‹ Le ciel dans l'eau, poèmes et théâtreChapitre 68 sur 76 · SCÈNE IV la reine, azuline, coquillot · texte numérisé non relu

SCÈNE IV la reine, azuline, coquillot

LA REINE, vers lui ; ton bref et détaché.

Très joli, ton moulin. Adorable cachette.

(Elle fait siffler sa badine au milieu de ses phrases : zi-zii...)

Bonhomme, ton moulin me plaît. Je te l'achète..

COQUILLOT, abasourdi.

Mais, il n'est pas à vendre...

LA RElNEj onctueuse.

Ah ! très bien, je comprends.

(Très conciliante :)

Si ton moulin n'est pas à vendre...

(Tout à coup la badine siffle, et la Reine, rudement, féodalement :)

je le prends !

COQUILLOT, qui a reculé d'effroi, se remet peu à peu, mais pas trop, et hasarde :

Je ne sais pas encor ce que dira mon maître, Quant à moi, si j'osais. Madame, me permettre De répondre pour lui, je répondrais ceci : « La Reine seule a droit d'oser parler ainsi. (( Et malgré vos atours et votre robe à traîne, « Je ne suppose pas que vous... »

LE MARQUIS DE CARABAS

LA REINE

Je suis la Reine !

COQUILLOT, reculant de stupeur.

Vous ! la Reine !

(A lui-même :)

La Reine...

LA REINE, menaçante.

Et trêve à tes discours Et va-t^en me chercher ton maître — et cours ! et cours î •n dans un grand sac je vais te faire coudre...

( me marche sur Goquillot, qui bat progressivement en retraite.)

COQUILLOT

U Reine !

... t'empaler ; t'écarteler ; te moudre, psi menu, maraud, que ton grain de froment !

COQUILLOT, à part.

'autre qui disait !...

C'est un ange, vraiment !

i se sauve.)

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