LA NATURE
lela Voie lactée, fuir la galaxie en plus nombreuses dans la région des
rulières sont étroitement mélangées avec
primitif, et les nébuleuses planétaires ré ; affinités avec les étoiles du type Wolf et Rayet, tandis que les nébuleuses spirales ne paraissent avoir aucun rapport avec cette catégorie de corps célestes. Enfin, le mouvement extrémement rapide des nébuleuses spirales contraste absolument avec celui des étoiles primitives.
Doit-on conclure de là que les nébuleuses spirales constituent une catégorie de corps célestes nettement diflérents des autres nébuleuses, planétaires ou amorphes?
C'est cette conclusion qui paraît, aujourd'hui, la plus vraisemblable et qui semble tendre à être adoptée par les astronomes. On devrait, dès lors, considérer, ainsi que le suggère M. Eddington dans son beau travail : Stellar movements and the Structure of the Universe, les nébuleuses spirales comme de véritables « Univers », extérieurs à notre univers stellaire, et auxquels ïl donne le nom d'Univers insulaires ou d'Univers-iles, pour marquer ainsi leur individualité et leur isolement dans les régions infinies de l'Espace.
Celles de ces nébuleuses qui existent dans les basses latitudes galactiques, c'est-à-dire dans le voisinage du plan moyen de la Voie lactée, seraient alors masquées par les grandes trainées de matière absorbante semblables à celles qui constituent les espaces sombres de la Voie lactée.
Mais, alors, une réflexion vient à l'esprit et suggère une conclusion bien naturelle.
Si les nébuleuses spirales constituent des Univers extérieurs au nôtre, celui-ci mème doit également, selon toute vraisemblance et pour obéir à la loi commune, présenter la structure spiraliforme.
Cette hypothèse, extrèmement séduisante, a déjà été proposée plusieurs fois; elle a le grand mérite d'être tout à fait en concordance avec les plus récentes théories sur la constitution de notre Univers stellaire, en particulier avec l'existence probable, signalée par l’astronome Kapteyn, de deux « courants d'étoiles » spiralés, l’un au nord de la Voie lactée, reculant avec rapidité, l’autre au sud, qui, au contraire, aurait un mouvement d'avance.
Les astronomes américains, aux beaux travaux desquels l’Astronomie doit la plus grande partie de ses récentes conquêtes, se sont particulièrement ralliés à cette conception; ils ont même cherché à déterminer le mouvement probable de l'Univers stellaire à la suite de la discussion des mouvements radiaux des nébuleuses spirales, en supposant que celles-ci constituentdes« Univers extérieurs ».
La méthode employée est analogue à la méthode classique employée par Herschel pour déterminer le mouvement de translation du Soleil d'après l'observation des mouvements propres d'un certain nombre d'étoiles.
On a conclu deces recherches que la nébuleuse spirale constituant notre devrait se mouvoir en bloc avec
Univers stellaire
une vitesse de 670 kilomètres à la seconde, en se dirigeant vers un e point situé entre le Sagittaire et La nébuleuse ANNULAIRI ( | < “ ;
É ù le Capricorne rte).
Tee lMUS 7) ND apr 1prICOrne Vert T i l’on pouvait arriver à démontrer, par
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La nébuleuse SPIRALE (M. 101) de la Grande Ourse (Photoégr. prise à l'observatoire du Mont Wilson).
DES NÉBULEUSES /SPIRATEES
d'un semblable mouvement de notre système par rapport aux autres nébuleuses spirales, on aurait alors une forte somme de probabilités en faveur de l'hypothèse qui voit, en chacune d'elles, un « Univers insulaire » ayant, si l’on peut risquer cette expression, une véritable « individualité cosmique ».
On voit donc que, de plus en plus, la science du ciel, grace aux découvertessi étonnanteset si rapidementaccumuléesdel'Astrophysique, tend à accepter cette idée nouvelle. Cette conception sera des plus fécondes: elle pourra avoir sur nos maniéres de considérer l'état actuel et l’origine des mondes, c'est-à-dire sur la cosmologie et la cosmogonie, une influence énorme.
Et l’on comprendra l'importance de cette influence si l’on se rappelle qu'il y a quinze ans à peine, la majorité, sinon l'unanimité des astronomes, admettaient que tous les corps célestes appartenaient au même Univers : le nôtre, c'est-à-dire à l'Univers « galactique ».
Chose remarquable: lesnébuleuses spirales semblent fuir la Voie lactée; l’'astronome américain Slipher, qui s'est consacré à l'étude des mouvements propres des nébuleuses, a constaté sur celles-ci des vitesses moyennes de 550 à 600 kilomètres à la seconde, beaucoup plus fortes, par conséquent, que celles des étoiles. La nébuleuse d'Andromède au contraire se rapproche de nous à la vitesse de 300 kilomètres-seconde ; mais la plupart des«spirales »
s'éloignent du plan de l’anneau galactique pour se diriger vers ses pôles, et quelques-unes avec la vitesse colossale de 1100 à 1 200 kilomètres à la seconde. Et mème, au mois de mars 1921, le même Dr Slipher, à l'observatoire de Lowell, a déterminé, par des observations spectroscopiques, la vitesse de 2000 kilomètres à la seconde, avec laquelle la nébuleuse 584, de la constellation de la Baleine, s'éloigne de nous. C'est, jusqu’à nouvel ordre, le record actuel des vitesses célestes.
L'univers serait-il donc formé, comme le sont les gaz, de molécules agitées, mais de molécules colossales dont chacune serait un « Univers-ile »,et dont les mouvements individuels se feraient comme ceux des molécules gazeuses? Et, alors, en supposant un Htre immense, capable de tenir dans sa main gigantesque le corps formé par l’ensemble de ces molécules, on peut se demander quelle Physique serait la sienne pour énoncer les lois de leurs propriétés, lois générales ou lois particulières?
162. Evolution des nébuleuses. — De tout cela résulte une conséquence logique : nous voyons, dans le ciel, les nébuleuses à différents états. D'abord la nébuleuse sans contours définis, comme celle d'Orion; puis la nébuleuse spirale, comme celle d’Andromède ou celle des Chiens de chasse: enfin, nous en apercevons sous la forme plus précise encore d'un Soleil central isolé entouré d'un anneau de matière nébulaire, comme la nébuleuse de la Lyre.
Mais cet anneau, nous en voyons les germes dans les spires des nébuleuses spirales, et toujours ces spires renferment des centres de condensation où la matière s'est accumulée pour former des étoiles.
Il y a ainsi connexion étroite entre l'état nébuleux et l’état stellaire. À mesure que l'état nébuleux prend une forme circulaire ou aplatie, l’état stellaire semble « se préparer » au sein de la nébuleuse; il se dessine peu à peu, d'abord sous la forme d’un noyau central plus condensé, puis sous la forme de noyaux satellites gravitant autour du premier, en vertu des éternelles lois de l'attraction.
L'étude des nébuleuses est donc inséparable de celle des étoiles, et comme chaque étoile est le centre d’un « monde » comportant sans doute tout un système de planètes, ellesmêmes entourées de satellites, on voit que, par l'étude des nébuleuses, nous sommes amenés rationnellement à celle de Vorigine et de l'évolution des mondes.