‹ Le ciel géologique prodrome de géologie comparéeChapitre 19 sur 29 · RUPTURE SPOSTANÉE DES ASTRES 1UI · texte numérisé non relu

RUPTURE SPOSTANÉE DES ASTRES 1UI

A l'époque actuelle, la terre étant encore fort loin d'être refroidie jusqu'au centre, cet ensemble de phénomènes se poursuit dans la profondeur, sans que la surface éprouve antre chose que des mouvements lents. Mais on peut se demander si dans la suite ces velléités de rupture, toujours contrariées par une cimentation profonde, ne feront pas place à une rupture véritable.

Si cette supposition est fondée, la lune, étant plus avancée que la terre en développement, doit manifester cette tendance à la rupture avec une accentuation plus marquée.

Les rainures de la lune. — Or, c'est justement ce que l'observation révèle. Tout le monde connaît l'existence des rainures, c'est-à-dire de ces crevasses à la fois si étroites et si longues qui, avec une profondeur inconnue, traversent, sans s'infléchir, des plaines, des cratères et des montagnes. Ces crevasses n'ont nulle part leurs analogues sur la terre, et ce n'est que récemment qu'on a reconnu leur véritable signification : elles sont le commencement, déjà très-caractérisé, de la rupture de l'astre mort.

Que la terre ait un jour des rainures, voilà qui ne saurait être douteux, et tout nous conduit à penser que sur la lune elle-même le phénomène atteindra des proportions bien plus considérables.

191 GÉOLOGIK COMPAHEE,

Caractère fragmentaire des petites planètes. — Fidèle à nos principes, nous chercherons dans le ciel les effets d'une action plus prolongée des influences do'nt l'exercice est si manifeste sur la terre et sur la lune. Les petits astéroïdes situés entre lesorhites de Mars et de Jupiter paraissent nous les fournir.

H semble en effet, bien que nous reconnaissions le peu de certitude acquis dôs a présent à des vues de celte nature, il semble que la petitesse de leur masse totale, l'enchevêtrement de leurs orbites , la forme polyédrique qu'on leur a reconnue, l'absence de toute atmosphère, enfin la grande distance qui les sépare du soleil, soient autant de raisons pour voir dans ces planètes, à peu près comme le voulait 01bers, tes fragments séparés d'un astre jadis unique, A peu près dis-je, car l'hypothèse si simple de la

i >.|.l.,|. [... ..I. 1,1.1- -■ .■ I . |.-n il Il,-

d'un choc ou d'une explosion, semble faciliter beaucoup la solution de certaines objections qui ont eu raison des idées de l'astronome de Hrême. Du nombre serait peut-être cette circonstance que les orbites, extrêmement enchevêtrées, sont loin de se couper toutes au même point comme cela devrait être dans l'hypothèse d'Olbers. Il n'y a en effet aucune raison de supposer que la désagrégation spontanée se soit faite tout d'un coup. L'astre, sous l'influence longtemps

Page 1