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Cosmos, III, p

des apparences d'une comète : aucune auréole nébuleuse, aucune queue ne l'accompagnait; elle demeura d'ailleurs complètement immobile, au même point du ciel, pendant les dix-sept mois qu'elle fut visible. Elle était extraordioairement scintillante, et tout d'abord son éclat sui-pas- S£Ût celui de Véga, de Sirius, de Jupiter même à sa plus petite distance de la Terre. « On ne pouvait le comparer, dit Tycho, qu'à celui de Vénus, en quadrature. » Aussi resta-t-elle visible le jour, en plein midi, quand le ciel était pur. Mais peu à peu sa lumière diminua d'intensité.

Fig:. I3à. — Étoile nouvelle el temporaire apparue en \b11, dans la constellation de Cassiopée.

En janvier i 573, elle était déjà moins brillante que Jupiter; dès le mois d'avril, elle passa de la première à la seconde grandeur, puis elle décrut rapidement et disparut enfin en mars 1574.

Non-seulement cette étoile extraordinaire fut variable «l'éclat, mais sa couleur même subit des changements rapides : blanche d'abord pendant les deux premiers mois, période de son plus grand éclat, elle passa ensuite au jaune, puis au rouge. Tycho la compare aloi's à Mars, à Beteigeuse d'Orion, et surtout à Aldebaran. Enfin, dès le

printemps de 1573, la couleur rouge reparut et persista jusqu^à la fin.

Plusieurs apparitions semblables avaient eu lieu déjà à des époques plus reculées, dans divers points du ciel; deux d'entre elles notamment, en 945 et en 1264, s'étaient produites entre Céphée et Cassiopée, presque dans la même région que la Pèlerine^ surnom donné à l'étoile de 1572; de sorte qu'on crut quelque temps à l'identité des trois astres. Si cette identité était prouvée, il en faudrait conclure que les étoiles temporaires ne sont autre chose que des étoiles variables périodiques, et toute la différence viendrait de l'inégalité de la durée des périodes et de rintensité des variations.

Depuis l'observation de Tycho-Brahé, plusieurs étoiles temporaires ont été vues dans les constellations du Serpentaire et du Cygne ^; mais la plus brillante de toutes, celle de 1604, le fut moins que l'étoile de 1572 : elle était surtout remarquable par une scintillation très-vive, et finît par disparaître comme la première, sans laisser de traces.

Parmi les étoiles nouvellement apparues, on en cite qui, après avoir varié d'éclat, sont restées visibles en conservant d'une façon permanente leur dernière intensité.

Enfin des étoiles, dont la première apparition n'avait point été constatée, ont disparu.

De là, les dénominations d'étoiles temporaires j d'étoiles nouvelles et d'étoiles perdues données à ces trois genres d'étoiles.

A quelles causes rattacher ces phénomènes vraiment

1 . La plupart des étoiles nouvelles ou temporaires se sont montrées à l'intérieur ou dans le voisinage de ia Voie Lactée. Tycho en concluait fp^ ces astres s'étaient formés aux dépens de la matière de cette grande nébulosité y opinion inadmissible, depuis qu'on sait que la Voie Lactée est tout entière composée d'étoiles distinctes.

extraordinaires? Si ce sont des étoiles variables, comment expliquer ces brusques changements d'intensité, ces apparitions presque subites d'astres qui, du premier coup, atteignent leur plus grand éclat?

On a cherché à s'en rendre compte en supposant des mouvements très-rapides; mais, de toutes les hypothèses, c'est évidemment la plus invraisemblable. Arago examinant cette question du mouvement*, démontre que pour passer de la première à la seconde grandeur par un simple changement de distance, il faudrait six ans à une étoile qui se déplacerait avec la vitesse de la lumière, en parcourant 300 000 kilomètres par seconde. Or l'étoile de 1572 a subi en un mois une pareille variation. Il faudrait donc supposer une vitesse 72 fois plus grande, c'est-à-dire deux cent mille fois supérieure à la vitesse du plus rapide des mouvements d'étoiles connus.

D'un autre côté, si l'on explique ces phénomènes par d'immenses incendies, des conflagrations subites survenues à la surface d'astres jusqu'alors obscurs, par des extinctions progressives amenant la décroissance d'éclat puis la disparition, de telles catastrophes sont bien faites pour frapper notre imagination et détruire cette idée si ancienne de l'immuabilité des cieux. Peut-être les forces électriques et magnétiques jouent-elles un rôle dans la production de ces gigantesques coups de théâtre. Humboldt semble pencher vers cette idée. Il proteste contre l'hypothèse d'une destruction, d'une combustion réelle des étoiles devenues invisibles, ce Ce que nous ne voyons plus, dit-il, n*a pas nécessairement disparu.... L'éternel jeu des créations et des destruotions apparentes ne conclut point à un anéantissement de la matière; c'est une pure transition vers de

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