‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 142 sur 390 · COMETES · texte numérisé non relu

COMETES

aussi bien dans le sens direct que dans le sens rétrograde : sur 81 comètes dont les aphélies sont répartisentre 4 et 800 unités astronomiques, on en a observé 55 se mouvant dans le sens direct et 26 dans le sens rétrograde. Mais les mouvements rétrogrades sont beaucoup plus rares dans le cas des comètes périodiques : 8 sur 48, soit une sur six.

Leurs orbites ont toutes les inclinaisons possibles sur le plan de l'écliptique; enfin ces orbites sont tres éloignées de la forme circulaire. Ce sont des ellipses très allongées dont quelquesunes, arrivées à la limite de l’ellipticité, ont leur second foyer transporté à l’infini,c'est-à-dire sont pratiq uement des paraboles.

Aussi a-t-on pris l'habitude de classer les comètes suivant la fréquence de leurs apparitions. Celles dont la trajectoire est une ellipse fermée reviennent périodiquement ; mais celles dont la trajectoire s'étend à l'infini sous la forme paraboliquene font que traverser momentanément notre système solaire et disparaissent ensuite pour ne plus revenir ou du moins pour ne revenir qu'à des intervalles qui dépassent de beaucoup la durée de notre vie ou même de celle de plusieurs générations d’observateurs.

Ces trajectoires sont décrites par les comètes avec des vitesses considérables, surtout au voisinage du sommet, d'après la deuxième loi de Képler. Ces vitesses peuvent atteindre 40 ou même 50 kilomètres par seconde.

135. L'aspect des comètes. — Comme nous l'avons dit en commençant ce chapitre, une comète est généralement constituée par une tête et une queue; la tète comprend le noyau et la chevelure la queue, qui n'existe pas toujours nécessairement, est dirigée en sens inverse du Soleil, « comme si cet astre souf- {lait dessus », et non pas comme serait dirigée la chevelure flottante de quelqu'un fuyant rapidement, et dont les cheveux s'allongeraient derrière lui dans la direction même de sa course. Nous reviendrons plus en détail sur cette particularité.

En général, c'est seulement lorsqu'elles approchent du Soleil que les comètes présententle phénomene de la queue ; celleci se déveléppe de plus en plus à mesure que la cométe se rapproche davantage de l’astre.

Rien n’est variable comme l'aspect des comètes. Tantot elles présentent plusieurs queues, tantot une seule avant la forme d'une longue trainée lumineuse, comme la célèbre comète de Halley ; tantôt, comme la comète Coggia, de 1874, la tête est entourée d'apparences changeant constamment, et qui paraissent être des sortes d'émissions gazeuses. Quelquefois, comme pour la comète de Borelly, de 1905, c'est le noyau dont la visibilité est prépondérante, et la queue, au contraire, dont la visibilité est plus faible.

Les dimensions réelles

La comète Borelly, le 15 août 1903 des comètes, obtenues en (L. Rudaux.)

DIMENSIONS DES COMÉÈTES

Comète Ce LUS LTD]

DIMENSIONS comparées du Soleil et des T ES des cometes de 1811 et de Halley, en 191

comparant leur diamètre apparent et leur distance mesurée comme celle des planètes, sont considérables. Ainsi le noyau de la comète de 1811 occupait un volume à peu près sphérique dont le diamètre était de 4 360 kilomètres. Lorsque, en 1910, la comète de Halley est revenue nous faire sa visite périodique, sa tête mesurait un diamètre moyen de plus de 550000 kilomètres, un peu plus petit que celui qu'elle avait en 1835, et qui était alors de 570 000 kilomètres.

Quant aux queues des comètes, leurs dimensions longitudi- grande comète de DONA TI, en 1858 nales sont plus fantastiques encore.

La queue de la comète de Donati, que l’on vit en 1858, s'étendait sur une longueur de 85 millions de kilomètres, et la queue de la belle comète dite comète de Johannesbourg, découverte au Transvaal en 1910, ne mesurait pas moins de 110 millions de kilomètres de longueur. Quant à la comète de 1843, sa queue mesurait plus de {rois cents millions de kilomètres.

Les comètes ne diflèrent pas seulement des planètes par leur aspect : cet aspect change à chaque instant. La chevelure en particulier est le siège de transformations perpétuelles:; mais la queue, surtout, subit des variations de forme aussi complètes que rapides.

Ainsi la comète de Morehouse, la troisième comète aperçueen 1908 et que les astronomes désignent par la notation 1908, ITT), montra les variations les plus rapides dans la forme de sa queue.

Le 29 septembre la queue était rectiligne et sa luminosité décroissait à partir de la tête; trois jours après, cette queue se bifurquait et devenait double : c'était un système de deux queues, parallèles d’abord et qui se réunissaient assez loin. Le 15 octobre la queue unique s'était de nouveau reformée, mais avec une forme ondulatoire. Le 16 octobre, on apercevait dans

la queue deux centres lumineux de condensation. La comète MOREHOUSE. Photographie prise à l'observatoire Yerkes par E.-E. Barnard, le 16 novembre 1908

Longueurs des QUEUES de quelques comètes bres, comparées à la distance La longueur de la QUEUE visible pour l'œil (flèche) et celle qu'enregis de la Terre au Soleil la photographie

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