‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 102 sur 390 · D’UNE · texte numérisé non relu

D’UNE

90 MÉCANISME

Zones de visibilité totale et partielle d'une éclipse totale (30 août 1905)

bien plus grande étendue et balaye, en réalité, une portion relative du globe terrestre bien plus considérable, formée par le déplacement de la courbe précédente à la surface de la Terre, comme le montre la figure ci-dessus.

Quand la Lune est à son apogée, c'est-à-dire occupe sur son orbite le point où elle est le plus éloignée de la Terre, nous avons vu que le cône d'ombre n'atteignait pas la surface de celle-ci. Sa pointe reste donc au-dessus de la surface terrestre, et celle-ci n'est atteinte que par la seconde « nappe par la partie située au delà de son sommet. Dans ces conditions,

» du cône, c'est-à-dire

FiG. 95

méme si la Lune s'interpose entre le Soleil etla Terre, il ne saurait y avoir d’éclipse fotale pour aucun point de celle-ci. Mais ily a alors une apparence spéciale de l'éclipse.

En eflet, pour les points de la Terre situés sur l'axe du cône, le diamètre apparent du Soleil est plus grand que celui de la Lune : on verra donc le disque du Soleil « déborder » du disque lunaire sous la forme d’un anneau brillant qui encadre de son éclat le disque sombre de la Lune : on dit alors que l'éclipse de Soleil est annulaire [1g. 96).

Mais, en mème temps que l’éclipse est totale ou annulaire pour certains points de la Terre, elle est simplement partielle

/ S - / — SE < Lune Solej/ FI ) 6 Explication d'une éclipse de Soleil ANNULAIRE pour d'autres, c* dire pour ceux qui sont situés dans le cône de pénombre de la Lune; ceux-là voient alors une portion

plus ou moins grande du disque lunaire dessinant sur le disque solaire une « échancrure points de la

plus ou moins considérable ; et les l'erre, ainsi placés dans le cône de pénombre, voient seulement une partie du disque solaire, d'autant plus

petite que leur station est plus voisine du cône d'ombre.

Mécanisme d'une ÉCLIPSE DE SOLEIL. En A elle est TOTALE; aux points tels que a, elle est PARTIELLE

Terre

ECETPSENDENSOTMEIME

102. Périodicité des éclipses de Lune et de Soleil. — Les observateurs de l'antiquité avaient déjà remarqué la périodicité des éclipses.

Frappés de la majesté du phénomène des éclipses totales de Soleil, ils en avaient observé les moindres circonstances, et. en particulier, ils avaient remarqué que le phénoméene était périodique, et que, si une éclipse se produit dans certaines conditions, elle se reproduisait dans des conditions analogues au bout de 18 ans et 11 jours. Et ils avaient donné le nom de Saros à cette période de 18 ans et 11 jours.

Un Saros comprend 70 éclipses, dont 41 de Soleil et 29 de Lune, c’est-à-dire que le nombre des éclipses de Soleil est à celui des éclipses de Lune, pendant un certain temps, à peu près comme 4 est à 3. Grâce à la connaissance de cette période, les astronomes de l'antiquité pouvaient annoncer à l’avance le retour des éclipses, et ces prédictions leur assuraient un prestige énorme.

On comprend aisément pourquoi les éclipses de Soleil sont plus nombreuses et plus fréquentes que les éclipses

Différences extrèmes entre les DIAMETRES du Soleil et de la Lune dans les éclipses totales (T) et annulaires (A).

de Lune. Pour qu'une éclipse de Soleil se produise, il faut et il suffit que la Lune pénètre dans l'intérieur du cône circonscrit à la fois au Soleil et à la Terre: c'est-à-dire, én somme, passe dans le fronc de cône À A’ B B'; et pour qu'il y ait éclipse de Lune, il faut et il suffit que la Lune passe dans le cône d'ombre B B'O. Or, le tronc de cône étant plus large que le cône, il y a plus de chance pour que la Lune rencontre celui-là, et elle le rencontre plus souvent, en effet, dans la proportion de 4 à 3 (fig. 95).

Dans une année, il y a au plus 7 éclipses etau moins 2. Lorsqu'il n'y a que deux éclipses, ce sont des éclipses de Soleil. Si l'on déduit du nombre des éclipses totales celles qui ne sont visibles qu’en pleine mer, il n’en est pas 50 par siècle qui se prêtent à l'observation, et leur durée moyenne est de 3 minutes.

103. Différence entre les éclipses de Soleil et les éclipses de Lune.—Indépendamment des diflérences d'aspect d'une éclipse totale de Soleil et d’une éclipse totale de Lune, différences dont nous parlerons tout à l'heure, il y a entre les deux phénomènes des différences dans les conditions mêmes de leur visibilité.

Les éclipses de Lune, en effet, sont visibles simultanément de tous les points de la Terre pour lesquels la Lune est au-dessus de l'horizon, et leur phase est la même pour tous ces points. Il sultit de regarder la figure 9% pour rendre compte.

Pour les éclipses de Soleil, au contraire, la surface de l’astre éclairant est simplement cachée par le disque de la Lune qui s'interpose entre lui et nous. L'ellet de cette interposition doit donc varier suivant les positions de l’'observateur à lasurface de la Terre ; comme le cône d'ombre portée par la Lune est très aigu, il coupe la Terre suivant une courbe assez étroite, de sortequ'iln'y a queles points de la Terre situés sur la bande parcourue par cette courbe, par suite des mouvements combinés des astres, qui puissent apercevoir la totalité de l'éclipse ; pour les autres, elle est partielle, et encore n'est-elle partielle que pour des régions assez restreintes de la surface du globe terrestre. Les figuresque nous don nons font comprendre ce fait mieux que toute explication écrite.

s'en

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