STRUCTURE DE L'UNIVERS VISIBLE
Sirius, le grand télescope herschélien de 40 pieds de foyer la ferait voir encore comme une nébuleuse non résoluble.
Il est donc infiniment probable que, dans le nombre considérable des nébuleuses disséminées en dehors de la Voie Lactée dans les profondeurs du ciel, et indécomposables en étoiles, beaucoup sont aussi éloignées que celle dont il vient d'être question. Plusieurs sans doute le sont beaucoup plus encore. Or, pour arriver jusqu'à nous, les rayons de lumière partis des agglomérations d'étoiles situés à une telle distance ont dû mettre plus de sept cent mille années. Quand on réfléchit à l'immensité de ces durées qui embrassent des milliers de siècles, à la vitesse foudroyante du mouvement lumineux au sein de l'éther, la pensée reste confondue en présence de tels abîmes, dont l'étendue mesure, non pas certes les dimensions de l'univers — elles sont inexprimables — mais celles de la portion de l'univers qui nous environne et dont l'astronomie a étudié la structure .
Nous pouvons maintenant nous représenter l'univers même dans son majestueux ensemble.
Dans les profondeurs de l'espace sans bornes, existent de nombreuses agglomérations d'étoiles, qui sont comme les archipels de cet océan indéfini. Chacune de ces voies lactées est elle-même formée d'une multitude d'amas, où les soleils se groupent comme en autant de systèmes, dont la condensation est plus prononcée que dans l'ensemble de la nébuleuse.
Les soleils sont les individus de ces associations de mondes. Mais là encore se retrouve la tendance au groupement ; et les étoiles doubles et multiples nous font voir des systèmes plus simples de deux ou trois soleils gravitant les uns autour des autres.
Là se bornerait ce qu'on peut savoir de la structure de
l'univers , si nous ne faisions nous-mème partie d'un des plus simples de ces mondes solaires, si l'étude du système * planétaire et de son organisation variée ne nous apprenait quel rôle peut jouer l'un de ces millions de corps célestes, qui se meuvent dans l'espace en projetant au loin leurs rayons de chaleur et de lumière.
Chacun de ces groupes élémentaires peut lui-même se subdiviser en groupes plus petits, en systèmes de corps qui gravitent autour d'un corps central^ offrant le spectacle toujours merveilleux d'un monde en miniature. Qui sait d'ailleurs ce que nous révélerait l'étude de chacun des soleils qui peuplent l'étendue, s'il nous était donné de pénétrer dans la sphère de leur action et d'observer les phénomènes dont cette sphère est le théâtre? Mais, si Timagination a le droit de former sur ce sujet toutes les conjectures, il n'en est pas de même de la science, dont la méthode sévère rejette, sans les condamner, les hypothèses qui n'ont point pour base les faits, l'observation et les conséquences tirées des faits par un raisonnement rigoureux.
Ici se termine la partie purement descriptive de notre tâche, celle qui avait pour objet de donner un tableau des phénomènes du ciel, d'après les connaissances astronomiques actuelles. Je ne sais si je me trompe, mais j'espère que plus d'un lecteur voudra pénétrer un peu plus avant, et ne sera point fâché de comprendre, autant qu'il est possible sans préparation scientifique préalable, les lois qui régissent les mouvements célestes et rendent raison des phénomènes les plus complexes. Lois simples et sublimes, dont la conquête est pour les savants qui les ont trouvées et pour la raison humaine, un éternel honneur I