QUELQUES
chocs réciproques ; on abaisse, par conséquent, la température de la masse gazeuse. C'est ce qui se produit pour les nébuleuses ; les atomes s’y trouvent très clairsemés, à des distances énormes les unes des autres; aussi leur température est-elle extrémement basse.
Et, cependant, ces corps arrivent à répandre une certaine luminosité; comment expliquer ce fait, en apparence inexplicable?
On l'explique en réfléchissant que l’espace est parcouru par les poussières cosmiques, lancées par les astres incandescents, comme le Soleil et les étoiles, au cours de leurs incessantes et formidables éruptions.
Ces poussières, chassées loin des astres qui les émettent, par la « pression de radiation », sont électrisées; quand elles pénètrent dans le « milieu nébulaire » formé par les atomes clairsemés d'hélium et d'hydrogène, elles ÿ apportent leurs tensions électriques. Et il se passe alors ce qui se passe dans le « tube de Crookes », dans l’ampoule « à rayons X », qui est précisément un récipient contenant du gaz aussi raréfié que possible. A l'état ordinaire, cette ampoule est obscure; mais, quand on la soumet à l'effluve électrique, elle devient luminescente.
Ainsi cela a-t-il lieu pour les nébuleuses. L'arrivée dans leur sein des poussières électrisées les rend luminescentes et cette luminescence permet de les apercevoir sur le fond noir du ciel. Les nébuleuses peuvent donc être ainsi visibles sur le firmament, tout en conservant leur très basse température.
160. Quelques nébuleuses remarquables. — [a plupart des nébuleuses proprement dites sont invisibles à l'œil nu. L'une des plus remarquables est celle de la constellation d'Orion, au voisinage de l'étoile 9.
Tout d'abord, c'est bien une nébuleuse proprement dite et non un amas d'étoiles : son spectre présente, en effet, les raies brillantes caractéristiques de l'hydrogène, de l’hélium et du nébulium, séparées par des intervalles obscurs.
Sa largeur apparente est de 5 degrés d'angle, c'est-à-dire environ dix foisle diamètreapparent du Soleil. Cela lui donne desdimensions vraiment colossales, car, en admettant qu'elle soit à la méme distance que les étoiles qui l'avoisinent, son diamètre apparent comporterait pour son diamètre réel une valeur de 67200 milliards de kilomètres; cela représente plus de 450000 fois le rayon de l'orbite terrestre, c'est-à-dire de la distance de la Terre au Soleil.
Ce qu'il y a d’intéressant, c'est l’« association », pourrait-on dire, des étoiles aux nébuleuses ; toujours, dans la masse de celles-ci, apparaissent des astres de toutes grosseurs qui paraissent flotter au sein de la nébulosité principale.
On observe ce phénomène dans les quatre belles nébuleuses d'Andromède.
A une distance de la Terre d'environ vingt années-lumière, dans la constellation d’Andromède, est une nébuleuse qui offre un intérét tout spécial, parce qu'elle est comme le type des nébuleuses dites « spirales ». Elle a un diamètre de plus de 7500 milliards de kilomètres. Elle se présente à nous presque par sa tranche, de sorte que nous la voyons obliquement; et
Les RAIES BRILLANTES du SPECTRE de la nébuleuse d'Orion
nous apercevonstrès bien, ainsi, qu'elle est formée d'une série
viter autour d’un noyau central brillant que l’on observe au centre de l'ensemble,
de spires, au sein desquelles sont des étoiles qui semblent gra-
Cette forme spirale se dessine mieux encore dans la nébuleuse de la Grande Ourse et dans la nébuleuse si caractéristique des Chiens de chasse. Encore ici, nous voyons un noyau central plus condensé, et, perdus dans les spires de la matière nébuleuse, des astres brillants qui semblent graviter autour de ce novau,
Dans d’autres nébulcuses, les spirales se ferment, comme dans les nébuleuses annulaires de la Lyre:ici, le noyau central est nettement isolé du reste de la maticre qui s'est réunie en un anneau nébuleux entourant le noyau central,
De plus, dans certaines nébuleuses, les spires paraissent s'être évanouies; il n'en reste plus que la trace ultime sous
forme de filaments accrochés au noyau : ainsi se présente à
LE CTEL.