‹ Le ciel dans l'eau, poèmes et théâtreChapitre 62 sur 76 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Non. Pour courir parmi les branches, Si nous n'avons d'autres atours Que notre robe des dimanches, Nous la mettrons « à tous les jours ».

Donc, nous sommes à la campagne , Taillis, fouilHs, fourrés, buissons, C'est la Guyenne ou la Champagne, Les arbres sont pleins de chansons.

La nature, étant là chez elle, S'est mise en petit négligé, Elle est désordonnément belle ; Le Nôtre en serait affligé.

Dans le fond, vous verrez, je pense, Un mur. — Vous savez bien : le mur Dont on doit faire la dépense Si l'on veut un succès bien mûr.

Car, depuis Pyrame et Sylvette, Il faut un mur. — C'est avéré. — On mesure la pièce bien faite Au pied du mur... Puis, vous verrez

Au delà du vieux mur, des arbres.

Mais des arbres... civilisés.

Aussi bien taillés que des marbres, Débarbouillés, peignés, frisés ;

Et tous ces arbres domestiques, Martyrisés par les ciseaux.

Regardent leurs frères rustiques Garder pour eux tous les oiseaux.

Car la reine habite derrière

Un grand château qu'on ne voit pas,

Aussi clos qu'une poudrière

D'où l'ennui monte à chaque pas.

Est-ce bien tout ? Forêt superbe, Parc, mur... Ah ! j'oubliais. Un tronc Qui s'est laissé tomber dans l'herbe Pour faire un banc rustique. — Donc,

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