SCÈNE IX
LA REINE, GARABAS, AZULINE, GOQUILLOT, pui» RIQUETTE
Madame, entendez-vous, le cor sonne là-bas ?
LA REINE
Mais oui. Je l'entends bien. — Vois, même. Je l'écoute. C'est très beau dans le soir.
AZULINE
Il faut nous mettre en route.
LA REINE
Quelle route ?
4ZULINE
Parbleu ! Mais celle du palais, Madame, et retrouver nos chevaux sans délais.
LA REINE
Ce que tu m'annonçais tout à l'heure, AzuHne,
S'opère maintenant dans le jour qui décline...
Tous les buissons muets sont pleins d'oiseaux chantants'*
LE MARQUIS DE CARABAS 323
Et maintenant j'entends...
AZULINE
Hé ! Madame !
LA REINE
J'entends
Dans l'air où tous les bruits de la ville s'annulent donner les clochetons légers des campanules... I l'heure où dans les bois...
COQUILLOT, qui est remonté, redescend en tenant Riquette par la main.
Riquette !
LA REINE
... qu'on a fait cprès pour lui, l'Amour va rentrer...
COQUILLOT, serrant Riquelte dans ses bras.
En effet !
CARABAS
îst l'heure où secouant d'imbéciles tutelles Reines aux buissons accrochent leurs dentelles !
COQUILLOT
c'est l'heure où trouvant aux baisers meilleur goût mbrasse impunément les filles dans le cou.
(Il embrasse Azuline, puis Riquelte.)
RIQUETTE, extasiée.
La Reine !
azuline
Suis-j3 folle ou rêvé-j3 ?
Et c'est rheure Où découvrant que tout, fors l'Amour, est un leurre, Ta Reine, abandonnant l'empire à plus malin, Ne consent à régner que sur un vieux moulin. J'abdique !
! AZULINE, les bras croisés d'indignation.
Et votre peuple ?
LA REINE, impérieusement dans une dernière lueur royale.
Assez ! pas de réplique !
Qu'il se mette, s'il veut, mon p3uple, — en République !
(Le cor s'éloigne. La nuit est complète. Le rideau tombe.)