‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 175 sur 390 · La constitution des nébuleuses. — Voici · texte numérisé non relu

La constitution des nébuleuses. — Voici

masses gazcuses, isolées au milicu de l'Espace intet planétaire, de cet espace froid que les recherches de notre grand physicien \magat ont la température du séra

absolu, c'est-à-dire à 273 degrés au-dessous du zéro usuel de nos

démontré se trouver à

thermomètres.

Ces masses gazeuses sont répandues à profusion dans l'espace

FAN CON SMÉRUMMON

DES" NTCBULEUSES

La GRANDE NÉBULEUSE d'Orion. Photographie prise à l'observatoire du Mont Wilson. (Cette nébuleuse occupe dans le Ciel un espace de 20 degrés carrés, soit 80 fois la surface apparente du Soleil.)

et leurs dimensions sont énormes; on en connait aujourd'hui près d’un million, et encore y en a-t-il sans doute une infinité d’autres,moins lumineuses ou trop éloignées de nous pour être visibles, méme dans nos plus forts instruments.

Ainsi tout l'Univers est rempli de corps célestes : quand ce ne sont pas les étoiles ou les « voies lactées » qui en sont les amas, ce sont les nébuleuses. Et, de la sorte, on peut être certain que tout rayon émis par le Soleil, quelle que soit la direction dans laquelle il chemine, rencontrera sur sa route un corps céleste quelconque. Et il en est de même des rayons émis par les autres étoiles du ciel.

Comment sont constituées ces nébuleuses ?

Tout d’abord, et contrairement à l'opinion admise à l’époque où Laplace à édifié son admirable « système du monde », les

nébuleuses, quoique présentant une certaine luminosité propre,ne sont probablement point chaudes par incandescence ; ce sont, tout au moins pour la plupart, des corps « froids », comme le pense le savant suédois Arrhenius.

L'existence de ces corps froids, de température basse, et qui absorbent au passage la chaleur rayonnée par les soleils incandescents, est, d’ailleurs, d’une utilité absolue. Sans eux, aucun rayon émis par | toiles ou les voies lactées lointaines ne serait arrêté; | iel entier aurait l'aspect d’une voûte de feu continu, et le rayonnement calorifique et ultra-violet qui en résulterait anéantirait instantanément, sur la surface de la Terre, toute la vi

Les nébuleuses isément ces « corps froids » qui

remplissent ce rôle ption.

Comme, seuls, l'hydrogène et l'hélium, les plus stables des gaz connus, peuvent résister à ces basses températures, il est facile de comprendre que les nébuleuses soient constituées d'atomes clairsemés d'hydrogène et d'hélium, et que, par conséquent, cesoient les lignes brillantes qui caractérisent ces gaz que l’on rencontre dans leur spectre lumineux. Mais, comme nous l'avons dit précédemment, on y trouve aussi des raies inconnues, qui ne caractérisent aucun corps connu sur la Terre ; on a donné à l'élément inconnu qui produit ces raies le nom de nébulium.

Le froid caractéristique de ces nébuleuses, froid qui se traduit par une température qui est probablement de 50 degrés absolus (— 2232), provient précisément de l’état de raréfaction extrème où se trouve la matière gazeuse qui les constitue.

On sait moderne, et d'après la « théorie cinétique des gaz », ceux-ci sont constitués par des molécules animées de mouvements très rapides dans tous les sens, qui se heurtent, se croisent, se dépassent sans cesse. On en peut avoir une idée vague en se représentant un essaim d'’abeilles enfermé dans un vaste récipient de verre, se heurtant sans cesse les unes aux autres et venant heurter les parois du vase qui les emprisonne. Dans

que, d'après les vues nouvelles de la physique

le cas des gaz, ce sont les chocs des molécules gazeuses sur les parois qui constituent précisément la « pression » que le gaz exerce sur le récipient qui le contient, et c'est la chaleur provenant des chocs moléculaires qui fait la température du gaz.

Si donc on diminue, par une raréfaction croissante, le nombre des molécules vagabondes, on diminue aussi le nombre de leurs

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