OBSERVATION DES ÉCLIPSES DE
SOLETE 91
Installations de missions astronomiques pour l'observation des éclipses totales de Soleil.
Mission de l'observatoire Yerkes, en 1900 (Wadisboro, Caroline du Nord).
104. Utilité de l'observation des éclipses totales de Soleil. — Sans revenir ici sur ce que nous avons dit en étudiant la constitution physique du Soleil, nous devons cependant rappeler que, jusqu'à présent, les éclipses totales de Soleil permettent seules l'étude de la couronne solaire, de sa forme, de son étendue et de son spectre. Comme, d'autre part, la durée des éclipses totales les plus longues est au plus de quelques minutes, on conçoit l'intérèt qui pousse les savants à organiser des missions spéciales dans les pays où l'éclipse est visible dans sa totalité.
Ainsi, les dernières éclipses : celle de 1895, au Sénégal; celle de 1900, visible en Espagne; celle de 1905, visible à Sfax, en Tunisie; celle d'avril 1912, visible également dans le nord de l'Espagne; celle du 21 août 1914, visible en Crimée; celle de 1919, visible au Brésil, ont attiré dans ces régions de nombreux savants, qui y sont venus munis de leurs équatoriaux photographiques, de leurs spectroscopes, de leurs chronographes, pour observer et enregistrer dans les meilleures conditions, sur leurs plaques sensibles, mène si fugitif.
Comme, d’ailleurs, la bande d'ombre découpée par le cône obscur sur la Terre ne peut jamais avoir plus de 80 kilomètres de largeur, étant données les dimensions et la distance de la Lune, on voit qu'il faut que les éclipses soient calculées d'avance, avec la plus grande précision, dans tous leurs détails.
Le phénomene, avons-nous dit, d'une éclipse totale est extrémement rare et ne se produit, en un méme lieu, qu'à de longs intervalles. Ainsi, à Paris, il n’y a eu qu'une seule éclipse totale pendant tout le xvri° siècle : : ce fut celle de 1654. Pendant le xvrur siècle, il n'y en eut qu'une seule non plus : en 1724,et aucune pendant le xixe siècle. Au xx° siècle, il y aura eu plusieurs éclipses visibles à Paris : indépendamment de celle d'avril 1912, il y aura celles de 1927, de 1961 et de 1999; mais elles ne seront pas absolument /otales pour les habitants de notre capitale. Ce n’est qu'en lan 2026 que nos arrière-neveux pourront jouir, à Paris, du spectacle d'une éclipse vraiment « totale », si toutefois, ce jour-là, des nuages malencontreux ne viennent pas se placer entre le Soleil et leurs yeux, et les empêchent de voir ce phénomène si rare et qu'ils auront si impatiemment attendu.
Les éclipses totales sont très courtes, avons-nous dit la plus longue qui ait amais été observée fut celle de TS68, dont la durée atteignit près de 7 minutes dans les Indes. Celle de 1902 dura, dans les Indes ee environ 6 minutes et demie.
C'est donc pour une observation de quelques minutes que les corps savants font les frais de ces coûteuses missions au cours desquelles on doit transporter au loin, dans des pays
les diverses phases de ce phéno-
Pl éclipse
. plus de 40 éclhipses totales
Mission de M. H. Deslandres au Sénégal, en 1893.
souvent inhospitaliers, un matériel délicat, fragile, en même temps que lourd et encombrant.
Malgré cela, c'est pendant ces courts instants de travail que l’on a réussi à découvrir les protubérances, la chromosphère et la couronne solaire, ainsi que nous l'avons dit en parlant du Soleil. L'astronomie n'a pas eu en tout, à sa disposition, , ce qui représente en moyenne une totalité de temps d'observations possibles de deux heures à deux heures et demie, et cependant c'est au cours de ce petit espace de temps, morcelé en fractions de 3 à 6 minutes, que fut instituée la physique solaire.
C'est là un beau « rendement » du temps employé.
Enfin, c'est pendant l'éclipse totale du 29 mai 1919 que fut observée pour la première fois, par des astronomes anglais, la déviation d'un rayon lumineux venant d’une étoile, par l'attraction exercée sur lui par la masse du Soleil au voisinage de laquelle il passait, conformément aux prévisions
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Régions de visibilité des eclipses qui seront observables en EUROQPIH au cours du XX' SIECLE