‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 18 sur 390 · RENTE RME · texte numérisé non relu

RENTE RME

COUICHERNDES

EMOILES

MOUVEMENTS APPARENTS des étoiles pour différents lieux de la Terre :

F1G. 17. — à l'équateur;

F1G. 16. — au pôle nord;

des pôles, c'est-à-dire, en somme, dans la direction de l'axe de rotation apparent de la sphère céleste. De cette façon, le plan du cercle azimutal de l'instrument sera parallèle à celui de l'équateur.

La lunette peut ainsi prendre une inclinaison quelconque par rapport à l'axe de rotation.

Dans ces conditions, si l'axe de rotation, parallèle à la ligne des poles, est installé dans le plan du méridien du lieu où l'on se trouve, et si la division 0 du cercle vertical est dirigée dans la direction de l'équateur, on voit qu'il suffira de viser une étoile avec la lunette pour que l'index, fixé à celle-ci et mobile sur le cercle supérieur, en indique immédiatement la déclinaison.

Quant au cercle parallèle à l'équateur, et qu’on appelle le cercle ces ascensions droites, il suffira que son zéro soit placé dans la direction de l'équinoxe du printemps pour que la lecture de l'index fixé à la colonne autour de laquelle tourne tout l'instrument donne immédiatement la valeur de l'ascension droite de l'étoile considérée.

Mais l'équatorial a encore une autre application : il peut nous servir à vérifier, à « toucher du doigt » pour ainsi dire, la régularité du mouvement diurne apparent dént semble animée la sphère céleste.

En effet : un dispositif spécial permet de faire engrener le cercle inférieur de l'équatorial avec un mouvement d'horlogerie de grande précision, müû par un poids, et qui lui imprime un mouvement de rotation uniforme. Le régulateur de mouvement est réglé de telle sorte que le cercle fasse un tour entier pendant le temps que la sphère céleste met à accomplir une rotation complète.

On dirige la lunette vers une étoile que l’on a choisie; on fixe son cercle à l'axe de rotation et l'on met le cercle inférieur en connexion avec le mouvement d'horlogerie moteur. Le cercle inférieur entraine alors tout l'instrument dans un mouvement de rotation uniforme et l'on constate que, pendant la durée de ce mouvement, l'étoile reste toujours visible au centre du champ de la lunette.

On en conclut donc que le mouvement apparent des étoiles est un mouvement uniforme : on l'appelle le mouvement diurne.

Aujourd'hui, tous les grands télescopes et toutes les grandes lunettes des observatoires, servant à l'observation des astres, soit directement à l'œil nu, soit par la photographie, sont munis de ce dispositif : ils sont, comme l'on dit, « montés équatorialement ».

15. Lever et coucher des étoiles. Étoiles circumpolaires. — Il est facile d'expliquer les apparences diverses sous lesquelles peut se présenter le mouvement diurne apparent du ciel pour un observateur placé en différents points de la surface terrestre.

Supposons qu'il s'agisse d'abord d'un spectateur placé au pôle mème de la Terre : la Terre étant supposée très petite (fig. 16) et placée au centre de la sphère céleste.

Le plan de l'horizon, pour ce spectateur, perpendiculaire à

F1G. 18. — à la latitude de Paris.

sa verticale, qui est, ici, la ligne même des pôles, se confondra par conséquent avec le plan de l'équateur céleste.

Toutes les étoiles au-dessus de l'équateur, c'est-à-dire toutes les étoiles de l'hémisphère nord du ciel, seront constamment visibles pour lui; au contraire il ne verra jamais celles de l’'hémisphère sud. Quant à celles qu'il aperçoit, elles paraïitront décrire dans le ciel, au-dessus de sa tête, des cercles dont le rayon sera d'autant plus petit qu'elles seront plus voisines du pôle et plus éloignées de l'équateur.

Supposons maintenant notre spectateur placé, non plus au pôle même de la Terre, mais en un point de l'équateur (fig. 17): son horizon contient alors la ligne des pôles P P'; dans ces conditions, toutes les étoiles décrivant des petits cercles autour de cette ligne, il en résulte qu'il verra, sans exception, toutes les étoiles du ciel, mais il ne les verra que pendant la moitié de leur cours, c'est-à-dire pendant douze heures sur vingtquatre heures.

Enfin, supposons le spectateur placé à une station de latitude quelconque, à Paris, par exemple (fig. 18), dont la latitude est 48° 50’ 49"; P sera le pôle nord et E le plan de l'équateur céleste.

Celui-ci coupe le plan de l'horizon H en deux points A et B placés aux extrémités d'un même diamètre; donc les étoiles situées dans le plan de l'équateur céleste seront visibles pour l'horizon de Paris pendant la moitié de leur course et invisibles pendant l’autre moitié.

Considérons ensuite une étoile qui soit plus rapprochée du pôle nord: l'étoile qui décrit le petit cercle 2 ; ce petit cercle est coupé par le plan de l'horizon en deux portions très nettement inégales : la partie supérieure de ce cercle, qui figure le temps pendant lequel l'étoile est au-dessus de l'horizon, est donc visible et plus grande que la partie inférieure qui correspond au temps pendant lequel l'étoile est au-dessous de l'horizon, c'est-à-dire invisible pour nous ou couchée.

L'étoile paraît donc se lever quand elle franchit le point a ; elle atteint sa culmination quand elle passe dans le plan du méridien « supérieur » à la position 2, et elle se couche quand, franchissant le point b, elle disparait sous l'horizon.

Les étoiles ont donc, en apparence, un lever, une culmination et un coucher.

Mais on voit immédiatement qu'en prenant une étoile plus voisine du pôle, comme l'étoile 1, le petit cercle décrit par cette étoile restera tout le temps au-dessus de l'horizon et ne sera pas coupé par lui ; une telle étoile reste donc visible tout le temps : on appelle étoiles circumpolaires les étoiles qui, en un lieu donné, ne se couchent jamais.

Inversement, il existe dans l'hémisphère sud, d'abord des étoiles comme l'étoile 4 dont la durée d'apparition est très inférieure à la durée de disparition, et enfin des étoiles circumpolaires australes, comme l'étoile 5, qui restent toujours au-dessous de l'horizon de Paris et n'apparaissent jamais au ciel de nos régions.

Celle-ci, au contraire, apparaît en permanence dans le ciel de ceux qui habitent les lieux de la Terre qui nous sont diamétralement opposés, c'est-à dire nos antipodes.

CL KR. Rudaux

COUCHER DE SOLEIL, PHOTOGRAPHIES SUCCESSIVES PRISES DU MÊME POINT, À 3 MINUTES D'INTERVALLE.

Page 1