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Femme , une madame de Dauphinasse osa s’asseoir dans un fauteuil à bras , quand madame de Tem-
pesac lui fit l’honneur de la visiter.
Le Mar Q,u i S k faisant V étonné.
Quoi ! elle osa traiter d’égale à égale.
Le Baron.
Je veux un jour vous faire suivre les ramificalions de mon arbre généalogique ; vous serez stupéfait d’y trouver plus de cent vassaux qui valent mieux qu’eux.
Le Marquis.
Je le crois. . . . Un vilain ennobli depuis deux cens ans ; voilà tout ce qu’on rencontre aujourd’hui , portant la tête haute.
La tête haute ! tandis qu’un de mes ancêtres à marché à la première croisade , et que dans ma salle d’armes , je possède encore son baudrier.
Le Marq.uis.
C’est s’encanailler que de condescendre aux usages bourgeois ; tristes sociétés ! qu’y voit- on • Une madame de Pleinsec qui s’est fait nommer dame de charité , pour pouvoir médire plus à son aise.
Le Baron.
Et monsieur l’avocat du roi , son complaisant, très-mince , très-plat , qui étudie le matin ses anecdotes et ses historiettes , et qui se trouve tout dérouté quand sa mémoire est en défaut.
Le Marquis.
Et madame de Lonsel et son grand Directeur....
Le Baron.
Et madame de Verli qui n’ose parler qu’avec un extrême ménagement à sen laquais , quand elle le voit de mauvaise humeur. ... ah ! ah ! ah !
Le M a r q u i s.
Et madame de Pusode qui croit qu’on a oublié qu’elle auroit obtenu un mari par arrêt de la la cour.
Le Baron, à Eraste.
Par arrêt de la cour ! et tu vois toujours
tout cela !... >
Eraste., sortant de sa rêverie.
Je ne vois plus personne. . . . On dit à Paris que la vie de Province est moins dissipée , qu’on y vit plus avec soi-même, et que l’on y peut réfléchir; > que l’intérêt et l’intrigue y régnent moins ; que l’amitié
initié y est plus sincère , on se trompe : les tra- " casseries , les petitesses, les jalousies plus actives qu ailleurs, y épuisent tristement 'les jours.... Puis , l’on se trouve mêlé , à son insçu , dans les plus sots caquets.
Le Baron.
Oh ! j’entends. Eh ! comment as-tu fait ton compte , pour te brouiller subitement avec la moitié de la ville , et soulever 1 autre contre toi?
Fort innocemment , je vous jure. ... Je me suis mis en route pour faire mes visites , et en sortant de chez moi , je suis entré tout naturellement dans la maison la plus voisine p j’ai suivi mon chemin , en m arrêtant a droite et a gauche, et voulant faire politesse a tout le monde', qu’cst-il arrivé? que Ion ma fait un crime irrémissible d’avoir suivi l’ordre du quartier , au lieu de prendre Tordre des qualités. Le président est furieux de ce que j’ai débuté par le receveur des fermes; le lieutenant des eaux et forêts né me pardonne pas d’avoir visité , avarnt lui , le directeur ; l’élu jette les hauts cris de ce que je ne l'ai va qu’après le contrôleur des domaines , et le conseiller me taxe oe n avoir vécu qu'en mauvaise compagnie . parce ma chaise s est d abord arrêtée à la porte du recc-
▼eur au grenier k sel ; c’est un déchaînement uni-* versel , et l’on a balancé x me rendre mes visites.
Le Baron.
Tu ne connois pas aussi la distinction des rangs.
Il auroit fallu circuler avec mes porteurs huit jours de suite , pour accomplir l’ordre qu’on exigeoitde moi. J’ai eu, ma foi, pitié demes porteurs....
Le Baron.
Eh ! tu restes donc avec tes livres ; adieu. . . ne manque pas du moins à venir dîner avec nous au château. . . .
Je n’y manquerai certainement pas.
Vous serez tantôt complice de notre chasse , monsieur le philosophe ; car vous en mangerez. . .
Le Baron.
Adieu ! grand lecteur de fariboles.
Le Marquis.
Laissez-le. ... il en sera bien puni ; son appétit s’égalera pas le nôtre. . . ,