‹ Le Cid, d'après de nouveaux documentsChapitre 17 sur 24 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

d’Olocau, dit-il, peut fort bien être une corruption d 'al-ocâb, V aigle (. iLftJE.ll itij , Peïia al-ocâb , rocher de V aigle) , et d’ail-

leurs l’auteur des Gesta raconte que plus tard le château d’Olocau (qu’il nomme Olokabet ) fut pris par le Cid , et qu’alors celui-ci y trouva de grandes richesses qui avaient appartenu à Gâdir.

Le géographe Dimichkî (man. 464, fol. 169 r.) nomme al-Ocâb parmi les villes de la province de Valence. H

nomme aussi (Morella), (Xerica) et (le

Jubala de la Cronica general, le Cebolla des Gesta), endroits dont il est souvent question dans l’histoire du Cid.

(Note pour la page 156.)

L’auteur du Kitâb al-ictifâ (plus haut, p. xxx) fixe, avec toute raison, le meurtre de Câdir à l’année 485. Rodrigue de Tolède, dans son Historia Araburn (ch. 49), donne la même date quand il dit que Câdir régna pendant sept ans à Valence. «Yahye, dictus Alchadir Bille, postquam Toletum perdiderat, ivit Valentiam, quæ ad suum dominium pertinebat, et annis VII vixit ibidem, et interfccit eum iudex quidam qui Abeniahab dicebatur.» Le mois se trouve indiqué dans la lettre que le Cid adressa à Ibn-Djahhâf et qui se trouve dans la Cron. gen. (fol. 324, col. 4). Le Cid y dit qu’Ibn- Djahhâf a dignement terminé son jeûne en tuant son seigneur. H s’agit ici du jeûne du mois de Ramadhân, de sorte que le meurtre doit avoir eu lieu au commencement du mois de Chauwâl, et le premier Chauwâl de l’année 485 répond au 4 novembre 1092.

l.XIII

(Note pour la page 157.)

«Davan las mugcres grandes alegrias con él,» dit la Cron. gener. Dans la Cron. del Cid (ch. 1 GC) : « davan las mugeres alhuérvolas ,» et cette leçon se trouve peut-être aussi dans les manuscrits de la General. M. Huber (p. xciv) déclare qu’il ne connaît pas ce mot ; il propose de Ere albricias (conjecture bien malheureuse); mais il ajoute qu’il est possible qu ' albue'rvolas soit un mot d’origine arabe, tombé en désuétude.

Cette note a de quoi étonner de la part d’un savant aussi consciencieux et aussi versé dans la langue espagnole que l’est M. Huber. Non-seulement le mot albôrbolas se trouve dans les dictionnaires auciens (Jérôme Victor (1609): albôrbolas , 6 albârbolos de alegrla , cry signifiant ioye; hazer albôrbolas , 6 alborbalear , s'escrier de ioye , faire des cris de ioye) et dans celui de l’Académie espagnole ( albôrbola , allôrbora, arbôrbola) , mais il a encore été employé par Quevedo, et même les Dictionnaires modernes , teh que celui de M. Nunez de Taboada, offrent les mots albuerbola et albôrbola , cri de joie, acclamation *. Du reste, albôrbola est sans doute d’origine arabe, bien qu’il ne dérive nullement d’un mot arabe boôra («que significa enojo y corâge»?) comme le prétendent les académiciens de Madrid. Il faut observer que la deuxième syllabe était anciennement buel et non pas huer

]) D’après M. Malo de Molina, le mot albbrbola est encore en usage à Grenade, où l’on appelle ainsi les cris aigus que l’on pousse dans les chants du carnaval.

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