I. VIII
provençale des Actes des Apôtres (V, vs. 1,2), citée dans le Glossaire occitanien (p. 40) , les mots « vendidit agrum et fraudavit de pretio agri ,» sont traduits ainsi : « vendec un camp e bauzec del pretz.» Fierabras , vs. 59, 60:
autras gens lay menet, cuy dami-dieus maldia, los parens Gaynelo, que tostemps fan bauzia.
Comparez Raynouard, Lexique roman , t. II, p. 202, 203.
(Note pour la page 149.)
J’ai suivi ici un historien fort respectable, savoir Ibn-al- Atlnr. D’après une communication de M. Defrémery , cet auteur dit en tête de l’année 485 (12 février 1092 — 31 janvier 1093) (man. 741 suppl. ar. de la Bibl. impér., fol. 59 v.):
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« Récit de la guerre entre les musulmans et les Francs près de Jaën. Dans cette année, Alphonse rassembla ses troupes et fit une incursion dans le pays de Jaën en Andalousie, Les musulmans allèrent à sa rencontre et le combattirent. Le combat fut acharné. D’abord les musulmans prirent la fuite,
mais plus tard Dieu leur donna la victoire sur les Francs. Alors ils les mirent en déroute et en tuèrent un grand nombre. Alphonse n’échappa qu’avec une petite troupe des siens. Cette bataille fut une des plus glorieuses après celle de Zallâca, et les poètes en parlèrent fréquemment dans leurs compositions.» Il est curieux de comparer avec ce récit , sans doute exact , celui des Geata : « Eex autem in eodem loco VI. permansit diebus. Juzeph vero , Eex Moabitarum et Sarracenorum, Eegem Aldefonsum expectare et cum eo pugnare non audens, eiusdem Eegis pavore perterritus, una cum exercitu suo fugit et a partibus illis clam rccessit.» Est-ce ignorance de la part de l’auteur espagnol? ou bien est-ce un manque de bonne foi, est-ce le désir de dissimuler une défaite de l’empereur ?
Sandoval ( Cinco Reyes, fol. 84, col. 4) nous apprend qu’il y a un titre où Doiïa Mayor donne quelques terres au cloître d’Arlanza, afin que Dieu fasse revenir ses fils sains et saufs du pays des Maures , contre lesquels l’armée était en campagne. S’il s’agit ici de l’expédition d’Alphonse, comme je serais porté à le croire , celle-ci eut lieu dans le mois de juin, car le titre en question est du 12 juin 1092.
Peut-être est-il question de la même campagne dans les Anales Toledanos II, où on lit que dans l’année 1092, Alvar Faiïez fut mis en déroute près d’Almodovar del Eio. Il se peut fort bien qu’Alvar Fanez ait commandé une division de l’armée castillane et qu’il ait été battu pendant sa retraite.
Au reste, M. Malo de Molina, qui a publié à Madrid, il y a deux ans, une traduction libre de mon travail sur le Cid, accompagnée de quelques remarques, a eu tort d'identifier cette expédition d’Alphonse avec celle qu’il fit pour ve-
nir au secours de Motamid, roi de Séville. Cette dernière avait eu lieu l’année précédente, car déjà dans le mois de septembre 1091, Séville était tombée au pouvoir des Almoravides.
(Note pour la page 150.)
Kitdb al-ictifd , plus haut, p. xxvxi, xxvni. Ibn-Khaldoun, dans son histoire des rois chrétiens, parle aussi du siège de Valence par Alphonse. Les Gesta gardent le silence à ce sujet, et ce livre, incomplet ici comme ailleurs, ne dit rien qui puisse motiver l’invasion du Cid dans la Kioja. Le même reproche frappe la Cron. gener.; mais il est fort remarquable qu’on trouve dans la Croît, del Cid (chap. 162) le passage suivant: «Ensuite le roi don Alphonse réunit une très-grande armée, assiégea Valence et envoya dire aux châtelains de la province qu’ils eussent à lui donner cinq fois le tribut qu’ils payaient au Cid. Quand le Cid en eut été averti, il fit dire au roi qu’il ne comprenait pas pourquoi Sa Grâce voulait le déshonorer, mais qu’il se tenait assuré que, Dieu aidant, elle reconnaîtrait bientôt qu’elle avait été mal conseillée par son entourage.» Suit le récit de l’invasion de la Kioja d’après les Gesta. J’ignore où la Cronica a puisé ce renseignement, du reste exact. Peut-être y avait-il un ancien document chrétien, aujourd’hui perdu, où il était question du siège de Valence par Alphonse. Ce qui m’engage à le croire, c’est un passage de Sandoval ( Cinco Reges, fol. 91, col. 2), conçu en ces termes: «Après avoir quitté Ubéda, le roi Alphonse marcha contre le roi de Valence, et il attendit la flotte que les Pisans et les Génois avaient promis d’en-