SCÈNE IV la reine, azuline, coquillot
LA REINE, vers lui ; ton bref et détaché.
Très joli, ton moulin. Adorable cachette.
(Elle fait siffler sa badine au milieu de ses phrases : zi-zii...)
Bonhomme, ton moulin me plaît. Je te l'achète..
COQUILLOT, abasourdi.
Mais, il n'est pas à vendre...
LA RElNEj onctueuse.
Ah ! très bien, je comprends.
(Très conciliante :)
Si ton moulin n'est pas à vendre...
(Tout à coup la badine siffle, et la Reine, rudement, féodalement :)
je le prends !
COQUILLOT, qui a reculé d'effroi, se remet peu à peu, mais pas trop, et hasarde :
Je ne sais pas encor ce que dira mon maître, Quant à moi, si j'osais. Madame, me permettre De répondre pour lui, je répondrais ceci : « La Reine seule a droit d'oser parler ainsi. (( Et malgré vos atours et votre robe à traîne, « Je ne suppose pas que vous... »
LE MARQUIS DE CARABAS
LA REINE
Je suis la Reine !
COQUILLOT, reculant de stupeur.
Vous ! la Reine !
(A lui-même :)
La Reine...
LA REINE, menaçante.
Et trêve à tes discours Et va-t^en me chercher ton maître — et cours ! et cours î •n dans un grand sac je vais te faire coudre...
( me marche sur Goquillot, qui bat progressivement en retraite.)
COQUILLOT
U Reine !
... t'empaler ; t'écarteler ; te moudre, psi menu, maraud, que ton grain de froment !
COQUILLOT, à part.
'autre qui disait !...
C'est un ange, vraiment !
i se sauve.)