RECOURS EN GRACE
Je vous demande, mon amie, De me pardonner noblement.
En votre indulgence infinie.
Les élans d'un cœur trop aimant.
Malgré qu'il n'ait rien fait connaître De l'émoi dont il a souffert.
C'est déjà trop, je sais, de s'être Silencieusement offert...
Car l'amour, quelque soin qu'on prenne A le vouloir dissimuler, Vers l'autre âme qu'il met en peine Ne peut pas ne pas s'envoler.
Pardon, bien qu'ayant su me taire, Pour tant d'aveux inavoués.
Pour mon amour involontaire, Mes désirs au néant voués.
Et puis, je vous demande encore.
Mon amie, humblement pardon D'avoir, pour mettre un peu d'aurore Dans mes jours tristes d'abandon.
D'avoir donné, sans votre hommage, Aux dépens de vos chers repos, A tous mes rêves votre image Pour que mes rêves soient plus beaux.
Et, si vous en fûtes blessée.
Pardon d'avoir, quoique tout bas, Disposé de votre pensée Qui pourtant ne m'appartient pas.