I. Le 6 novembre (Cosmoi d'Humboldt, t. III, p
descend jusqu'à la quatrième grandeur. Alors son éclat reprend une marche ascendante, et, au bout d'un nouvel intervalle de trois heures et demie, revient à son maximum. Tous ces changements s'effectuent en moins de trois jours, ou plus exactement, en 2 jours, 21 heures, 49 minutes.
Parmi les étoiles variables à longues périodes, on remarque Beteigeuse, l'une des quatre étoiles du grand quadrilatère d'Orion, dont la période est de près de deux cents jours. Il en est une dans le Cygne dont les variations s'effectuent en 406 jours. Trois des sept étoiles du Chariot (Grande-Ourse) varient dans des périodes encore peu connues, mais qui embrassent certainement plusieurs années.
Au nombre des étoiles variables à courtes périodes, Delta de Céphée se distingue par la régularité de ses changements d'éclat qui durent 5 jours, huit heures, 40 secondes, et qu'on observe depuis 1784.
Enfin, il est un grand nombre d'étoiles dont la variabilité est constatée, sans qu'on ait pu encore déterminer leurs périodes, soit parce que ces périodes sont irrégulières, soit parce que leur durée est très-considérable.
Les exemples qui précèdent sufGront, je pense, à donner une idée de l'intérêt qui s'attache à ces phénomènes singuliers dont la cause, bien que soupçoimée, est encore inconnue. La périodicité même des changements observés indique que les variations d'éclat sont sans doute produites par un mouvement de rotation de l'étoile changeante, ou par un mouvement de révolution d'un corps obscur et opaque autour du corps lumineux.
Dans l'hypothèse de la rotation des étoiles variables, il faut admettre que les diverses faces de Tastre sont plus ou moins lumineuses les unes que les autres, que les unes
sont même, dans certains cas^ complètement obscures \ Des taches de grande dimension, analogues aux taches solaires, et envahissant une partie de la surface de ces soleils pendant de longs intervalles de temps , rendraient compte des phénomènes d'une façon satisfaisante.
D'autre part, si l'on imagine que chaque étoile est le foyer des mouvements de corps obscurs semblables à nos planètes, hypothèse qui est loin d'être dénuée de vraisemblance, il doit arriver pour un certain nombre d'entre elles, que les plans des orbites de ces corps secondaires viennent passer dans notre système. Dans ce cas, à chaque révolution, il y aurait éclipse du corps central, éclipse partielle ou totale suivant les dimensions et les distances respectives du satellite obscur et de son soleil. Plusieurs satellites à périodes inégales expliqueraient alors les différentes phases de la variabilité.
Mentionnons enfin une explication de la variabilité de certaines étoiles , qui a été suggérée par ce fait, que, pendant le minimum d'éclat, quelques-uns de ces astres ont paru entourés d'une sorte de brouillard. Dans ce cas, la variabilité serait due à Tinterposition de nébulosités qui voyagent dans l'espace, et qui, n'étant pas lumineuses par elles-mêmes, voileraient ou encore éteindraient tout à fait les étoiles en question.
Peut-être ces diverses hypothèses sont-elles vraies à la fois ; mais on comprend qu'il est, sinon impossible, du moins très-difficile de distinguer le cas où l'on devra adopter Tune quelconque de préférence aux autres.
1 . L'idëe de Maupertuis, que parmi les soleils il en est sans doute dont la forme s'éloigne de la sphère et qui se présentent à nous, en vertu d'un mouvement de rotation, tantôt par la tranche, tantôt de face, ne parait guère d'accord avec les principes de mécanique qui rendent compte de la figure des corps célestes.
Parmi les étoiles variables , on remarque des couples binaires. Telle est Gamma de la Vierge dont nous avons eu Toccasion de citer le mouvement de révolution. Les deux étoiles qui la composent ont chcuigé d'éclat , et la plus brillante est devenue inférieure à l'autre, au bout de quelques années. La variable Alpha de Cassiopée est aussi une étoile double : suivant Struve , il y en a beaucoup d'autres, a Ce qui est surtout d'une haute importance, ajoute cet éminent astronome, c'est qu'on peut conclure, de ce changement de lumière des étoiles doubles, qu'elles se meuvent autour d'un axe de rotation, et que par conséquent, nous avons trouvé une nouvelle analogie entre ces systèmes de plusieurs soleils et notre système plané-' taire. »
Dans l'hypothèse des satellites obscurs, on peut voir que si l'analogie est autre, elle n'est pas moins curieuse.
D'après M. Hind, la couleur d'un grand nombre d'étoiles variables est rouge; mais ce n'est pas là un caractère essentiel, et si Mira est de couleur rouge, la lumière d' Algol est blanche.
A mesure que nous avançons dans l'étude du monde sidéral, l'apparente uniformité des cieux, où le spectateur indifférent ne voit d'abord qu.'une multitude de points lumineux toujours les mêmes, toujours immobiles, fait place au tableau le plus riche et le plus varié. Le nombre des phénomènes dont nous sommes témoins, ne le cède qu'à la grandeur de l'échelle qui en mesure l'étendue ou la durée. Nous avons vu, dans le monde solaire, l'ordre le plus merveilleux présider à la combinaison des mouvements dont sont animés les corps qui le composent, et la simplicité des moyens produire partout les plus étonnantes différences. Dans le monde sidéral, la même harmonie
régil les soleils, dont les changements mêmes, on vient de le. voir, sont soumis à des lois, à des périodes régulières.
Il ne faut pas croire cependant qu'il en soit nécessairement ainsi de tous les phénomènes célestes, et que la régularité soit le signe caractéristique des mouvements ou des transformations des astres. Nous allons décrire des phénomènes qui se présentent au contraire avec tous les indices d'événements extraordinaires , de catastrophes subites, ou, si elles sont graduelles, assez rapides pour que les observateurs en aient pu enregistrer toutes les phases. Ces catastrophes frapperont sans doute notre imagination : mais notre raison ne se croira pas obligée pour cela de considérer de tels faits comme des prodiges, habituée qu'elle est à voir toutes choses infailliblement soumises à des lois : omnia reguntur numéro^ pondère et mensurâ!
Étoiles nouvelles. — Étoile temporaire de 1572. — Étoiles disparues. Explication des phénomènes de ces apparitions et disparitions subites.
« Un soir, raconte Tycho-Brahé, que je considérais, comme à l'ordinaire, la voûte céleste dont l'aspect m'est si familier, je vis avec un étonnement indicible, près du zénith, dans Cassiopée, une étoile radieuse d'une grandeur extraordinaire. Frappé de surprise, je ne savais si j'en devais croire mes yeux. Pour me convaincre qu'il n'y av^it point d'illusion, et pour recueillir le témoignage d'autres personnes, je fis sortir les ouvriers occupés dans mon laboratoire, et je leur demandai ainsi qu'à tous les passants, s'ils voyaient, comme moi, l'étoile qui venait d'apparaître tout à coup. J'appris plus tard qu'en Allemagne des voituriers et d'autres gens du peuple avaient prévenu les astronomes d'une grande apparition dans le ciel, ce qui a fourni l'occasion de renouveler les railleries accoutumées contre les hommes de science ' . »
C'est dans le courant de novembre 1572 qu'eut lieu cette apparition étrange.
L'étoile nouvelle observée par Tycho n'avait aucune