux Beni-Houd restèrent ennemis comme auparavant.»

Dans un titre du 26 novembre 1058 (cf. Bofarull, Conde» de Barcelona, t. Il, p. 79), Baymond I w de Barcelone promet à Raymond , comte de Cerdagne , qu’il l'aidera à forcer le prince de Saragosse et celui de Lérida à lui payer le tribut qu’ils avaient payé auparavant aux comtes de Cerdagne. Dans une convention entre Ermengaud, comte d’Urgel, et Raymond I er , de l’année 1063 ■ (Marca Hispanica , p. 1125 et suiv., où l’éditeur donne par erreur l’année 1064), le premier promet au second de lui donner la troisième partie des terres qu’il pourrait enlever, soit à Alchagib (al-hâdjib; c’était le titre de Moctadir, ainsi qu’il résulte d’une autre charte ( Marca , p. 1112), où on lit: Alcliagib Dux Cœsaraugust/r), soit à Almudafar. Au rapport d’Ibn-Haiyân (apud Ibn-Bassâm, man. de Gotha, fol. 48 v. — 51 r.), Barbastro fut pris par les chrétiens en 456 (1064, et non 1065, comme on le dit ordinairement), parce que son émir, Tousof ibn- Solaimân ibn-Iioud (c.-à-d. Modhaffar) , avait abandonné à leur sort les habitants de cette ville, qui voulaient se gouverner eux-mêmes; Dans le printemps de l’année suivante (1065), Moctadir, aidé par une troupe de cinq cents cavaliers que lui avait envoyés Motadhid de Séville, reconquit Barbastro , dont les habitants ne l’aimaient pas ; ils lui préféraient son frère. Par un acte du 18 juin 1078 (cf. Diago , Condes de Barcelona, fol. 132 r. et v.), Raymond II de Barcelone promet à son frère Bérenger , qu’il sera pour lui nn ami fidèle et qu’il l’aidera de tout son pouvoir; il lui donne comme otage le roi Almudafar, qui serait obligé à payer à Bérenger

le tribut qu’il avait payé au père des deux princes, Raymond I w . Chez Ibn-Bassâm (man. de Gotha, fol. 9 r.) on trouve une lettre d’Ibn-Tàhir à Modhaffar , seigneur de Le'rida ; elle ne porte point de date. D’après un auteur cité par Ibn-al-Abbâr (dans mes Script. Ar. loci de Abbad . , t. II , p. 104), le célèbre Ibn-Ammâr séjourna pendant quelque temps à Lérida, à la cour «du seigneur de cette ville, Modhaffar Hosâm-ad-daula Abou-Omar Yousof, fils de Solaimân Mostaîn.D Cet auteur ajoute que ce prince était le fils aîné de Mostaîn, et qu’il surpassait son frère Moctadir par sa bravoure et par ses connaissances littéraires.

D'après les Gesta, Modhaffar (l’auteur espagnol le nomme par erreur Adajir) fut emprisonné à Rueda par son frère Moctadir. Or, comme nous avons vu que Modhaffar était encore seigneur de Lérida en juin 1078, et que nous savons que Moctadir mourut en 1081 , il faut admettre que ceci arriva dans une des quatre dernières années du règne de Moctadir.

(Extraits relatifs à l’histoire de Valence.)

Ibn-al-Abbâr, au commencement de son chapitre sur le eâtib Abou-Abdallàh Mohammed ibn-Menvân ibn-Abdalazîz :

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l) Ces voyelles se trouvent dans le man. 2) Le chapitre

auquel Ibn-al-Abbâr renvoie ici , ne se trouve pas dans le manuscrit.

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& ylcS >Jj!j L^JLo «j'iij ^jJLc Je crois devoir préférer le témoignage d’Ibn-Haiyân à celui

d’Jbn-Mozain , car Ibn-Bassâm (man. de Gotha , fol. 10 r. f et man. de M. Gayangos) cite un passage d’Ibn-Haiyân , qui paraît avoir échappé à l’attention d’Ibn-al- Abbâr , mais qui contient la date assez précise de la mort d’Ibn-Âbdalazîz le père, puisqu’il y est dit que la nouvelle de son décès arriva à Cordoue pendant l’un des dix derniers jours de Djomâdâ II 456 (milieu de juin 1064). Voici ce passage: JcJsj

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l) A. porte Voyez sur ce mot (l'un des plus illustres)

.Scrfpt. ^r. /oei de J liai., t. I , p. 183, n. 43. 2) B.

3) A. .MA 4 JL 4) B. Ltl" ^JL î. 5) Je prends le mot 2 Lj dans

le sens de modestie (contentus fuit, satis halmit). B. porte

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