RUPTURE SPONTANÉE DES ASTRES
continuée îles actions déjà si fortement empreintes sur la lune, a pu se réduire d'abord en un très-petit nombre de fragments (deux, par exemple), inégaux, de densités diverses, et dont les centres de gravité étaient éloignés du soleil de quantités différentes. Ces fragments ont pu se séparer progressivement, et il suffirait, pour justifier l'hypothèse, de retrouver un seul point d'intersection de leurs orbites. Chacun d'eux, après un temps inconnu, serait devenu le théâtre île divisions secondaires du môme genre, et, ces fraclioimemcnls se multipliant, certains débris auront parcouru des orbites de plus en plus écartées les unes des autres, orbites qui par suite des actions perturbatrices progressivement croissantes des astres voisins, ont affecté en outre des inclinaisons de plus en plus considérables.
Caractère fragmentaire des météorites. — Les météorites représentent un terme encore bien plus avancé de la désagrégation spontanée, et leur élude devient ici particulièrement riche en enseignements positifs.
A. côté du globe lunaire, qui se fend de lui-même, elles nous montrent en effet, avec une évidence qu'on ne peut méconnaître, les fragments d'un astre déjà brisé. Ne faudrait-il pas être aveugle pour méconnaître la nature du procédé par suite duquel elles ont
lui GÉOLOGIE COMPARÉE,
acquis leur caractère fragmenlaire? X'est-il pus aussi évident que peut l'être nu fait de celte nature que le* crevasses de la lune, successivement prolongées ci approfondies, finiront par résoudre l'astre aujourd'hui unique en blocs distincts et n'ayant d'autre lien que leur mouvement orbi ta ire simultané?
Oriyinedes météorite*. — Mais cette communauté môme d'allure ne saurait durer longtemps; les fragments ayant des densités diverses ut étant situés à des distances inégales du centre, seront, ceux-ci accélérés, ceux-là retardés ; ils glisseront les uns contre les autres, se concasseront suivant leurs surface de moindre cohésion, puis enfin s'éparpilleront peu à peu le long de l'orbite que décrivait le globe dont ils auront fait partie.
Au bout d'un temps suffisant, ils ceindront donc d'un anneau complet l'astre central, c'est-à-dire la terre, autour duquel leur ensemble gravite, et , dés lors beaucoup plus sensibles à son attraction, ils ne larderont pas à se précipiter sur sa surface. A ce moment ce seront de véritables météorites, dont l'arrivée sera accompagnée de tous les phénomènes que nous connaissons.
Remarquons que la distribution le long de l'orbite des fragments résultant de la destruction d'un astre constitue un phénomène inverse de la contraction