‹ Le ciel. Illustré sous la direction de Lucien RudauxChapitre 192 sur 390 · ANSE ERE ORTE · texte numérisé non relu

ANSE ERE ORTE

mitif de la Voie lactée (courant I}. Et, maintenant, nous pou vons jeter un regard en arrière etexaminer le chemin parcouru.

A l'origine, les vitesses colossales d’une manière très peu dense et très raréfiée ne permettent pas à la gravitation de jouer, dans leur évolution, un rôle appréciable. C’est la phase « cartésienne » des systèmes sidéraux, qui n’est pas encore terminée pour les nébuleuses spirales à évolution lente.

Elle est caractérisée par les chocs entre masses gazeuses à grande vitesse, déterminant, comme l'avait instinctivement deviné Descartes, d'immenses: tourbillons, et, par eux, la forme géométrique des-systèmes. Ces chocs, dégradant en chaleur l'énorme force vive des protosoleils, leur assurent une provision de radiation accumulée dans leurs profondeurs immenses et capable de réchaufier la vie planétaire pendant des millions de siècles.

Mais les chocs successifs ont diminué les vitesses cosmiques, ont provoqué des concentrations de matière, ont presque vidé l'espace de matière nébuleuse; alors la gravitation reprend ses droits imprescriptibles; elle règne en souveraine sur des astres condensés voyageant dans le vide intersidéral. C’est la phase « Newtonienne » des systèmes sidéraux, phase caractérisée par leur stabilité relative et par des vitesses lentes, phase à laquelle les disciples exclusifs de Newton voudraient réduire toute la mécanique céleste. La phase « cartésienne », au contraire, a vu se produire des chocs jJusticiables de la physique et de la mécanique, telles qu'elles sont pratiquées dans nos laboratoires.

C’est le grand mérite de M. Belot d’avoir ramené, dans l'étude de l’origine des Mondes, cette belle conception des tourbillons, due au génie de notre grand Descartes.

Cette théorie, exposée dans de nombreuses communications à l’Académie des Sciences à partir de l’année 1905, a de chauds partisans. Elle trouve également des détracteurs acharnés.

C'est le sort de toutes les idées nouvelles qui troublent les savants vieillis dans les habitudes d’une science qu'ils sont enclins à croire définitive; ils oublient que le caractère même de la Science est d’être essentiellement perfectible et d'évoluer sans cesse vers de nouvelles formes correspondant à des progrès sur la route du Vrai, qui en est le but suprème.

Mais, suivant l'expression du grand mathématicien Henri Poincaré, qui a consacré à la théorie de Belot la dernière de ses leçons sur les « Hypothèses cosmogoniques » : « Cette tentative mérite l'attention. ; il semble qu'il peut être utile de la faire connaître, parce qu'on pourra, un jour, trouver à y glaner d'intéressantes vérités 1). »

180. La théorie cosmogonique de l’abbé Moreux.— L'abbé Moreux a donné tout récemment (1922) une ingénieuse théorie cosmogonique qui explique fort bien l'apparence spirale d'un

Schéma du SYSTEME cosmogonique de l'abbé MOREUX.

Univers déterminé; on sait que le nombre des nébuleuses spirales observées atteint sensiblement le million. Notre système Solaire doit donc, selon toute probabilité, provenir, lui aussi, d'une nébuleuse de ce genre.

Reportons-nous aux conditions d'apparition des étoiles nouvelles, des Novæ, pour employer le langage astronomique; toujours, comme nous l'avons dit, avant la fin de l'incendie céleste qui lui a donné naissance, l'étoile qui vient d'apparaiître s'enveloppe de nébulosités analogues à celles qui bordent les noyaux des nébuleuses spirales.

(1) Poixcari Lecons sur les hypothèses cosmogoniaues, p. 27 VU} q 7

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