‹ Le ciel dans l'eau, poèmes et théâtreChapitre 6 sur 76 · LES DIMANCHES · texte numérisé non relu

LES DIMANCHES

Je ne sais quel pieux amour est sur la ville, Le silence est plus pur et l'air a goût de miel, La vie est plus timide et la rue est moins vile, Les nuages s'en vont, plus lointains, dans le ciel.

3n reconnaît, à des élégances éparses, 3ue ce jour-là, parmi les autres, est moins laid, ^omme l'on reconnaît, au milieu des comparses, ^e héros inconnu qui se dissimulait.

Le village prend une importance tranquille.

Les poules ne vont pas picorer hors des cours;

Les gens des champs pour qui le bourg est la grand'vill

Passent fiers et gênés dans leurs habits trop courts.

Les cloches vont quérir chez eux tous les fidèles, Et les conduisent pas à pas sur les chemins. Dans les cieux clairs, une poussière d'hirondelles... De tout petits s'en vont se tenant par les mains.

Le travail et la vie attendent dans les granges ; Les objets sont pieux, le soc prie à l'écart. Les charrettes en des attitudes étranges Lèvent comme des bras suppliants leurs brancards.

Mais les cloches, là-haut, de plus en plus, activent La bourgeoise coquette et le paysan lourd ; Leur vol dans le clocher met des alternatives De bronze et de ciel bleu, de ténèbre et de jour.

Une bonté puissante impose aussi sa trêve Aux champs vides, aux bois pensifs et rephés. Et penche tendrement les choses vers le rêve. Comme Teau sur ses bords penche les peupliers.

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