‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 141 sur 390 · LES COMÈTES, LES ÉTOILES FILANTES · texte numérisé non relu

LES COMÈTES, LES ÉTOILES FILANTES

EWLCESMPIERRES METMEORIQLUES

134. Les comètes. — Nous venons d'étudier les éléments «normaux », pourrait-on dire, du systéme solaire : nous avons décrit l’un après l'autre tous les globes qui, de Mercure à Neptune, gravitent autour du Soleil en parcourant autour de lui des orbites faiblement elliptiques; ces globes sont les planètes, dont plusieurs sont elles-mêmes des centres de gravitation pour des globes plus petits qui sont leurs satellites. Et nous avons constaté l'existence, entre Mars et Jupiter, d'un immense « anneau » de petites planètes dont Finclinaison de l'orbite, pour quelques-unes, atteignait 48 degrés.

Il est une autre catégorie de corps gravitant autour du Soleil et que l'on ne peut confondre, ni avec les planètes, ni avec aucun autre astre du ciel: ce sont les comèles, dont Île nom, d'après son étymologie grecque, signilie astre chevelu.

Elles sont formées, le plus souvent, d'un noyau brillant. Ce noyau estentouré d'une sorte d'atmosphère lumineuse consti tuant une manière de nébulosité et appelée la chevelure; le noyau et la chevelure forment la féle de la comète. Enfin, Pastre est suivi d'un appendice, d'une sorte de terminaison également d'une nébulosité lumineuse etqui s'appelle la queue. Beaucoup de comètes, d'ailleurs, ne possèdent pas de queue, et la présence de cet appendice n'est pas une caractéristique indispensable des comètes.

Celles-ci sont visibles dans le fond noir du ciel, pour deux causes différentes. D'une part, quand elles pénètrent dans les limites du système solaire, elles ré/léchissent la lumicre de l'astre, commele font les planètes. D'autre part,elles paraissent avoir également une luminosité propre, analogue à celle qui illumine l'atmosphère de la couronne solaire, sans doute sous l'action de particules électrisées pénétrant dans un milieu très raréfié, analogue au tube de Crookes,

Ce qui est certain, c'est queles deux causes opèrent simultanément, car l'éclat des comètes S'aflaiblit à mesure qu'elles s'éloignent du Soleil et finit par devenir tellement faible que la comète devient elle-mème pratiquement invisible.

Les comètes sont formées de matériaux très ténus et constituent un milieu parfaitement transparent. Non seulement leur queuc etleur chevelure se laissent traverser librement par les rayons lumineux,mais encore le noyau lui-méme,en devant une étoile, n'en nullement

passant empèche l'observaton. Lorsque des comètes (celle de 1852, pal exemple ont passe devant le Soleil, il a été absolument in pos sible de les voir se dessiner d'une façon quel conque, quelque vague qu'elle fût, sur le disque lumineux de l'as

tre du Jour. Parmi les comètes,

La comète d'ENCKE, type de comète sans queue

celles qui sont de grandes dimensions et qui passent à une distance assez laible du Soleil sont seules vi uel

sibles à l'œil nu : | ques-unes mème ne sont observables que par la photographie.

les autres ne sont visibles qu'au télescope,

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Quand on peut lesobserver à l’aide des simples recards, leurs formes étranges, la rareté de leurs apparitions dans le ciel ont, de tout temps, frappé limagination des peuples; et surtout dans l'antiquité et au moyen àge, leur venue dans le ciel était considérée comme un présage d'événements terribles, et frappait les hommes d'une terreur superstitieuse. Ces astres étaient,en somme, considérés comme des manifestations de la colère céleste et comme les an-

F1G. 108.— La comete de 1527, d'apres Ambroise Paré.

nonciateurs des plus terribles accidents. Une autre croyance, moins pessimiste, consiste à leur attribuer une influence sur la culture de la vigne et sur la qualité des vendanges : les « vins de la comète » ont toujours eu une grande réputation, en Bourgogne et dans le Bordelais.

Il n'ya pas que l'aspect des comètes qui les différencie d'avec les planètes : il y a surtout les lois de leurs mouvements.

Les planètes, en effet, tournent toutes autour du Soleil dans le sens direct, c'est-à-dire en sens inverse des aiguilles d'une montre, et elles décrivent ainsi des ellipses dont l’excentricité est très faible, et dont les plans sont peu inclinés les uns sur les autres. De telle sorte que leurs trajectoires ne sont Jamais bien éloignées, dans le ciel, du plan de lécliptique, et que, pour les observer, il suffit de maintenir l'instrument, lunette ou télescope, braqué sur la zone du zodiaque.

Les comètes, tout au contraire, se meuvent dans l’espace,

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F1G. 109. — La comete es de 1744, Reproduction d'un dessin original

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