‹ Le cielChapitre 3 sur 91 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

litéy avec le charme d'un roman, ou tout au moins avec cet intérêt si puissant qui s'attache aux récits des voyageurs, à leur retour de contrées inconnues. N'est-ce pas un voyage aussi que celui de l'esprit, parcourant à la suite de la science les régions lointaines des espaces éthérés, et allant d'étape en étape, c'est-à-dire de soleil en soleil, jusqu'aux derniers confins de Tunivers visible? Dans la relation de cette excursion à travers l'infini, le lecteur, il est vrai, ne trouvera point de ces péripéties soudaines, de ces émotions inattendues qui font palpiter notre cœur au souvenir des soufirances éprouvées par un de nos semblables; mais, en revanche, il lui sera donné de contempler le plus sublime de tous les spectacles : la majesté des grands phénomènes, l'inaltérable, Tétemelle harmonie des lois de la nature.

D'ailleurs, quel vaste champ, quiel horizon magnifique le ciel n'ouvre-t-il pas à la plus active des facultés humaines, à rimagination ? Quand notre vue plonge à Taide des plus puissants instruments d'optique dans les profondeurs de l'espace, et découvre, à la place de faibles points lumineux, des globes semblables au nôtre, les uns plus petits, les autres plus grands que lui, mille questions viennent se presser sur nos lèvres. Involontairement, nous nous surprenons à faire en pensée cent voyages plus intéressants, plus étranges, plus merveilleux que ceux dont la scène réelle est sur notre planète.

Partant des données de la science, nous nous mettons à construire les mondes nos voisins : la configuration de leur

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