‹ Le Cid, d'après de nouveaux documentsChapitre 18 sur 24 · I.XIY · texte numérisé non relu

I.XIY

ou lor. On retrouve la forme ancienne chez un poète du XIV 0 siècle, l’Archiprêtre de Hita (copia 872):

Mas valia vuestra albuélvola é vuestro buen solas , Vuestro atombor sonante, los sonetes que fas,

Que toda nuestra fiesta.

(Dans le XV° siècle, le poète Juan de Mena écrivait déjà albtiérbolas). Remarquons à présent que Pierre d’ Al cala tra-

duit alburbolas de alegria par teguelgul ( tebuelvol ) ,

et que Canes (Diccion. Hep. Lat. Arab.) dit que le mot albôrbola (il fait observer qu’il a vieilli) indique ces cris de joie, que les femmes en Asie poussent pendant les noces, ou, après avoir chanté quelque couplet, elles finissent par ces alb&rbolas qu’elles produisent avec la langue, et qui ressemblent au bruit de l’eau quand elle bout. On ne peut donc douter que le mot espagnol en question ne dérive du verbe arabe walicala (JjJ.) , auquel nos Dictionnaires ne donnent d’autre sens qui celui de pousser des gémissements , mais qui signifie aussi pousser des cris d' allégresse. On lit , par exemple, chez Abd-al-wâhid ( Histoire des Almo/iades, p. 211 de

mon édition), à l’occasion d’une fête: zL-Jül *L=» 5

, «les femmes accoururent (auprès du prince) en poussant des cris d’allégresse et en jouant du tambour de basque.» En général tcaltcala signifie pousser les cris lou , lou, lou, lou, comme les femmes arabes ont la coutume de le faire aux jours de fêtes, de noces, de funérailles, et dans d’autres occasions. Voyez Hœst, Nachrichten von Marokos, p. 111; Kennedy, Àlgiers en Tunis in dSl5 , t. I, p. 111; Narrative of a ten years' résidence at Tripoli in Africa , p. 91, 93. Dans cette dernière relation on trouve un passage qui présente presque autant d’analogie avec notre

texte, que celui d’Abd-al-wâhid. Il y est dit (p. 82) que, lorsque l’épouse du Bey et trois autres princesses firent une procession , les meilleures chanteuses entonnèrent les chants de lou, lou, lou.

(Note pour la page 159.)

«Los de tierra de Moya,» dit lé texte espagnol. Il est fort naturel que le rédacteur de la Cron. del Cid n’ait pas compris cela, et qu’il ait sauté la phrase. Il faut lire Moya,

c’est-à-dire, Monya, mot arabe (jG.ix) qui désigne un vaste jardin , Imerta en espagnol, ainsi que je l’ai déjà fait observer ailleurs ( Script . Arah. loci de Abbad., t. I , p. 31 , note 99). Aux exemples que j’ai cités pour prouver que le mot almunia s’est conservé dans plusieurs noms de lieux espagnols on peut ajouter que, dans son testament, de l’année 1090 [apud Diago, Condes de iiarcelona , fol. 137 r.), Ermengaud de Gerp , comte d’Urgel , fait mention de l’ Almunia d’Ablucz (ce nom est altéré), qui lui avait été donnée par Almudafar. Dans le Kitâb al-ictifd (fol. 164 v.) on lit que, dans l’année 503, Alî ibn-Yousof attaqua Tolède, LpL

Lij , «mit le siège devant les portes

de cette ville et prit possession du célèbre jardin qui se trouvé dans son voisinage.» Dans le récit arabe traduit dans la General, il est question de la Monya ou jardin d’Ibn-Abdalazîz. Ibn-KMcân (man. A., 1. 1, p. 117) parle du magnifique jardin d’Aliuanzor ibn-abî-Amir, près de Valence.

Malheureusement ce sens du mot monya manque dans les Dictionnaires, et les orientalistes ont souvent traduit monya pu- désir là où ce mot signifie jardin. Ainsi M. Bernaud

(traduction française de la Géographie d’Aboulfeda , t. II , part. 1 , p. 258) dit que monya Ibn-abî-Amir «paraît signifier, en arabe, le désir d’Ibn-abi-Amir.» Dans un passage d’Ibn- Khâcân, publié par M. Hoogvliet (p. 55), il est question d’un festin nocturne, auquel le prince de Badajoz avait convié

ses amis; Ig s t\s lit M. Hoogvliet, ce

qu’il traduit ainsi (p. 92): jjurigue erant votorum nummi- Avec la meilleure volonté du monde, je n’ai pu réussir à comprendre ces paroles latines; il me semble même que c’est

là un non-sens. Le fait est qu’il faut prononcer L^ . et non 0 e man * Ga. porte ^), et traduire: et les tourterelles des jardins roucoulaient.

(Note pour la page 160.)

Ici (fol. 325 , col. 2) et plus loin on lit dans la Cron. gener.: «los fijos de Aboegib;» ailleurs (fol. 330, col. 2 etc.): «los fijos de Abenagit;» dans la Cron. del Cid : «los fijos de Abenagir. » Quelque leçon qu’on adopte , il n’y pas là de nom propre arabe. J’ai donc cru devoir lire: «los fijos de Abentahir » (plus haut (fol. 320 , col. 3) le nom d’Ibu-Tâhir, comme je l’ai fait remarquer, se trouve altéré de cette manière: Abfnaher). Nous ne connaissons aucune autre famille Valencienne dont le nom se rapproche davantage des leçons fautives des deux chroniques.

(Note pour la page 164.)

Le texte espagnol porte ici Abdenabdis ; plus loin (fol. 335 , col. 1) on lit Abenahadyz , Abenadalhyz (fol. 336, col. 4) et

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