TABLEAU DU
Lorsqu'on est habitué à reconnaitre les constellations zodiacales, on arrivera très vite à y distinguer les planètes, car celles-ci y figurent, « en surplus, » d’une façon « surnuméraire », pourrait-on dire; et, quand on les observe pendant plusieurs nuits consécutives, on constate qu'elles ont subi, parmi lesétoiles, un déplacement très marqué. C’est le meilleur moyen de reconnaitre les planètes.
Mais cette reconnaissance est encore plus facile si l’on a à sa disposition, soit l'Annuaire astronomique, soit l'Annuaire du Bureau des longitudes pour l’année courante.
Ce dernier donne, en effet, à côté du calendrier et tous les dix jours, les heures des levers et couchers des planètes ainsi que les heures de leurs passages au méridien de Paris.
En ce qui concerne les planètes inférieures, Mercure et Vénus, leur reconnaissance en tant que planètes est des plus faciles.
Pour apercevoir Vénus, il faut regarder, après le coucher du Soleil, la région de l'horizon sous laquelle l'astre vient de disparaitre, ou, au contraire, le matin, du côté du levant, un peu avant l'apparition du Soleil. C’est l'étoile du soir ou l'étoile du matin, c'est Vesper ou Lucifer des anciens, ou encore « l'étoile
du berger ».
Dans l'un ou l’autre cas, la distance angulaire du centre de Vénus au centre du Soleil ne dépasse jamais 49 degrés : Vénus ne peut donc pas s'éloigner angulairement de plus de 49 degrés
du globe solaire qu'elle accompagne dans sa course apparente, soit qu'elle le précède, soit qu'elle le suive. Ainsi Vénus est facile à reconnaitre comme planète au milieu des autres étoiles « fixes ».
Mercure est dans le même cas; mais la plus grande distance angulaire de la planète au Soleil ou, comme disent les astronomes, sa plus grande digression, n'est que de 29 degrés.
Mercure est donc presque toujours plongé dans l'aurore ou dans le crépuscule ; son éclat est d’ailleurs plus faible que celui de Vénus, et l'on ne peut guère l'apercevoir à l'œil nu que très près de l'horizon, à l'époque de ses grandes digressions. Il faut, en outre, que l'horizon soit bien découvert, ce qui n'arrive généralement pas dans l'atmosphère des grandes villes.
Au contraire, les planètes supérieures peuvent être observées dans le ciel à toutes les distances du Soleil; ainsi Jupiter, au moment du coucher du Soleil, peut se trouver au méridien du lieu de l'observation, ou même à l'horizon.
113. Courbes décrites par les planètes sur la sphère céleste. — Aujourd'hui que nous savons déterminer avec précision, à un moment donné, l'ascension droite et la déclinaison d'un astre quelconque, nous pouvons facilement déterminer sur une sphère céleste l'itinéraire apparent suivi par une planète.
Nous n'aurons qu'à reporter sur cette sphèreles coordonnées de la planète observées aux diverses époques.
Or, en marquant ainsi sur une sphère les points occupés successivement dans le ciel par une planète, voici la courbe que l'on trouve (fig. 100). Cette courbe se compose d'une série d'arcs A B, C D, E EF, parcourus dans le sens direct, et d’une série d'arcs plus courts BC, D E, = G, reliés aux premiers comme des dents de scie, et parcourus, eux, dans le sens rétrograde.
La vitesse de la planète paraît nulle aux points B, C, D,E, F, où son mouvement semble changer de direction. Ces points ont reçu un nom : on les nomme les stations de la planète considérée.
La vitesse du mouvement direct est, au contraire, maxima quand la planète passe par les points M, P, R, situés au milieu des arcs parcourus dans le sens direct.